SACERDOCE
jisCS-CHBI&T.
Quand tous auriez la pureté d'uu Auge, et la sainteté de S. Jean-Baptiste , vous ne seriez pas digne de .recevoir et de toucher ce Sacrement.
Car il n'est point dû aux mérites des hommes (de consacrer et de toucher le Sacrement de J.-G. , et de prendre en nourriture le pain des Anges.
SubMme mystère, pt grande dignité des prêtres qui ont reçu un pouvoir qui n a pas été accordé aux Anges.
Car il n*y a que les prêtres légitime-
ment ordonnés dans TEglise qui aient le pouvoir de célébrer et de consacrer le corps de J.-C.
Le prêtre est à la vérité le ministre dé Dieu ,' et il se sert de la parole de Dieu selon le commandement et l'institution de Dieu; mais Dieu, à la volonté duquel tout est ffbumis , et aux ordres de qui tout s'exécute, est là le principal. auteur et l'ouvrier invisible.
2. Vous devez donc dans ce Sacrement très-auguste vous en rapporter plus au Dieu tout-^puissant qu'à votre propre sens, ou à aucun signe viiible. C'est pourquoi il faut s'approcher de cette action avec crainte et respect. Prenez garde à vous, et considérez quel est le ministère qui vous a été confié par l'imposition des mains de l'évéque.
Vous voilà devenu prêtre et consacré pour célébrer les mystères. Ayez soin maintenant d'offrir à Dieu ce sacrifi:ce avec foi et dévotion dans les temps conve* nables, et de vous rendre irrépréhensible.
Loin d'avoir diminué votre charge , vous vous êtes par-là plus étroitement lié au joug de la discipline, et vous vous êtes engagé à un plus haut degré* de sainteté. *
Un prêtre doit être orné de toutes les vertus, et donner aux autres l'exemple d'une sainte vie..
Sa conversation ne doit rien avoir de
du peuple et du commun des logies; mais elle doit être avec les Anges i le Ciel , ou avec les parraits sur la
Le prêtre, revêtu des ornemenssa- , tient la place de J.-C, afin de prier L avec instance, et humilité pour lui 3ur tout le peuple. ( Hebr. 5- ) porte, devant lui et derrière hii le 2 de la croix du Seigiieur, pour se enir çoutinucliement de sa passion, porte la croix devant lui &ur la eha-> e, afin qu'il eu'visage avec soin les &s de J.-C, et quil s'attache à le»
re avec ardeur.
la porte derrière .lui» afin de souffrir ; douceur, pour Tamour de Dieu, toute»
ra verses qui lui arrivent de la partr autres.
porte la croix devant lui, afin qu'il ire ses propres péchés; et derrière afin de pleurer aussi par compassioa : des autres , et afin qu'il sache qu'il tabli médiateur entre Dieu et le péir, et qu'il ne cesse point ses prières sainte oblation du sacrifice, jusqu'à [u'il ait mérité d'obtenir grâce et ricorde.
land le prêtre célèbre, il if onore Dieu , ouit les Anges, il édifie TËglise, il irt les vivans, il procure le repos aux s, et se rend lui-même participant utes sortes de biens..
PRATIQUE
£>és dispositions saintes qu'un Brêtre doit apporte f pour bien dire la sainte Messe , et de celles où peut entrer le Chrétien pour la bien entendre et jjour en profiter.
Le Prêtre a reçu , par le caractère de son ordinatiou, le pouvoir de consacrer un Dieu sur TAutel j CM sarte , selon S. Augustin , que ce Dieu s'incarne en quelque sorte , et prend une nouvelle vie entre les inains du Prêtre , et par la vertu de sa parole. C'est ce pouvoir qui le rend en un sens supérieur aux Anges, et qui porte Texcellence de sa dignité audessus ae toutes les créatures ; qui l'associe au pouvoir suprême du Père éteinel, lequel de toute éternité engendre le même Verbe que le Prêtre produit dans le temps , et qui le fait participer à la fécondité virginale de Marie , pour donner un nouvel être à un Dieu. Ce sont là les deux grands modèles qu'un Prêtre doit gagemens la sainteté
puisqu'il a l'hoiineur de produire sur l'Autel le même Fils de Dieu, qu'ils engendrent, l'un dans réteruité, et l'autre dans le temps^
Concevez de là , Prêtres du Seigbeur , l'excellence de votre dignité , et la grandear de vos obligations. Soyez durant tout le jour ce que vous tâchez d'être à l'Autel , c'est-à-dire , unis à Dieu , recueillis en sa présence, fidèles à sa grâce ,^^ appliqués à vos devoirs , et portant devant J.-^C, dans tout le cours de la journée , une disposition et comme un état de vie-lime toute dévouée à sa gloire et au salut des âmes, ainsi que vous devez le faire durant là saiïite Messe.
Tâchez, en célébrant ce Sacrifice aidorable, i. de faire dans votre cœur ce que J.-C. fait sur l'Autel , vous anéantir, vous immoler et priei\ a. Unissez le sacrifice de votre âme à celui du Corps de Jésus \ entrez dans ses seutimens et dans ses dispositions; et, ministres du Sacrifice qu'il offre à son Père par vous et en vous pour le salut des hommes, faites -vous victimes de i'am£>ur d'un Dieu , oui se fait lui-même victime de votre amour. Cessez d être à vous-méiiyesy
pour être tout à lui , comme il cesse d'être sur l'Autel , et qu'il preud sa vie sacramentale dâii3 vos cœurs, pour y consommer le grand ouvrage de votre salut. Un Prêtre qui vit d'un Dieu , et qui tous les jours se nourrit de son Corps et de son Sang, ne doit vivre
parce qu as onraient au pain gneurj combien la sainteté des Prêtres delà nouvelle Loi doit-elle être plus parfaite, eux qui offrent tous les jours sur l'Autel un Dieu à Dieu même? Combien, dit S. Chrysostôme , la main du Prêtre doit-elle être
Ï>ure , et sa langue cans tacbe , puisque Tune immole e Corps du Verbe incarné , et que l'autre est teinte de son Sang , et que sou cœur reçoit tout ce qu'est un Homme-Dieu.
Pensez donc, Prêtres du Seigneur, que J.-C. , le premier Prêtre , célèbre par vous la sainte Messe , €t que , vous avant revêtus de son pouvoir pour le consacrer sur l^Autel , vous devez être animés de son esprit , et vivre de sa vie. Considérez que, lorsque vous prononcez les paroles de la consécration , vous devez vous céder tout à lui , et lui livrer votre cœur, comme vous lui prêtez votre langue.
Vous revêtant des habits sacerdotaux , pensez aux Mystères de la Passion de J.-*C. qu'ils représentent , €t demandez-lui pardon de vos péchés , qui en ont été la cause.
Allant à FAutel , souvenez^vous que vous accompagnez J.-C. au Calvaire , et que vous allez le voir mourir aux yeux de votive foi , et par vos mains.
Etant au bas de l'Autel , demandez-lui pardon de vos péchés , et de ceux de tous les Fidèles dont vous tenez la place , et dont vous êtes l'agent et comme le médiateur.
Priez -le au Gloria in excehis, de vous donner , et à toiis ceux qui assistent à la sainte Messe, une volonté efficace de leur salut.
A l'Ëpître , concevez le saint désir de faire naître J.-G. fiur l'Autel et dans tous les cœurs : désir que les Prophètes avaient de la venue du Messie , et que les Apôtres ont eu de former J.-C. dans les cœurs.
A PEvangile, animez votre foi et votre zèle : votre . foi pour croire et pratiquer l'Evangile, et votre zèle pour en inspirer les maximes.
Au Credo, priez le Seigneur que votre vie soit con." forme à votre croyance.
A rOfiêrtoire , offrez le Sacrifice de la sainte Messe^
i>our honorer Dieu , pour le remercier, pour obtenir e pardon de vos pécnés , et les vertus uëeessaiures à votre salut , et pour le soulagement des^âmes^dtt Purgatoire.
Au Canon, transportez-vous en esprit dans le Ciel; tâchez d'entrer dans les dispositions de la sainte Vierge et des Apôtres, pour le faire naître sur T Autel et dans tous les cœurs.
A la Coillsëcration , que tout cède en vous à un Dieu qui vient sui* T Autel à votre voix , et qui, par vos parolesr, y prend une nouvelle vie. tJnissez-vous à ses déssei'ns , priez par lui , sacrifiez-vous tout à lui ; et, pénétres de* son amour , immolez-le à son Père , pour les vivant et pour les morts.
Ah Pat^r, entrez daûs toufr les sentimens d'une parfaite confiance en J.-Cl.
£n partageant THoâtie saiifte , et comme' doûnant une mort mystique à J.-C. , priez-le d'opéref en vous la mort à vous-même , une sainte vie et une bonne mort , et de ûe pas souffrir que vous n'ayez pour lui qu'un cœur partagé et un amour de réserve.
A la Commuiiion , i^enouvelez votre foi envers un Dieu que vous recevez , votre confiance envers votre Sauveur, et votre amour pour un Père qui va prendre possession de votre cœur en vous donnant le sien comme un héritage qui vous est dû ; et dites-lui : Soyez le Dieu de mon cœur , et mon partage dans Téternité.
Après la Communion , remerciez J.^C. de s'être donné tout à vous , et priez-le que rien ne Vous sépare de sa erâce él de son amour.
Ennn tâchez , Ministres du Seigneur , après avoir célébré , ei vous y Chrétiens, après avoir entendu la sainte BAesse , de vous faire , par une vie séparée des vanités et des plaisirs du monde , mortifiée dans vos passions, et tout appliquée à vos devoirs, de vous Êûre, comme dit S. Augustin, Prêtres du Seigneur selon l'esprit , et ses victimes selon la chair ; de vous £Eiire, vous qui entendez la sainte Messe, Prêtres, non de caractère et de pouvoir , mais d'intention , en TOUS unissant aux desseins de J.-C. sur F Autel. Souvenez-vous que^ si les Païens mêmes sortirent du
Calvaire 'pënëtrë& d'une vive foi eavers J.*C. , et de' Ift douleur de leurs péchés , et vraimeat convertis , vous devez, après avoir célébré la Messe, qui est le même Sacrifice que celui du Calvaire, ou. aprè^ Tavoir entendue, être vraiment sacrifiés, convertis, et pleins de foi , d'amour et de zèle pour J.-C.
PRIÈRE
Pour obtenir de Dieu la grâce de bien dire et df bien entendre la sainte Messe.
Ssîeneur , qui êtes Prêtre et victime durant le Sacrifice adorable de la s|ainte Me§se, vous qui vous immolez vous-même , par le ministère des Prêtres, àla justice de votre Père pour le salut des hommes ^ agréez que nous unissions le sacrifice de nos cœurs à celui de votre corps ^ et que , tâchant de faire dans nos âmes ce que vous faites sur nos Autels, nous nous employions « durant la sainte Messe , à nous humilier, a prier et à nous sacrifier à votre peuple par vous et en vous.
Nous vous offrons ce Ç^crifice adoj:able, qui est le même que celui du Calvaire ; nous vous TolFronA pour vous honorer , pour vous remercier, et pour obtenir les vertus nécessaires à notre salut, et le; pardon de nos péchés. Faites ^ 6 mon Jésus ! que la vie sacramentale que vous prenez sur nos Autels ,, soit en nous, par la Communion réelle ou spirituelle , le principe d'une vie uouveUc; et que» comme vous vous substituez en la place de la matièi^e du pain ot du vin en les dctruisaut, vous vous substituiez dans nos cœurs en notre place; et que, détruisapt tQuI ce' qui n'y est point à vous , vous meltiez^^ votre. amour en la place de notre amour-propre , et qye tout vous cède en nous. ...
0 Victime adorable de notre salut el.de notre amour! en choisissant, comme vom3, faites., noire cœur pour y^ consommer le SicA^ificede votre vie sa-craAieotale,.couson)piez eu nous le sacrifice de ce tfous-mémes , qui est comme un. piur de Etcparatioa entre vous.cj nous; et ne soulFrez pas qu.'en vivant d'un Dieu, nous vivions çn hommes, mais que. no usc nous appliquions à imiter les vi^i tus saintes que vous venez imprimer en nous mr Ix sainte Communioni-
muH soit-il.
MAMmn.c* rMH'é vix&A.jr» ya* '^^'