‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 164 sur 190 · LIVRE IV. CHAP. VIT. i · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. VIT. i

ExâDiinez avec soiu volpe cooscieQ et rendez^la» autant que vous le pouri pure et nette par une contrition vérita et une humble confession ; en sorte < vous ne sentiez et ne cQnnaissiez rien vous qui TOUS pèse, qui vous Cause remords , et qui vous empêche de voc présenter librement

Ajez regret de tous vos péchés en néral» et en particulier affligez -to et gémissez davantage des fautes où v tombez tous les )ours ; et , si le temp permet, confessez à Dieu, dans le se< de votre cœur, toutes le» misères où v réduisent vos passions.

2. Gémissez avec douleur d'être core si charnel et si mondain, ù mortifié dans vos passions , si plein mouvemcns de la concupiscence*

Si peu vigilant à la garde de vos' sen souvent embarrassé de tant d'imagi tions différentes ; si porté aux choses dehors , si négligent pour les intérieu

Si léger pour le rire et la dissolut] si dur pour les larmes et la componcL

Si prompt pour le relâchement et p les satisfactions de la chair; si lent p Taustérité et pour la ferveur.

Si curieux d'entendre des nouvel et de voir de belles choses; si lâcli embrasser ce qui est humble et abjec

Si avide pour avoir beaucoup ; si a pour donneras! serré pour retenir.

Si inconsidéré clans vos paroles ; si peu capable de vous taire; si dér^lé dans vos mœurs ; si indiscret dans vos actions.

Si âpre au manger; si sourd à la pa« rôle de Dieu ; si vif à chercher du repos ;. si tardif au travail.

Si éveillé pour des fables; si endormi pour les veilles saintes; si pressé d*en^ voir la fin ; si dissipé pour y assister.

Si négligent à réciter votre office; sitiède eu célébrant; si sec en communiant.

Sitôt distrait; si rarement recueilli pleinement en vous-mê^ne.

Si vite ému de colère; si disposé à faire déplaisir aux autres; si çnclin à juger d'autrui ; si sévère â reprendre.

Si gai dans la prospérité; si abattu dans les traverses; si accoutumé à former de bons desseins; si peu propre à les effec^ luer.

3. Après avoir confessé et déploré ces^ péchés et les autres avec douleur et avec un vif regret de votre propre faiblesse r prenez une ferme résolution de corriger votre vie, et de vous perfectionner de plus en plus.

Puis, vous résignant à moi pleinement et par une entière volonté, offrez-vou^ vous-même en holocauste perpétuel à Thonueur de mon nom sur lautel de votre cœur, en remettant entre mes mains avec foi votre corps et votre âme; afin q,u en cet état vous soyez digne de vou^

approcher, pour offrir à Dieu le sacrifice, et recevoir avec fruit le sacrement de mon corps.

4. C^r il n'y a point d^oblalion plus digue, ni de satisfaction plus grande pour effacer les péchés , que le sacrifice pur et entier d^ soi-même à Dieu, en le joignant à Toblation du corps de J. ^C.

Si l'homme fait ce qui est en lui, et s'il se repent véritablement, toutes les fois qu'il s'approchera de moi pour demander pardon et grâce : Je vis , dit le Seigneur; je ne ine souviendrai plus de ses péchés, et je les lui pardonne^ rui tous ; moi qui ne venx point la mort du. pécheur ^ mais plutôt quit se convertisse et qu*H vive. (Ez. 18. 22 et 33. n.)

PRATIQUE

La dispositioa oii l'on doit être çouf bienr communier est la pureté de cœur , qui le détache de t'out péché volontaire , ou d^ toute volonté de pécher.

examinez ^veC'Soin et en détail votre conscience sur Tos défauts ordinaires. Voyez devant Dieu s'il n'y a point quelque péché considérable dont votre âme soit chargée ; eUsi cela est, confessez- vous-en avec une douleur sincère. Car en ce cas ce n'est pas assez , dit le Concile de Trente, de faire un acte de con-» tritiou ; 'RiAis il faut se confesser avant la Gommu-? niôn : c'est ainsi qu'il exprime cesparbles de TApôtre : Or que î^omme ^-éprouve , pour se disposer à bien recevoir ce Pain céleste , et pour ne pas copoiunier indignement.

3. Mais ne vous contentez pas de voir avant la Goimnuuion si votre coaâcieac« ne vous reproche pas'

quelque péchë considérable ; examinez devant Dieu ^ et détestez les fautes les plus légères que vous commettez avec tant de facilité, et surtout celles que vous faites avec vue et contre Tinspiration ; les pé^ chés d'habitude, d'attache et d'indisposition , c'està-dire f ceux qui sont plus conformes 4 l'inclination naturelle $ les péchés d autrui , auxquels vous donnez occasion ,• ou auxquels vous particidez ; les péchés cachés , etc. Demaadez-en pardon à J .-G. avant de le recevoir , et priez-le qu'il vous fasse la grâce dç vous en corriger et de Vous en punir.

Ou Acte de confriiian apant la Communion.

Je viens à vous , mon Jésus , comme un malade qui a recours à son médecin, de qui il espère la euérison. Yous avez dit que deux qui sont frappés de maladie doivent approcher de celui qui peut el qui veut les guérir ; cest ce qui fait que, vous considérant comme le Médecin et le Sauveur de mon âme, je veux vous l'ecevoir, et vous recevoir souvent y parce' que j'ai besoin de vous powr remédier aux maladies de mon cœur.; Je vous dis donc, en m'approchant de vous, ce que vous disait le Lépredx de 1 Évangile : Seigneur, si pous poulez, pous poupez me guérir.

2îXMinez-moi une confiance égale à celle des malades qui approchaient de vous. Agréez que' je vous dise comme eux : Dès que fe ioucherai te bord de votre robe , c'e^t-à-dire , les accidens dont vous êtes comme enveloppé , je serai guéri. Avec cette confiance , je viens à vous , ]e~me prosterne à vos pied^, et je vous demande miséricorde pour tous les péchés de ma vie, que je déteste ^ et pour vous et par vous.

Pardon , mon Jésus , pardon de tout ce qui vous a déplu en moi. Ne permettez pas que je vous reçoive jamais indignement. J'ai un vrai regret d^avoûr blessé votre cœur, outragé votre bonté ^ im té votre colère y résisté aux grâces et atrï^ recherches de votre amour, et ofiensé toutes vos divines perfections : pavdoonez-moi , et punissez-moi; et que ma^ punition soit d'être condamné à vous aimer et à me haïr, à me punii^ et à vous venger. C'est à vous seul que s'adresse ma dotdeur. Je vous ai outragé , et cela me

suffît pour vivre et pour mourir daos la douleur. Otez-inoi la vie, ou ôtez-inoi le pëché; car )e ne puis plus vivre et vous ofifenser : mais je veux éviter tout ce qui vous déplaît , et ce qui peut in'éloi|;ner ou me séparer de vous. Ajdsî soit-il.

CHAPITBE Vm.

DE l'oBLATION^DC lisUS-GHRIST EN LA GKOIX9 ET DE ihk PAOJ^EE EBSIG NATION.

Gomme je mo suis offert volontairement à Dieu mon père pour yos péchés, les mains étendues et le corps nu sur la croix, en sorte quii n'est rien demeuré en moi qui n ait été offert dans ce sacrifice de votre réconciliation avec Dieu; vous devez de même vous offrir volontairement à moi tous les jours à la messe, en oblation pure et sainte de vous-même, de toutes vos puissances , de toutes les affections de votre cœur , et aussi intimement que vous le pouvez faire.

Que veux-je davantage de vous? sinon que vous travailliez à vous résigner à moi sans réserve.

Tout ce que vous me donnez sans vous donner vous-même ne m*est rien , parce que c'est vous , et non pas vos dons que je cherche.

2. Comme vous ne seriez pas content si, possédant tout le reste, vous ne maviez pas ; aussi rien de ce que vous me donnerez ne peut me plaire sans l'offrande de vous-même. Offrez-vous à moi'« donnez-vous tout entier pour Dieu, et votre oblation sera bien reçue.

Vous voyez que \e me suis offert tout entier à mon père pour vous;, je vous ai aussi donné en nourriture tout mon corps et tout mon sang^ afin que je fusse tout a vous , et que vous fussiez tout à moi.

Mais si vous demeurez dans vous-même, et que vous ne vous abandonniez pas de bon cœur à ma volonté, ce n'est point là une oblation entière, et il n'y aura point entre nous d'union parfaite.

L'oblation volontaire de vous-même entre les mains de Dieu doit donc précéder toutes vos œuvres, si vous voùlei acquérir la liberté et la grâce. Car ce qui fait qu'il y en a si peu qui deviennent éclairés et libres dans Tintérieur, c'est qu'ils ne savent pas se renoncer .cntiè-rement.

La sentence que j'ai prononcée est in- * violable : Quiconque ne renonce pas à tout ne peut être ^inon disciple* ( Luc. i4* 33.) Si donc vous voulez être mon disciple, offrez-vous à moi, vous et toutes vos affections

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