‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 170 sur 190 · LIVRE IV. CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. X

à Dieu, qui vit de telle sorte , et qui maintient sa conscience d^ms une telle pureté , qu'il est prêt à communier tous les jours, et qu'il souhaiterait de le faire, s'il lui était permis , et qu'il le pût sans singularité !

S'il arrive qu une personne s'en abstienne quelquefois par humilité, ou par quelque empêchement légitime, il doit être loué de son respect : mais, si la tié* deur s'en mélo , il doit s'exciter lui-même, et faire ce qui est en lui ; et le Seigneur secondera son désir en faveur de sa bonne volonté, qu'il considère particulièrenient.

6. Celui donc qui en est empêché par .quelque légitime cause, doit conserver toujours une bonne volonté et une pieuse intention de communier ; et ainsi il ne perdra pas la grâce de ce Sacrement. Car tout homme dévot peut tous les jours et à toute heure , sans empêchement et avec fruit, approcher spirituellement de la sainte Communion.

Il doit cependant en certains jours, et dans les temps qui lui sont prescrits , recevoir sacramentalement le Corps de son Rédempteur, avec un respect mêlé d'amour, et rechercher en cela plutôt la gloire et l'honneur de Dieu que sa propre consolation.

Car il communie mystiquement, et est invisiblement rassasié totites les fois qu'il repasse dévotement dans son esprit le

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mystère de llncarnation et de la Pd«sion de J.-C. , et qu'il s'enflamme en son amour.

7. Celui qui ne s'y prépare -pas autrement que par la rencontre d une fête prochaine, ou par une coutume qui l'y pousse , sera soi^yent mal préparé. Heureux celui qui s'offre au Seigneur en holocauste toutes les fois qu'il célèbre ou qu'il communie !

Ne soyez ni trop long ni trop court en célébrant; mais conformez -vous à la manière ordinaire et louable de ceux avec qui vous vivez.

Vous ne devez point être à charge ni ennuyeux aux autres , mais suivre la route commune , ordonnée par les anciens, et avoir plus dégaxd à l'utilité d'autruî qu'à une dévotion ou une affection particHrlière.

PRATIQUE

Le désir ardent que J.-C. nous marque de venir dans nos cœurs , pour en prendre possession , et pour y çégner en Dieu , doit nous persuader que c'est lui faire un vrai plaisir , que de nous lendre dignes dç communier souvent ; et que 5*éloigner de la sainte Communion par un respect apparent , et par une lâcheté vëûtable , comme font tant de Chrétiens , c'est frustrer J. -C. de la satisfaction qu'il a de demeurer avec i\ous , et qu'il témoigne par ces paroles : Jôfais nies délices d'être avec les en fans des nommes. C'est s'opposer aux desseins de sa sagesse, c'est rompre l'enchaînement de notre prédestination ,• parce que c'est se priver d'un des moyens les plus efficaces q,ue nous puissions avoir pour assurer le saliit de nos âmes, qui est une Communion bonne et fréquente ( car il ne faut jamais se?parei' ces âeux

choses ) ; et c'est s'exposer à perdre les grâces dëci*sives de réternitë , en perdant des Communions par sa faute.

3. Or les dispositions les plus essentielles pour une Communion bonne et fréquente , sont ^ i. de com^ munier sans volonté de pécher • a. d'être déterminé après la Confession k se corrij^er de ses fautes , et à mener une vie vraiment chrétienne; 5. d'espérer que la présence réelle de J.-C. dans nos âmes , et l'eflSicace de sa grâce y nous conservera daus cette double résolution. Ainsi les pécheurs d'habitude qui ne communient que rarement , par une vr^ic raison de leur indignité, doivent renoncer à leurs mauvaises habitudes y et s'éprouver auparavant , pour se mettre en état de bien communier. Les âmes mondaines qui s'excusent de la Commuuion fréquente , sous le prétexte spécieux de leur attachement au monde, sont obligées de se détacher des vanités , des spectacles et' des engagemens de la vi« mondaine , pour se disposer à communier bien et souvent; et les personnes ae piété qui craignent de mal communier en communiant souvent, ne doivent pas s'éloigner de la sainte Communion par une fausse humilité , mais s'humilier et communie*', coihme le dit TAùteur du livre de l'Imitation.'

PBIJÈllE A jisUS-CHMST.

Seigneur , il est vrai que je ne mérite pas d'être reçu a votre sainte Table , comme le sont les enfans à' la table de leur père; parce que }e me suis rendu , par mes péchés et par mes infidélités , indigne de cet honneur: maig puisque vous invitez de venir à vous tous eeux qui sont travaillés et chargés da por^s de leurs misères , leur promettant de les soulaeer et de les consoler^ c'est ce qui fait que j'aurai plus d'égard à votre misénoorde qu'à mon indignité.

vous dites dans votre Evangile , ô raoti Jésus ! que ceux qui sont malades ont besoin du Médecin. Je veux donc approcher souvent de vous , parce que j'ai besoin de l'abondance de vos grâces , et de la multitude de vos miséricordes , pour me conserver dans votre amour , pour me préserver du péché , et pour me défendre contre les ennemis de mon sallit.

Je ne sens {i^oint de dévotion en communiant; mai's il n'est point nécessaire de sentir vos consolations'

et vos grâces , mais seulement d'y être fidèle j et la communion fréquente est propre à ra'inspirer cette fidélité, puisque le fruit d'une bonne communiou n'est pas toujours le goût de la communion , mais la force à se vaincre , et la fidélité à ses devoirs.

Je suis sujet à beaucoup de défauts , faible , lâche , inconstant à vous servir ; mais qui peut mieuï me coiTiger de mes faiblesses , remédier à mes misères , que vous , ô mon Jésus ! qui êtes un Dieu de miséricorde, et le pain qui fait les fopts?

Je vous prie donc , ô mon aimable Sauveur ! de me donner les dispositions nécessaires pout communier souvent , et pour le bien faire. Venez , mon Jésus, venez souvent dans mon cœur, qui ne peut vivre sans vous , et qui no veut vivre que pour vous et de vous. Ainsi soit-il.

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