LIVRE I. CIIÀP. X
parler, parlez des choses qui servent a votre édification.
La mauvaise habitude , et Ja négligence à nous avancer dans la piété, nous env péchent beaucoup de veiller à la garde de notre langue.
Toutefois une pieuse conférence sur des choses spirituelles peut fort bien servir à notre avancement dans la sph*»tualité , lors principalement qii elle se fait entre des personnes qui » n'ayant qu'un même cœur et un même esprit , se réunissent en Dieu.
PRA.TIQDE.
YsiUuEB et prier , c'est le simple emploi que J.-C. donne à un Chrétien dans l'Evangile, pour éviter le péché , pour résister à la tenlatix)n, et pour assurer son salut. Parler peu aux créatures, et beaucoup à Dieu , renoncer aux conversations inutiles et curieuses, n^user de sa langue que pour dire des choses bonnes ou nécessaires, c est un excellent moyen pour devenir un homme intérieur, pour conserver la pureté du cœur et la paix de la conscience, et pour s unir intimement à Dieu. Une ame qui se répand par ses sens sur les créatures, qui est toute au-dehors, et qui s'amuse à des bagatelles, n'est guère en état de goûter Dieu, de s'appliquer à Fora ison, et de pratiquer le recueillement; choses si utiles et si nécessaires au salut des Chrétiens. Que faites- vous, âme dissipée et vagabonde, dit S. Augustin, en cherchant de quoi vous coutenter dans les objets , les plaisirs et les biens créés? Cherchez en vous-même, par le recueillement, I« vrai et le souverain bien qui est en vous, et qui peui seul tous contenter.
PBléKE.
Domiez^moi , Seigneur , cet esprit intérieur et de vecueillement , qui me rende attentif à vos desseins
sur mon âme , et fidèle à vos grâces. Fartes que le sou^ venir respectueux de votre présence soit l'occupation continuelle de mon esprit, mais un souvenir dominant et une occupation souveraine , à qui tout cède dans mon cœur ^ et que votre présence soit en moi le supplément de votre vie, et la consolatipn de mon âme. Il m'ennuie, ô mon Dieu ! de vivre comme exilé de votre présence, et d'être si peu touché de la vue de votre grandeur, que je ne fais rien pour lui plaire. Qui puis-ie trouver au Ciel et sur la terre, qui soit comparable à vous? Vous êtes }e Dieu de mon cœur 5 mais faites qu'il vive sous vos "yeux , et que, toujours présent à vous , il ne respire que le bonheur de vous plaire dans le temps, afin que vous soyez son partage dans Téternité. Ainsi soit-il.