CHAPITRE xviii
qu'il faut suivre l'exemple des saints pères.
Ayez devant les yeux les vifs ejcemples des Saints Pères, qui jont été des modèles de la véritable perfection et de la sainteté religieuse , et vous verrez que tout ce que nous faisons est peu de chose , ou presque rien. Hélas ! qu'est-ce que notre vie , si nous la comparons avec la leur?
94 L IMITATION DE ^f .-C.
Les Saints et les àtnis de J.-^. ont servi le Seigneur dans lac faim et dans la soif , dans le froid et dans la nudité , dans le travail et dans les fatigues , dans les veilles et dans les jeûnes, dans les prières et dans les méditations saintes , et dans une infinité de persécutions et d'ogprobres.
a. O quel est le nombre et la rigueur des p^nes qu'ont endurées les Apôtres, les Martyrs, les Confesseurs, les Vierges, et tous les autres qui ont voulu marcher sur les traces de J.-C. 1 Us ont haï iev/r âme en ce monde, pour la posséder dans l'éternité. (Juan. 12. â5. )
Quelle vie austère et dépouillée n'ont point menée les Saints Pères dans le désert ! Combien ont-ils souffert de longues et de pénibles tentations ! Combien de fois lennemi commun les a-t-il tourmentés ! . Quelle assiduité et quelleferveur dans les prières quils offraient à Dieu ! Quelle rigueur dans leurs abstinences !
Quel zèle et quelle* ardeur n'avaienlils pas pour s'avancer dans la piété ! Quelle rude guerre ne se sont-ils point faite, pour dompter leurs inclinations vicieuses! Combien pure et droite a été leur intention en servant Dieu !
Us travaillaient le jour, ils priaient la nuit; et l'on peut dire que l'oraison du cœur n'était point interrompue par leur travail.
5. lis employaient utilement tout leur temps : les heures leur semblaient courtes dans le service qu'ils rendaient à Dieu ; et lextréme douceur de la contemplation leur faisait oublier la nécessité de nourrir leur corps. .
Us renonçaient à toutes les richesses «'. à toutes les dignités , à tous les honneurs » à leurs amis, à leurs parens, et ils ne désiraient rien des choses du monde. A peine usaient-ils des choses nécessaires à la vie, et ils gémissaient lorsque la nécessité les obligeait de donner quelque chose à leur corps.
Ils étaient pauvres des biens de la terre ; mais qu'en récompense ils étaient riches en grâces et en vertus ! Tout leur manquait au dehors ; mais la grâce et la consolation divine les fortifiaient au dedans.
4* lis étaient éloignés du monde; mais Dieu était auprès d*eux « et les traitait comme ses plus intimes amis.
Us ne se regardaient eux-mêmes que comme un néant , et s estimaient dignes du mépris du monde; mais ils étaient précieux aux yeux de Dieu , dont ils étaient les'bien-aimés.
Us se conservaient dans une véritable humilité; ils vivaient dans une obéissance simple, et ils marchaient dans la voie de la patience et de la charité.
Aussi faisaient-ils tous les jours du 1 progrès dans la vie de Tesprit, et obte--
naient de Dieu une abondance de grâces. Ces saints hommeâ ont ét^ donnés de Dieu pour modèles â toutes les personnes religieuses ; et leur exemple doit nous inciter plus fortement à nous avancer dans la vraie piété, que le grand, nombre de tièdes ne nous doit porter à nous relâcher.
5. O que la ferveur de tous les religieux était grande au commencement de leur sainte institution !
Quelle était leur ardeur dans la prière ! Quel zèle à s'exciter lun lautre â la vertu ! Combien la discipline régulière était-elle en vigueur! Quel était leur respect et leur soumission à la règle de leurs supérieurs !
Les vestiges qu'ils nous en ont laissés , et qu'on ne suit plus, témoignent encore aujourd'hui qu'ils ont été des hommes véritablement saints et parfaits » qui, en combattant avec tant de courage, ont foulé le monde aux pieds. Présentement l'on regarde comme un grand religieux cduî qui ne viole pas sa règle, et qui peut porter avec patience l'étal qu'il a embrassé.
6. O tiédeur! ô n^Iigence de notre itat ! de dégénérer sitôt de cette ancienne erveur, et de trouver même la vie enmyeuse , par un excès d'engourdissenenl et de lâcheté I Dieu veuille quV irès avoir eu devant les yeux tant d'exemtles de sainteté, le désir de vous stvancer
dans la vertu ne fl*a58oupisse pas toût-9fait en vous!
PRATIQUE
Rien n'est plus capable de nous engager à bien vivre , que réxemple de ceux qui ont bien vdcu. C'est cet exemple qui nous rend possible , sensible et facile la vertu ^ nous la montrant dans les autres déjà pratiquée, et comme faite à-nos usages. Car nous devons nous dire à nous'-mêmes, en lisant la vie, ou en voyant les exemples des Saints : Yoilà ce qu'ont fait, souffert et quitte des hommes comme nous^ pour mériter le Paradis que nous espérons. Et nous, qu'avonsnous fait pour cela? pourquoi ne ferons-nous pas ce qu'ils ont fait; pour nous rendre dignes de )a même
/ o Ti-.i__i — î»: -..:-* de craindre que
me montre d'un
, „ , em pies des gens
de bien qui ont vécu dans Fétat oii je suis , et ne dise ^ en me confrontant ces témoins : Voilà ce que vous avez dû faire, et voilà ce que vous avez fait; jugezvous vous-même , que méritez-vous ?
7RIÉRE.
N'entrez point. Seigneur, dans ce jugement avec votre serviteur; car ma vie ne pourra jamais me justifier, étant comparée à celle des Saints; Faites- moi la grâce , ô mon Sauveur \ vous qui me l'avez méritée ^ de m'appliquer à mes devoirs , d'entrer dans l'esprit de roaïleligion > d'en suivre les règles et les maximes, et de conformer ma vie à ma foi > afin que je paraisse devant vous revêtu de votre justice, soutenu de votne miséricorde, et animé de votre anbour. Ainsi soit-il*