‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 52 sur 190 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DE LA GONSlDéRÂTION DE SOI-MÊME.

Nous ne devonk pas trop nous fier à nous-mêmes, parce que souvent nous manquons d'inlelligence et de grâce.

Nous avons peu de lumière , et ce peu même se perd bientôt par notre négligence.

Souvent aussi nous ne nous apercevons pas de l'aveuglement de notre âme. Souvent nous faisons mal, et nous nous en excusons encore plus mal.

C'est quelquefois la passion qui nous fait asir^ et nous croyons que. c est un bon zèle.

Nous reprenons de petites fautes dans les autres, et nous en passons en nous de beaucoup plus grandes.

Nous sommejs assez prompts à ressentir et à peser ce que nous endurons des autres; mais nous ne prei^ons pas garde à ce que les autres souffrent de nous.

Quiconque eiEaxninerait avec droiture

IDEJ. LIMITATION DE J.-C.

ses propres défauts, n'aurait pas sujet de juger désavantageusement d autrui.

2. L'homme intérieur préifère le soin de soi-même à tout autre soin; et celui qui est appliqué â veiller sur soi , s'abstient aisément de parler des autres.

Vous ne serez jamais intérieur et dévot , si vous ne gardez le silence sur tout ce qui regarde votre prochain , pour n'avoir d'autre attention que sur vous-même.

Si vous ne vous occupez que de Dieu et de vous-même, vous serez peu touché de tout ce qui vous vient d'ailleurs.

Où étes-vous, quand vous n'êtes pais présatit à vous? Et quand vous aurez parcouru tout le reste , qu'en retirerez-vous , si vous vous négligez vous-même?

Pour jouir de la paix et dhme véritable union avec Dieu, il faut que vous vous rqg[ardiez seul^ et que vous comptiez pour rien tout 'le reste.

5. Ainsi vous avancerez beaucoup, si vous vous tenez désoccupé de tout soin temporel. Vous reculerez beaucoup, ^n contraire, si vous faites quelque cas des choses dé la terre.

Qu'il n'y ait rien pour vous de grand, d'élevé , d'agréable ou d'avantageux , si ce n'est purement Dieu, ou ce qui est de

Dieu.

Regardez comoje vaines toutes les consolations que vous présenteroiit les créatures.

LiVHÉ it. mkP. V. î55

Une âme qui aime Dieu méprise tout ce qui est au-dessous de Dieu.

Dieu seul est éternel et immense; il remplit toutes choses, et il est la consolation de l'âme et la Traie joie du cœur.

PRATIQUE

Lb8 réflexions kiutiles sur soi-même et sur les objets extérieurs , nous font perdre beaucoup de temps , de grâces et de mérites. Si nous tâchions de substituer le souvenir respectueux de Dieu à la place du souvennr yain oh incommode devons et des créatures, nous serions toujours saintement occupés. Regarder Dieu en soi , et se regarder en Dieu ; vivre sous les yeux de J. -C par le recueillement, entre ses mains parla résignation., et à ses pieds par l'humilité et le sincère aveu de nos misères ; voilà ce que nous devons faire pour vivre en véritables Chrétiens , qui ne sont tout ce qu'ils sont que par l'attachement à J.-G. Pourquoi donc s'occuper si fort et si souvent de non*velles, de curiosités, de vanités, et s'appliquer si peu et si rarement à son Dieu, à ses devoirs et à son saîut? C'est qu'on est indifférent pour les choses de l'éternité , et trop attaché aux choses du temps. Commençons donc d'être ce que nous serons un jour j c'esl-à-ilire , oc-^ cupés uniquement de Dieu, pour Dieu et en Dieu.

FBIÈRE.

Otez-moi , Seigneur , ces oisivetés d'un esprit qui perd son temps et qui ne s'occupe de rien, et celle mutilité de pensées qui me dérobent et le bonheur de votre présence et l'attention à mes prières; ou , si }e ne puis pas , en priant , toujours penser à vous , faites que mes distractions , étant involontaires, en détoumam de vous mon esprit, n'en détounient point mon cœur. Comme ce qui me rend si distrait en vous priant, est que mon cœur n'applique noint mon espnt à ma prière, je vous prie, o mon Dieu ! de touoner et de remplir mon cœur d'un mouvement vif et ardent de vous plaire, afibi que durant ma prière, et dans le jour, je pense plus à vous qu'à moi-même. Ainsi soit-il.

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