‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 54 sur 190 · IS · texte numérisé non relu

IS

* Quand ils diraient : Nous sommes en patXj les mauxc ne viendront point sur nous; qui est-ce qui osera nous nuire ? ne les croyez pas; car la colère de Dieu s'élèvera tout dun coup, et leurs actions seront anéanties, et leurs pensées se dissiperont.

a. Il n'est pas difficile à celui qui aime de se glorifier dans la tribulation

( Roin« 5. 3 ); parce que se glorifier de la sorte , ciest se glorifier dans la Croix du Seigneur. (Gai. 6. 14.)

La gloire que les hommes se donnent réciproquement passe vile : elle est toujours accompagnée de tristesse.

La gloire des bons est dans leur conscience même, et non dans la bouche des hommes. La joie des justes est de Dieu et en Dieu; leur joie est dans la -vérité.

Celui qui aspire à la gloire véritable et éternelle ne se soucie pas de la temporelle; et celui qui recherche la gloire du siècle, ou qui ne la méprise pas sincèrement, fait bien voir qu'il n aime pas assez Téternelle.

Celui qui est indifférent aux louanges ou au blâme jouit d'une grande tranquillité d'esprit.

3. L'homme qui a la conscience pure sera aisément content et paisible.

La louange des hommes ne vous rend pas plus saint , et leut blâme ne vous rend pas moins estimable. Vous êtes ce que vous êtes; et ce que les homtaes peuvent dire de vous ne vous rendra pas aux yeux de Dieu plus grand que vous n€ l'êtes.

Si vous considérez ce que vous êtes au-dedans de vous, vous ne vous mettrez pas en peiné de ce que l'on dira de vous.

1 30 L EHITATIO W DE . J ••-€ .

L'homme ne voit que le dehors ^ mais Dieu voit jusqu'au cœur. (i^Reg, i6.

S. ) L'hamme regarde les œuvres», mais ^reu considère rititention. Faire toujours bien, et s'estimer peu, c'est la marque d'une âme humble.

N$ vouloir recevoir de consolation d'aucune créature , est un signe de grande Êureté , et d'une confiance intérieure en ieu.

4. Celui-là fait bien voir qu'il s'est entièrement abandpnné à Dieu, qui ne cherche au dehors aucun témoignage en sa faveur. Car, comme dit saint Paul , ce n'est pas celui qui se rend témoignage à soir-mime , qui mérite d'être estimé ^ mais celui à qu/i Dieu reftd tém^oignage. . ( II. Cor. 10. 18.) Marcher avec Dieu au dedans, et n'être lié d'aucune affection au dehors, c'est la disposition d'un homme intérieur.

PRATIQUE

Li^^^ix d'unebonne conscience n'exclut pas toujours les troubles que les tentations et les peines intérieures forment dans l'esprit ; mais elle fait que^parmi tous les orages qui s'y élèvent, le cœur est soumis et fidèle k Dieu : soumis à souffrir la peine , et fidèle à ne la pas snirre , mais à résister , à combattre , et à ne rien négliger par effort de ^eine. C'est ainsi qu'une âme peinée et soumise est , dit le Prophète-Roi , un sacrifice agréable à Dieu, qui ne rebute jamais nn cœur contrit et humilié : humilié de^ se Yoir assnjéti au sentiment de ses misères, et contrit du sujet qu'il a donné à Dieu de les lui Élire sentir. Prenons la-dessus une résolution ferme et constante de nc^ i^ous

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laisser absittre ni par nos chutes , ni par nos peines , ni par ie sentiment, ni par l'expérience de nos misères; mais de nous humilier devant Dieu de nous voir si misérables, de lui demander pardon des fautes que nous avons faites en ne résistant pas y comme nous le devons, aux attaques de Tennemi de notre salut;* de nous en punir sur l'heure, en nous privant de quelque satisfaction ; et après cela demeurons en repos : car la bonne conscience est celle qui est exempte de péché par la fidélité, ou qui en est apurée par la pénitence.

FRléBB.

Yous save?. Seigneur, à combien de tentations, de peines intérieures et de périls du salut àous sommes exposas, et par le penchant naturel et violent que noi|s avons pour le mal , et par la répugnance continuelle que nous avons au bien, et par les assauts des tentations. Comment pourrions-nous résis* ter à tant d'ennemis si puissans et si animés ^ notre perte, si vous n'aviez ta bonté de nous secourir? C'est donc à vous que nous élevons nos cœurs , nos esprits et nos yeux j pour vous supplier de ne nous pas laisser périr , et de ne pas permettre que nous succombions à la tentation; mais de nous délivrer du plus grand et du s^ul mal à craindre, qui est le péché. Ainsi soit-il.

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