‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 74 sur 190 · LIVRE 111. CHAP. VI. :2l · texte numérisé non relu

LIVRE 111. CHAP. VI. :2l

f ai-Jé craindre ? Quand U y aurait fifé^ 4)briné6S contre moi , mon cœur

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n*àura point de crainte ; ie Seigneur est mon protectev/r et nnon rédemp-^ teur. (Ps. a6. i. 2. Psal. 18. i5. }

7. Combattez comme un Taillant soldat, et s'il arrive que vous tombiez quelquefois par fragilité, reprenez-en plus de vigueur qu'auparavant dans la confiance que ma grâce vous assistera plus puissamment ; et surtout prenez garde de ne vous point laisser aller à la vaine complaisance et à Torguoil.

Plusieurs par-lé tombent dans Terreur et dans un aveuglement presque incurable.

Que la ruine de ces superbes qui présument follement d'eux-mêmes , serve à vous précautionner et à vous maintenir toujours dans rhucnilité,

PRATIQUE

j£ conçois que le vrai amour pour Dieu peut consister davantage à souffrir pour lui les sécheresses, les dégoûts et les tentations les plus fâcheuses , sans les suivre , qu'à recevoir de lui les goûts, les douceurs et les consolations intérieures : car en celles-ci on reçoit beaucoup de son Dieu ; mais en celles-là on lui donne b^eaucoup. Dans les^unes on aime les dons de Dicu} et dans tes autres on Taime lui-même, et sa volonté sainte , prë£érablement à tous ses dons : et Tamour est plus parfait , qui nous fait aimer Dieu pour ce qu u est^ que celui qui nous le fait aimer pour ce qu'il nous donne. Ah ! que Dieu prend plaisir k voir une âme toujours vigilante sur elle-même, pour préserver son cœur des moindres fautes; toujours appliquée à ses devoirs, par respect à ses ordres, et par attachement à sa volonté sainte, et

ait I^IMITATlOIf DB J.-<.

Hou jours généreuse A combittre -tous les meuve mens déréglés que sa cupidité et les tentations du démon font naître en elle. ^tJne âme qui ne se pefmet et ne se pardonne rien, et qui, tâchant de correspondre aux desseins que le Seigneur a sur elle , de la détruire en tout ce qui est humain , et de ruiner en elle l'empire de l'amour-propre , prend pour règle de sa conduite cette règle du yéritable amour : Tout pour plaire â Vieu y ei rien pour me saiisfaire. Mais ce qui coarme le coeur de Dieu, c*est de voir que cette ame, vraiment revêtue de la force et de la grâce de son esprit, dans tous les combats qu'elle livre à ses passions et i soi-même , ce qu'elle ne peut souffrir, o|^osé autant

3u'il l'est à son Dieu ; ae voir , dis-je , qu'elle ne emande , qu'elle ne cherche, et qu'elle ne reçoit nulle consolation, ni aucun soutien sensible , se faisant un plaisir du plaisir que Dieu prend à la voir souffrir, sans même être assurée qu'il y prend plaisir. Sa soumission et son abandon font sa consolation et son soutien , heureuse d*être une victime immolée pour Tamour de son Dieu.

raiÉBB.

Seigneur, ne m'abandonnez pas à la dâicatesse de mon amour-propre , qui ne veut rien souffrir , ni à l'inutilité de mes désirs, qui me font toujours désirer ce que je ne fais pas. Pénétrez mon cteur du bonheur et de l'obligation de souffrir tout pour vous , et comme vous. Faites que, n'ayant point d'autres intél^êts que le vôtre, et ne voulant que ce que vous voulez, )e me soumette aussi volontiers aux peines de mon «sprit, qu'à la consolation de mon cœur; que souvent je vous dise en souffrant : Contentez-vous, justice de ■fton Dieu , tandis que je suis en cette vie ; car, comme vous ne punissez pas deux fois le même péché , dès que vous me punissez d^ mes péchés en ce monde , cest une marque que vous ne m'en punirez pas dans l'autre. Moins ]e vous goûterai, et plus je vous aimerai; plus je combattrai les mouvemens déréglésde mon costtr, et plus je mériterai la possession du vôtre. O mon Dieu! 6 mon Sauveur 1 je consens d'être privé de toute consolation ici-bas , pourvu que je ne vous offense jamais. Quel bonheur pour moi d'être une victime du Calvaire, un martyr de votre coeur crucifie, et une personne toutedévouéeà votre bon plaisir? Ainsi soit-il.

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