‹ Imitation de Jésus-Christ;Chapitre 81 sur 190 · LIVRE III. CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE III. CHAP. X

Fais - }e quelque chose de bien cansidérable es vous servant, yqu$ que toute» le» .créature3 sont obligées de servir ?

Si je vous sers, je ne dois pas regarder cela comme une grande chose; mais plutôt ce qui me parait grand et merveilleux, c'est que vous daigiiez ixxe recevoir pour votr^ sîervîteur , malgré mon extrême indigence et mon indignité, et que vous m'associez à vos bien-aimés qui vqu8 servent.

3. Ti^ut ce que j'ai est à vous, le service ipême que je vous rends est votre bien ; et néanmpins je vous sers au contraire beaucoup moins que voua ne me servez.

Voilà le ciel et la terre que vous avez créés po.ur le service de Thomme. Ils sont toi| jours prêts, et accomplissent vos ordres chaque jour. ^

Vous avez fait plus, vous avez ordonné à vos Anges de servir Thomme.

Mais ce qui surpasse tout cela, c'est qi|ie vous avez daigné servir l'homme vousmême, et que vous vous êtes engagé par promesse de vous donner à lui.

4* Q^ ^ous dpnnerai"je pour ce nombre infiiii de girâces? Que ne puis-je voiis servir tous les jours de^ m,a vie ! Que ne puis-je au moins vous rendre pendant un JQur un service digne de vous !

Vous êtes vraiment digne' de tout service et de tous honneurs , et d'une louange éternelle. Vous êtes vraiment mon

Seigneur, et moi je suîs votre pauvre serviteur, obligé de vous servir de toutes mes forces, et de chanter vos louanges sans dégoût et sans relâche.

C'est ce que je veux, c'est ce que je désire faire: daignez suppléer, pour ce dessein , à tout ce qui me manque.

5. II y a beaucoup d'honneur et de gloire à vous servir, et à mépriser toutes choses pour vous : car vous comblerez de grâces ceux qui se seront soumis de bon cœur à votre bienheureuse servitude»

Ceux qui , pour votre amour, auront rejeté tous les plaisirs de la chair, trouveront les douces consolations du Saint- Esprit.

Ceux qui, pour votre nom, seront entrés dans la voie étroite, et qui auront quitté tous les soins du monde, acquerront une grande liberté d'esprit.

6. O agréable et douce servitude de Dieu, par laquelle Thonime devient véritablement libre et saint ! O état sacré de la servitude religieuse, qui fait l'homme égal aux Anges, le réconcilie avec Dieu, le rend terrible aux démons-, et recommandable à tous les Fidèles ! O service digne d'être embrassé et souhaité sans cesse, qui nous fait mériter un bien souverain, et une joie qui ne finira jamais !

PRATIQUE

Se juger indigne de toute grâce, correspondre toutes celles qu'on reçoit de Dieu, lui rapporter

1^1 Y KE^ 111* UllAf. JL, ufiwr«

toute ]a gloire de ta fidëlitë qu'on a pour lui , le remercier souvent de ce qu'il a eu la bonté de nous rechercher dans nos ëgarcmens, et de nous recevoir après tant de péchûs ^ espérer tout de sa miséricorde, et se remettre tout entier entre ses mains; c'est ce que doit faire une âme vraiment chrétienne , qui connaît ce que J.-C. lui est, et ce qu'elle lui doit

être.

Qu'on est heureux de ne rien trouver en soi qui puisse donner un sentiment de vanité et de complaisance , et qui n'oblige une âme de sortir d'elle-même, aue pour ne subsister qu'en Dieu I Ah ! que le sentiment de ses iqisères est capable de l'établir dans le cœur d'un Dieu de miséricordes! et que l'expérience qu'on a de l'impuissance à tout bien , et du pencbnnt à tout mal, nous oblige de- ne tenir qu'à Dieu, et de reçvuriv in(^anirnent|àjui !

PBIEltE.

Çpminenl , Seigneur ,. po^urrai-je vous oublier , vous qui m'avez tant de fois préservé de l'enfer, oii j'étais

5rèâ dé toml)cr par le dérèglement ou par l'inutilité e ma vie ? Guérissez en moi cette vaine complaisance , et cette enflure de vaqité qui me fait croire qu'il y a

âiielque hîeii en moi. Il est en vous, Seigneur, il est é vous, et sans vous je ne suis capable que de vous oi&t^ser et de me perdre* Ne souffrez pas que je m'élève devant vous par un sentiment volontaire d'orgueil qui pourrait m'aitirer le malheur dont le premier Ange a été frappé. J'aime mieux me voir méprisé des hommes , ii\ être bien avec vous, que d'avoir leur. estime, et d^être réprouvé de vous. Faites que je vous rende justice, en vous rapportant tout le bien que je fais, et qa6 je me la rende à mmt-même, en m'impntant tout le mal dont je si^is coupable , pour en .obtenir le pardon. Ainsi soîl-ii.'

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