CHAPITRE XIX
qu'il ÏAtT SUPPORTER LES INJURES, ET QUELLBfi SDNT LBS MARQUES DE LA VERITABLE PATIENCE.
Que dites-Tous là , mon fils ? Cessez de vous plaindre à la vue de mes souffrances et de celles des autres Saipts.
y.ous n'avez pas encore résisté jus-qu'à verser €hi sang. ( Hebr. 12. 40 Vous ne souffrez que peu de chose en comparaison de ceux qui ont tant souffert parles fortes tentations, les rudes traverses et les épreuves dont ils ont été exercés en tant de manières.
U faut donc vous remettre en mémoire les plus grandes peines des autres , afin de supporter plus aisément les vôtres , qui sont si légères ; et si elles ne vous paraissent pas aussi légères^ prenez garde que votre impatience n'en soit cause. Mais , qu elles soient petites ou grandes , appliquez-vous à les supporter toutes patiemment.
2. Plus vous vous disposez à bien souffrir» plus vous agissez avec sagesse, et plus vous acquérez de mérite.
Vous trouverez aussi les souffrances moins rudes quand vous vous y serez préparé avec courage et par accoutumance.
Et ne dites point : Je n'ai pas la force d endurer cela de cet homme; ce ne Bont point des choses que je doive supporter; il ma fait un grand tort, il me reproche ce â quoi je n'ai jamais pensé; mais je le souffrirai volontiers d*un au^ tre, et autant que je croirai devoir le souffrir.
Une telle pensée est déraisonnable ; ce n'est pas considérer quelle est la vertu de la patience, ni par qui elle doit être
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couronnée : c'est plutôt s'arrêter â la personne qui offense, et â Tinjure qui est faite.
5. Celui-là n est pas vraiment patient, qui ne Teut souffrir qu'autant qu'il lui plaît , et de qui il lui platt.
Le véritable patient ne prend point garde par qui il est exercé; si c est un supérieur , un égal ou un inférieur; si c'est un homme de bien et un saint , ou un homme méchant et méprisable : mais il reçoit indifféremment de tout le monde, avec reconnaissance, et comme venant de la main de Dieu, tout le mal qui lui arrive, en quelque manière et autant de fois que ce soit; et il le compte pour im très -grand avantage.
Car les plus petites choses ne sont jamais sans mérite devant Dieu , si elles sont souffertes pour lui.
4- Soyez donc toujours prêt au combat, si vous voulez remporter la victoire.
Vous ne pouvez sans combat acquérir la couronne de la patience. Si vous refusez de souffrir, vous refusez d'être couronné.
Combattez courageusement , si vous prétendez â cette couronne ; souffrez avec patience.
Ou n'arrive point au repos sans travail, et sans combat on ne gagne point de victoire.