Que les autres cherchent au lieu de
vous tout ce qu'il leur plaira ; rien ne me
^ plaît et ne me plaira que vous , ô mon
^66 I.IW1TAT10H DE J.-C*
Dieu! mon espérance et mon bonheur
éternel.
Je ne me tairai point, et ne cesserai point de crier, jusqu'à ce que votre grâce revienne, et que vous parliez à mon âme.
6. J.-C. Me voici , je viens à vous , parce que vous m'avez invoqué. Vos larmes, vos désirs , votre humiliation , et la contrition de votre cœur, m'ont fléchi et m'ont ramené à vous.
H. Le Ch. Et j'ai dit : Seigneur , je vous ai appelé, j'ai désiré de vous posséder, étant prêt à tout mépriser pour vous. Car c'est vous qui m'avez excité le premier à vous chercher.
Soyez donc béni , Seigneur , d avoir traité si favorablement votre serviteur, selon la multitude de vos miséricordes.
Qu'est-ce que votre serviteur a de plus à vous dire? Il ne lui reste que de s'humilier profondément en votre présence , dans U vue continuelle de son iniquité et
de sa bassesse.
Car il n'y a rien de semblable à vous dans toutes les merveilles du ciel et de la terre.
Vos ouvrages sont souverainement bons, vosjugemens sont véritables, et voira Providence conduit toutes choses.
(Ps. 18, 10. Sap. i4-3. ) ^ ^
Soyez donc loué et glorifié , o Sagesse du Père ! que ma bouche et mon âme voBS louent et vous bénissent , conjoîur Jement avec toutes les créatures.
I^ITRB in. CHAP^ XXI. 207
PRATIQUE
Iii faut préférer Dieu à tout ce qui est et qui n'est
ris ce qu'iiesti c'est-à-dire, dansla pratique, s'appliquer se quitter soi-même, à se renoncer en tout, à mourir à toute satisfaction propre , à se refuser cent plaisirs permis , pour se punir de s'être permis des plaisirs criminels; se céder, se laisser et s'immoler à Dieu; s'élever au-dessus de tout ce qui est créé^ pour tendre vers Dieu , et se perdre en lui ; porter toujours un état d'adoration intérieure et souveraine pour Dieu, à qui tout doit céder en nous; l'établir par nos actions, et par le sacrifice de tout ce qui nous plaît, le maître absolu et le Dieu de nos cœurs. Etre possédé de l'amour de Dieu, jusqu'à ne plus goûter que lui , c'est le paradis de la terre, et comme un avant- goût de l'éternité; mais , pour y arriver, il faut se débarrasser des amusemens de l'esprit qui le dissipent et le retirent de Dieu , et des attaches du cœur qui le lient à la créature ; afin que l'âme, libre d'elle-même, et affranchie de la servitude de ses passions"^ prenant, oora^ffle dit le Prophète royal, des ailes de colombe, s'<élève vers Dieu-, et repose en lui seul.
Comment est-ce, ô mon Dieu! mon souverain bien et mon unique consolateur! que j'ose m' élever vers vous» vous attirer à moi, et me tenir fortement uni à VOUS; moi qui suis rempli, pénétré et accablé de tant de misères, d'inclinations déréglées pour le mal , et de répugnances continuelles au bien; moî qui me sens k tous lùomens tomber de vous en moi , et de moi dans mfes passions; moi enfin qui trouve en moi-même tant d'obstacles pour m'atlacner en vous, et comme un mur de séparation entre vous et moi? Mais ce qui m'est impossible vous est facile, Seigneur. Je compte sur votre puissance et sur votre bonté. Vous savez l'état oii je suis , vous pouvez m'aider, si vous le voulez. Je gémis incessamment sous le poids de mes misères; je m'adresse à vous, pour en être délivré par votre miséricorde; je ne puis être content ni heureux que par vous et en vous. Venez donc, ô mon Dieu! venez 'consoler et soutenir un cœur qui ne respire que vous, et qui ne veut vivre que de son Dieu, et pour son Dieu.
Je languis et je brûle dû désir de vous posséder sans craindre de vous perdre jamais. Ne me rebutez pas, 6 Dieu infiniment aimable! car je ne puis plus vivre éloigné et séparé un seul moment de vous. Ainsi spit-il.