LIVRE III. CHAP. V
à ses épreuves ? I vaut mieux les | sentir que de les dire, et il est plus parfait de les pratiquer que de les sentir. Que ne fait pas l'amour dé Dieu quand il est vif, solide et constant dans une âme éprise des beautés et des bontés de son Dieu, et possédée de l'ardeur de sa charité sainte’! Elle n'est plus à elle, mais à celui qu'elle aime plus qu’ellé même ; elle cherche, elle trouve, elle voit
partout son Dieu. En un mot, une âme qui aime son Dieu ne vit plus, mais c'est Dieu qui vit en elle.
Se peut-il, Seigneur, que nous ayons si peu d'amour pour vous, qui êtes infiniment aimable, et qui nous'aimez infiniment ? Ranimez dans nos cœurs ce feu de la charité'sainte que vous avez
apporté du ciel sur laterre, ô mon Sauveur! et dont vous voulez qu'ils brülent. Conservez en nous cet amour habituel pour vous qui est la grâce sanctifiante ; inspirez-nous cet amour actuel dont toutes nos actions soient animées. Donneznous cet amour perpétuel qui, nous faisant vivre pour vous et par vous, nous procure le bonheur de mourir dans l’exercice de vo-
tre amour pour le continuer dans l'éternité bienheureuse. Ainsi
Rare