LIVRE III. CHAP. VI
en d'autres contraires. Pensez, | dans le temps que vous possédez | la grâce; combien vous êtes pauvre et misérable quand vous ne | l'avez plus. sit sie de out L'avancement dansila vie spiri- | tuelle ne consiste pas seulement à avoir la grâce de la consolation divine, mais d'en. souffrir da privation avec:humilité, avec abnégation de vousiméme et avec. patience :'en.sorte qu'alors vous ne vous relâchiez point dans la pratique de la prière, et que vous ne quittiez pas tout.à fait vos autres exercices : accoutumés, mais, que vous: fassiez de bouiéœur,selon vos lmmières, .et le.mieux qu'il.vous sera: possible, : ce: qui dépend de ‘ous,-et que-vous ne vous néglisiez point entiènemänt à cause de la sécheresse et despeines d'esprit que' vous sentez. :
2, Car il y en a plusieurs qui se laissent aller à l’impatience et à la paresse dès que les choses ne réussissent pas à leur gré. Mais B l'homme n’est pas toujours le mai- & tre de sa voie. (JÉR. x, 23.) C’est à E Dieu à donner sa grâceetses consolations quand ïl veut, autant qu'il veut, à qui il veut, comme il veut, et rien de plus.
Quelques-uns, faute de précautions, se sont perdus par la grâce même de ladévotion, parce qu'ils ont-voulu faire plus qu'ils ne pouvaien’, ne considérant point la portée de leur peu de force, et suivant plus le zèle de leurcœur que lés règles de la raison. Et parce que leur présomption lesaemportés à de plus grandes chosesqu'il ne plaisait à Dieu, ils ont bientôt perdu la grâce. Ces gens, qui avaient établi leur demeure dans