LIVRE III. CHAP. XII
présents de cette vie. Pensez-vous que les gens du siècle n'aient rien ou que peu de chose à souffrir?
C'est ce que vous ne trouverez pas même parmi ceux qui vivent le plus délicieusement.
3. Mais ils ont, dites-vous,plusieurs plaisirs, et ils suivent leur volonté propre, ce qui fait qu'ils sentent peu leurs traverses.
4. Eh bien! soit; je veux qu'ils aient tout ce qu'ils désirent. Mais combien croyez-vous que cela durera ? Bientôt ces riches du monde passeront comme une fumée, et il ne leur restera aucun souvenir de leurs plaisirs passés. Et, dès cette vie même, le repos qu'ils prennent n'est pas sans amertume, sans ennui et sans crainte.
Car les choses mêmes qui font leur joie,leur causent souvent de la peine et de la douleur.
320 IMITATION DE JÉSUS-CHRIST C'est ce qui leur arrive avec justice, afin qu'ayant recherché et suivi leurs plaisirs contre l'ordre, ils n’en jouissent pas sans amertume et sans confusion.
Oh! que tous ces plaisirs sont courts. Qu'ils sont faux, déréglés et honteux! Cependantleurivresse et leur aveuglement les empéchent d’en rien voir. Comme des bêtes stupides, ils hasardent la perte de l’âme pour quelque léger plaisir de cette misérable vie.
Pour vous donc, mon fils, ne suivez point vos désirs déréglés, et renoncez à votre volonté. Mettez votre joie dans le Seigneur,et il vous donnera ce que votre cœur souhaite.
(Ecczr. xvr, 30. PSALM. XXXVI, 4.) 5. En effet, si vous voulez goüter une véritable joie et ressentir plus pleinement mes consolations, c’est dans le mépris de tou-