Le FIbèLe. — Que ferai-je donc
3. Jésus-Curisr. — Veillez en toutes choses sur vous-même, pour connaître ce que vous devez faire ou dire, et que votre intention ait pour but de ne plaire qu'à moi seul, et de ne désirer et ne chercher rien hors de moi.
Vous ne devez encore jamais ni juger témerairement des paroles ou des actions des autres, ni vous méler des choses dont vous n'êtes point chargé. Par là il se pourra
faire que vous serez peu ou rarement troublé, car il n’appartient pas à la vie présente de ne jamais sentir aucun trouble, et de ne souffrir aucune peine d'esprit ou de corps; c’est l’état du repos éternel. Ne croyez donc pas avoir trouvé la paix quand vous n'éprouvez rien qui vous fasse peine, ni que tout va bien pour vous lorsque vous n’avez personne qui vous traverse, ni que ce soit une marque de perfection en vous que tout réussisse à votre gré.
Ne vous imaginez pas non plus être quelque chose de grand, ni être spécialement favorisé, lorsque vous sentez en vous une grande dévotion et de grandes douceurs spirituelles : car ce n'est pas à ces signes que se reconnaît le véritable ami de la vertu, et ce n’est point en cela que consiste le