LIVRE III. CHAP. XXX
Pêrem'a aimé. (Jo: x. xv, 9.) Aussi les ai-je envoyés, non pour jouir des joies temporelles, mais pour soutenir de grands combats ; non pour posséder des honneurs, mais pour souffrir des mépris ; non pour l’oisiveté, mais pour le travail ; non pour goûter du repos, mais pour porter des fruits abondants dans la patience. (Luc. vin, 13. Joan. XV, 16.) Souvenez-Vous,
mon fils, de ces paroles.
PRATIQUE
Je suis, dit Dieu par un prophète, le Seigneur qui fortifie les âmes au jour de l'affliction, et c'est moi qui tire du péril ceux qui espèrent en moi. Que ces paroles sont capables de consoler, de soutenir et de rassurer une âme dans lestentationset dans les adversités, pourvu qu'elle demeu-
re fidèle et constante à ce que Dieu veut d'elle ! et c'est ce que l'Ecriture appelle attendre et soutenir le Seigneur.
Non, Seigneur, je ne croirai pas tout perdu quand j'aurai perdu le sentiment et le goût de votre présence ; mais, au contraire, je croirai tout gagné quand mon âme, flétrie d'amertume et comme accablée d’ennui, sera soumise à votre bon plaisir, et qu'elle ne subsistera qu’en vous, en vous disant avec le Prophète : Je vous remets toute ma force, parce que mon âme est entre vos mains, et que votre miséricorde soutient et anime mon cœur à profiter du sentiment de mes misères. Ne m’abandonnez pas, Ô mon Dieu.
au dérèglement de mes passions;