‹ Imitation de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 225 sur 417 · LIV · texte numérisé non relu

LIV

Qu’y a-t-il de plus paisible que

l'œil simple ? (Marru. vi, 22.) Et quoi de plus libre que celui qui ne désire rien sur la terre ? Il faut donc s'élever au-dessus de tout ce qui est créé, se quitter parfaitement soi-même, et dans cet état d’élévation, comprendre que vous, quiêtes le Créateur de toutes choses, n'êtes en rien semblable aux créatures. Et si l’on n’est parfaitement dégagé de toutes les choses créées, on ne pourra s'appliquer librement aux choses divines.

C'est pour celaqu'il s’en trouvesi peu qui s’adonnent à la contemplation parce qu'il y en a peu qui sachent se détacher entièrement des créatures et des choses périssables.

9. Pour en venir là, il faut une grande grâce qui élève l'âme, et qui la transporte au-dessus d’ellemême. Et si un homme n'est

LIVRE II. CHAP. XXXI 427 élevé en esprit, s’il n'est dégagé de toutes les créatures et uni tout à Dieu, tout ce qu'il fait e ‘out | ce qu'il a est peu considérable.

Celui-là sera longtemps petit et rampant, qui estime comme grand quelque chose hors le seul et unique bien, le bien immense et éternel : car tout ce qui n'est point Dieu n’est rien, et ne doit être compté pour rien.

La différence est grande entre la sagesse d’un homme éclairé et dévot, et le savoir d’un homme d'étude et de lettres. La science à qui vient d’en haut par l'influence de la grâce est bien plus noble que celle qui s'acquiert par le travail de l'esprit humain.

3. Il s'en trouve plusieurs qui voudraient s'appliquer à la vontemplation, mais ils ne s'appliquent pas à pratiquer ce qu'il

faut pour y parvenir. Un grand obstacle à cela, c’est qu'on s’arréte à des pratiques extérieures et à des choses sensibles, et qu'on s'adonne peu à une parfaite mortification.

Je ne sais ce que c'est, quel esprit nous conduit, et ce que nous prétendons, nous qui passions pour spirituels, de prendre tant de peines et de soins pour des choses viles et passagères, et de penser si peu à régler notre intérieur ét à tenir nos sens dans un parfait recueillement.

4. Chose déplorable ! après une légèré récollection, nous nous répandons aussitôt au dehors, sans peser nos actions par un examen sévère. Nous ne prenons point garde à la bassesse de nos affections, et nous ne déplorons point la corruption totale de no-

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