LIVRE III. CHAP. XXXIV
quille ; vous y portez une grande paix et une joie sensible. Vous apprenez à juger sainement de tout, et à vous louer en toutes choses. Sans vous rien ne peut plaire longtemps; mais pour y trouver de l'agrément et du goût, il faut que votre grâce S'y mêle, et que le sel de votre sagesse l’assaisonne.
2. Quel dégoût peut trouver celui qui vous goûte? et que peutil y avoir d’agréable à celui qui ne vous goûte pas? Mais les sages du monde et les voluptueux se confondent à la vue de votre sagesse,parce qu'il n'y à que vanité dans les uns, et que les autres se donnent la mort.
Ceux, au contraire, qui vous suivent en méprisant les choses du monde et en mortifiant leur chair, sont reconnus pour vrai-
ment sages, parce qu'ils passent de la vanité à la vérité, et de la chair à l'esprit. Ces personnes-là goûtent Dieu, et si elles trouvent quelque chose de bon dans les créatures, elles le rapportent à la gloire du Créateur.
Il y a cependant une grande,et très grande différence, entre goûter le Créateur ou la créature, l'éternité ou le temps, la lumière incréée ou la lumière qui a été faite.
3. O lumière éternelle, qui surpassez toutes les lumières créées, dardez vos rayons du haut du ciel, et qu'ils pénètrent dans le fond de mon cœur. Purifiez,réjouissez et vivifiez mon âme et toutes ses puissances, afin qu’elle s'attache à vous par des transports de joie.
Oh! quand viendra ce moment