LIVRE III. CHAP. XXXVII
quittez-vous vous-même, et vous me trouverez. Demeurez sans choix et-sans propriété d'aucune chose, et vous gagnerez toujours beaucoup. Car, dès que vous vous serez résignésans vous reprendre, ma grâce vous sera donnée avec plus d'abondanee.
2. Le Finèze. — Seigneur,combien de fois m'abandonnerai-je, et en quoi me quitterai-je moimême ?
3. Jésus-Curisr. — Toujours, à toute aure, dans les petites choses comme dans les grandes. Je n'excepte rien je veux en toutes choses vous trouver dégagé de tout. Autrement comment pourrez-vous étre à moi,et moi à vous, si: vous n'êtes, au dedans et au dehors,dépouillé de toute volonté propre?
Plus tôt vous serez dans ces
dispositions, plus tôt vous vous en trouverez bien, et plus ‘votre re- ,.oncement sera parfait el-sincère, plus vous me serez agréable, et plus vous y gagnerez.
4. Il y en a qui se donnent à moi, mais c'est avec quelque réserve ; car, comme ils ne se confient pas pleinement en Dieu, ils nè perdent point de vue ce qui les regerde:, Il y en a d'autres qui s'offrent d'abord entièrement à moi ; mais, pressés ensuite par la tentation, ils retournent vers eux-mêmes,ce qui fait qu'ils n'avantent pas dans la vertu.
Ceux-là n'acquerront point la véritable liberté d'un cœur pur, et ne parviendront pas à la grâce de goûter les douceurs de ma familiarité, qu'auparavant ils ne soient tout à fait résignés,et qu'ils ne s'immolent eux-mêmes chaque