LIVRE III. CHAP. XLIX
ou un égal, vous demande ou témoigne souhaiter de vous quelque chose, vous preniez tout en bonne part, et que vous vous appliquiez à l'accomplir avec une sincère volont.
Que l'un cherche une chose, et que l'autre en veuille une autre, que l’unse gloritie de ceci, et l'autre de cela, et qu'ils en reçoivent mille et mille louanges :
pour vous, ne vous réjouissez en aucune de ces choses, mais dans le mépris de vous-même, dans l'accomplissement de ma seule volonté et dans ma gloire. Ce que vous devez désirer, c’est que Dieu soit glorifié en vous, soit par votre vie,soit par votremort.(PuiLrp.1,20.)
PRATIQUE
On se lasse de souffrir les épreuves de Dieu, et l'on voudrait 34 711
recevoir de lui des consolations perpétuelles ; mais les consolations ne sont données que pour soutenir les épreuves, et les douceurs de la consolation sont des forces que Dieu nous donne pour soutenir ses rigueurs apparentes et ses bontés véritables, qui consistent à ne nous pas épargner les peines du temps, pour nous épargner celles de l'éternité. Ne croyez donc pas être rejeté de Dieu lorsque vous ne sentez que du dégoût à le servir ; mais faites pour lui plaire avec fidélité ce que vous feriez si vous trouviez du goût à son service. Humiliez-vous alors en vous jugeant indigne de toute consolation, et servez le Seigneur, qui prend plaisir à vous voir le servir sans plaisir, et vaincre vos répugnances au bien et vos inclinations au mal par un