LIVRE III. CHAP. LIV
se conformer au Fils de Dieu par la nature des vertus.
15. La nature se plaint bientôt de ce qui lui manque et de ce qui lui fait peine. La grâce supporte <onstamment la pauvreté.
16. La nature rapporte tout à elle-même ; c’est pour elle qu’elle combat et qu'elle dispute. La grâce, au contraire, ramène à Dieu toutes choses, comme à la source d'où elles découlent. Elle ne s’attribue aucun bien ; elle ne présumede rien avec orgueil; elle ne conteste point, et ne préfère point son avis à celui des autres; mais elle soumet tous ses sentiments et toutes ses lumières à la sagesse éternelle et au jugement de Dieu.
17. La nature souhaite de savoir des secrets et d'entendre des
| nouvelles ; elle aime à paraitre
au dehors, et à éprouver quelque chose par les sens ; elle cherche à se faireconnaitre et à faire cequi attiredes louanges et de l'admiration.
Mais la grâce ne se met point en peine d'apprendre des choses nouvelles et curieuses, parce que tout cela vient de la corruption du vieil homme, n’y ayant rien de nouveau ni de stable sur la terre. Elle enseigne donc à réprimer les sens, à éviter la vaine complaisance et l'ostentation, à cacher avec humilité tout ce qui est louable et qui mérite d’être admiré, -et à rechercher en toutes choseset dans toutes les sciences l'utilité qui en peut revenir, et la seule gloire de Dieu. Elle ne veut point que l’on parle avantageusement d'elle, ni de ce qui la touche ; mais elle souhaite que Dieu soit béni dans ses dons,
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Joint
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renir, À
Ile ne avanre qui [e que dons,
LIVRE III. CHAP. LIV 563 comme celui qui les répand tous par une pure charité.
18. Cette grâce est une lumiere surnaturelle et un don spécial de Dieu. Elleest proprement le sceau des élus et le gage du salut éternel, c'est elle qui élève l’homme des choses de la terre à l'amour des choses du ciel, et qui, de charnel qu'il était, le rend spirituel. Plus donc la nature est mortifiée et assujettie, plus la grâce se répand avec abondance, et ses nouvelles visites réforment tous les jours de plus en plus l'homme intérieur selon l'image de Dieu.
PRATIQUE
Qu'est-ce que se reposer en Dieu comme en sa dernière fin ?
C'est ne désirer, ne chercher et n'aimer que lui; c’est tout faire et tout souffrir pour lui; c’est
acquiescer en tout à son bon plaisir ; c'est ne vouloir que ce qu'il veut ; c'est ne s'égarer et ne se détourner jamais de la voie deson bon plaisir; c'est enfin mettreson bonheur et son repos à le contenter, sans chercher à être content de soi-même. Mais cette conduite est contraire à la nature, et la grâce seule peut en venir à bout.
PRIÈREF
Il est temps, Seigneur, que je me livre à votre miséricorde pour obtenir le pardon de mes péchés.
et à votre amour pour en suivre toutes les impressions. Soutenezmoi, Ô mon Jésus ; fortifiez-moi par votre grâce contre les recherches de la nature et de l'amourpropre ; car il m'est impossible de moi-même de combattre et de vaincre les mouvements d’une
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