LIVRE III. CHAP. LVIII
8. Ils sont parfaitement contents : et ils le seraient des hommes si les hommes savaient se contenter et réprimer la licence de leurs vains discours.
Les Saints ne se glorifient point de leurs propres mérites, parce qu'ils ne s’attribuent aucun bien, mais qu'ils le rapportent tout à moi, comme leur ayant tout donné par ma charité infinie. Ils sont remplis d’un si grand amour pour ma divinité, et d'une telle suraboudance de joie, que rien ne manque et ne peut manquer à leur gloire et à leur félicité.
Plus les saints sont élevés en gloire, plus ils sont humbles en eux-mêmes ; ce qui les approche de moi de plus près, et me les rend plus chers.
C’est pourquoi vous voyez qu'il est écrit qu'ils jetaient leurs cou-
ronnes devant Dieu et tombaient sur leur face au pied de l'agneau, etqu'ils adoraient Celui qui vit dans les siècles des siècles. (APoc. 1v, 10 et v, 14.)
9. Plusieurs demandent : Qui est le plus grand dans le royaume des cieux (Marru. xvIN, 1.) ? lesquels ignorent s'ils seront dignes d'avoir place parmi les plus petits.
C'estquelque chose de grand que d'être le plus petit dans leciel, où tous sont grands, parce que tous y seront appelés et seront, en effet, les enfants de Dieu. Le plus petit sera élevé sur mille, et le pécheur de cent ans mourra. (Is. Lx, 22, et LXV, 20.) Car mes disciples, demandant quel était le plus grand dans le royaume des cieux, voici la réponse qu'ils eurent : St vous ne vous convertissez et ne devenez
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