‹ Imitation de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 332 sur 417 · LIVRE IV. CHAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. II

un présent si magnifique et une consolation si singulière. Car toutes les fois que vous renouvelez ce mystère, et que vous recevez le corps de Jésus-Christ, vous travaillez à l'œuvre de votre rédemption, et vous participez à tous ses mérites, parce que la charité de Jésus-Christ ne Ciminue jamais, et que la grandeur de sa miséricorde est inépuisable.

C'est pourquoi vous devez toujours vous y disposer par un renouvellement d'esprit. et considérer avec attention ee grand mystère du salut.

Lorsque vous célébrez. ou que vous entendez la messe, ce MYStère. doit être pour vous une chose aussi grande, aussi nouvelle et aussiagréable que siJ ésus-Christ, descendant pour la première fois ce jour-là même dans le sein de

la Vierge, se faisait homme, ou qu’attaché à la croix, il souffrit et mourût pour le salut des honmes.

Considérez, en approchant de la sainte communion, quelle est la grandeur et la majesté de Celui que vous allez recevoir, et quelle est la bassesse.et l'indignité d’une vile créature qui reçoit son Dieu.

Dites-lui, en vous humiliant en sa présence : Qui suis-je, Seigneur, pour oser approcher de vous? et qui êtes-vous vous-même, pour vous- abaisser jusqu'à venir à moi? Si je considère d'une part l'excellence de votre sainteté et de votre pureté, et de l'autre la corruption et les- dérèglements de .on âme, je reconnais devant vous que je suis tout à faitindigne

de vous recevoir, et que jé ne puis

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art 1 de COr- - de vaut gne puis

LIVRE IV. CHAP. Il 629 sans témérité vous faire entrer dans mon cœur. Mais parce que

je regarde l'excès de votre bonté,

et le besoin que j'ai de vous pour ma sanctification.et pour mon salut, je m'approcherai de vous, Ô mén Sauveur,avec une sainte confiance, sachant ce que vous avez dit dans l'Evangile,que ceux qui sont maladesont plus besoin de médecin que ceux quise portent bien,et que vous venez à nous pour chercher et pour sauver ceux qui #'étaient, éloignés de vous, et qui étaient en danger de se perdre.

Ne dites point, âmes chrétiennes, que vous n'osez souvent approcher d’un Dieu si grand et si redoutable. Vous enétesindignes, il est vrai, et vous ne cesserez point de l'être, si vousnetâchez de ne l'être pas par une continuelle attention sur vous-mêmes. Mais

go IMITATION DE JÉSUS-CHRIST

ce n’est point un poison, dit saint Augustin, que Ce pain des Anges ; c'est une nourriture faite à vos usages et nécessaire au salut de votre âme. Recevez-la souvent, et nourrissez-en votre CŒUF ; mais que cette chair céleste n'ait point chez vous l'effet des mets exquis de la terre, auxquels on s'aceoutume: et dont on perd le goût par l'habitude. Les dispositions saintes où vous devez être en recevant ceDieu ‘saint doivent croître en vous à mesure que vous approchez de sa-table. El ne vous appartient pas de connaître ce progrès; mais il est toujours progrès quand nous nous efforçons de plusen plus à devenir plus saints par la voie de l'attention et de l'humilité. |

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