LIVRE IV. CHAP. XII
qui nous retire ou qui nous préserve des égarements dangereux au salut de nos âmes, éclairez nos esprits des vérités que nous y lisons, et touchez nos cœurs du désir efficace de les pratiquer.
Faites qu'elles nous servent de consolation dans nos peines, de soutien dans nos accablements, et de règle dans'‘toute notre conduite. Ainsi soit-il.
CHAPITRE XII Que celui qui veut recevoir Jésus-Christ doit s’y préparer avec grand soin.
1. Jésus-Cnrisr. — Je suis l'ami de la pureté, je suis celui qui donne toute la sainteté, Le cherche un cœur pur, et j'en fais le lieu de mon repos. Préparez-moi une grande; salle meublée, et je ferai chez vous lai Pâque avec mes disci-
ples. (Marc. x1v, 15. Luc. xx11, 42.) 45 711
Si vous voulez que je vienne à vous, et que j'y demeure, purifiezvous du vieux levain, (E Con. v, 7.) et nettoyez la maison de votre cœur. Bannissez-en tout le siècle et tout le tumulte des vices.
Soyez-y comme un passereau solitaire sur un toit, et pensez aux excès de votre viedans l'amertume de votre âme. (Ps. ci, 8 ; XXXVIH, 15.) Car celui qui aime, prépare le lieu le meilleur et le plus beau à l'ami dont il est aimé, parce que c'est en cela que se fait connaître l'affection avec laquelleon reçoit celui que l’on aime.
2. Sachez toutéfois que vous ne pouvez vous acquitter de cette préparation par le mérite de vos œuvres,quand vous yemploieriez une année entière, et que vous n’auriez autre chosedans l'esprit.
Mais c’est par ma seule bonté et
par mis ble; invi n'a ; son prof cier.
faite par mai:
et'a Seig veni et q proc vous moi grâce en x
LIVRE IV. CHAP. XII 108 par ma grâce quil vous est permis de vous approcher de ma table; comme un pauvre qui serait invité à la table d'un ricae,et qui n'a autre chos à lui rendre pour son bienfait que de s’humilier profondément, et de l'en remercier.
Faites ce qui est en vous, et faites-le avec soin : recevez non par coutume ni par contrainte, mais avec crainte, avec respect et avec amour, le corps de votre Seigneur bien-aimé, qui daigne venir à vous.
C'est moi qui vous ai invité, et qui vous ai commandé d’approcher. Je suppléerai à ce qui vous manque. Venez et recevezmoi.
5. Quand je vous accorde la grâce de la dévotion, remerciezen votre Dieu, non parce quevous
en êtes digne, mais parce que j ai eu pitié de vous. Si vous n'avez pas cette dévotion, mais qu'au contraire vous vous sentiez dans la sécheresse, persévérez dans la prière, gémissez, frappez à la porte et ne éessez point jusqu à ce que vous méritiez de recevoir une miette ou une goutte decette grâce salutaire.
Vous avez besoin de moi, et je n'ai pas besoin de vous. Vous ne venez pas à moi pour me santtifier; mais c'est moi qui viens à vous pour vous sanctifier et vous réndre meilleur.
Vous y venez pour recevoir de moi votre sanctification et pour être uni: à moi, afin de recevoir une nouvelle grâce et de brüler d'un: nouveau zèle pour vôtre amendement. 5
Gardez-vous : de négliger: cette
gräc avec et fa seul tion faut l'avo moi doit qui vigil unet
rieui bien
LIVRE IV. CHAP. XII 105 grâce; Mais préparez votre cœur avec toute la diligence possible, et faites-v entrer vot“ebien-aimé.
4. Au reste vous ne devez pas seulement vous exciter à la dévotion avant la communion, mais il faut encore vous y maintenir après l'avoir reçue ; et vous n'êtes pas moins obligé à la vigilance qui la doit suivre qu'à -la préparation qui la précède. Car cette exacte vigilance qui la suit sera encore unemerveillensepréparation pour obtenir une plus grande grâce.
En effet, celui qui se répand aussitôt en des consolations extérieures se met par ià dans une bien, mauvaise disposition. Abstenez-vous.de parler beaucoup, demeurez dans le secret, et jouissez de votre Dieu; car vous possédez Celui que le mondeentier ne peut vous enlever. Je suis Celui à qui
vous devez vous donner sans réserve; en sorte que, désormais dégagé de tous soins, vous viviez, non plus en vous, mais en moi,
PRATIQUE Comment il faut se nourrir du corps et du sang de Jésus-Christ.
Comme la sainte Eucharistie est un ‘sacrement qui nous fait trouver le ciel sur laterre,et Dieu mêmeen nous,etque c'estlegrand prodige de l’amouti de Dieu envers les hommes, ainsi, pour en profiter, il faut en approcher avec une foi vive, une ferme espérance et un ardent amour pour Jésus Christ. Mais il fauten mêmetemps espérer qu'il suppléera en nous au défaut du sentiment deces trois vertus, en nous les imprimant lorsque nous communierons SOuvent, et que nous tâcherons de le bien faire.