‹ Imitation de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 64 sur 417 · LIVRE I. CHAP. XXII · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAP. XXII

les biens du ciel, et vous verrez que tous les biens de la terre ne sont rien, qu'ils sont au moins fort incertains et bien à charge, puisqu'on ne les possède jamais sans inquiétude et sans crainte.

Le bonheur de l'homme ne consiste pas à avoir des biens temporels en abondance; i suffit d’en avoir médiocrement. C'est donc une véritable misère que de vivre sur la terre. Et plus un homme veut vivre selon l'esprit, plus la vie présente lui devient amère, parce qu'il ressent mieux et qu'il voit plus clairement les défauts de cet état de corruption: car manger, boire, veiller, dormir,se reposer, travailler, et se voir sujet aux autres nécessités de la nature.,est certainement une grande misère et une vraie affliction pour un homme pieux, qui vou-

drait bien ne dépendre en rien | de la chair et être libre de la ser- | vitude du péché.

5. En effet, ces nécessités du Corps sont bien à charge à l’homme intérieur qui viten ce monde.

C'est pourquoi le Prophète demandaït à Dieu avecinstance d'en être dégagé, lorsqu'il lui disait:

Seigneur, délivrez-moi de mes nécessités. (Psaum. xxIV, 17.) Mais malheur à ceux quine connaissent pas leur misère! Malheur encore plus à ceux qui aiment cette vie misérable et corruptible ! car il s'en trouve dont l’attachement est si grand pour cette vie, que, bien * qu'ils aient à peine le nécessaire par le moyen de leur travail ou des aumônes, s'ils pouvaient toujours vivre en. ce monde, ils ne se mettraient point en peine du royaume de Dieu.

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