LIVRE I. CHAP. XXUI 137 n'avez point ici-bas de demeure
{ stable. C'est au ciel qu'il faut tous
s 4 les jours adresser vos larmes, afin
qu'après cette vie votre esprit puisse passer heureusement au Seigneur.
PRATIQUE
Craindre la mort, sans éviter
le péché qui peut seul nous la
rendre funeste, c'est la craindre
{ inutilement pour sou salut; car,
pour la craindre en chrétien, il faut faire de la crainte de la mort la règle et le motif d'une bonne
À vie. Le grand secret de la prati-
que excellente pour bien mourir est de vivre toujours dans l'état où l’on voudrait être à l'heure de la mort, et où l’on souhaiterait que Dieu voulut lui-même nous trouver.
PR'ÈRE k
Etat certain,comme je le suis, 8 que je mourrai un jour, mais ne 4 Sachant ni l’heure ni l'état où je!
dois mourir, je vous prie, 6 mon Sauveur! par les mérites de votre sainte mort, de me disposer vous: |
même à bien mourir, par une #s
exacte fidélité à mes devoirs, à vos | grâces, à la prière, au bon et fré-!
quent usage des sacrements, aux | bonnes ‘œuvres et aux vertus pro-
pres de mon état ; car voilà ce qui fera ma consolation et mon assu-
rance à ma mort. O mon Jésus ! | il me sera toujours plus avanta-
geux de mourir pour ne vous ot-
fenser jamais, et pour vous voir,
vous aimer et vous posséder tou-
jours. Ainsi soit-il.