‹ Impressions d'un passant [microforme]Chapitre 15 sur 35 · AU PAYS DE ‘ PRIMEVERES · texte numérisé non relu

AU PAYS DE ‘ PRIMEVERES

A Panis.—Le parler de France.—Ches M. Fabre; au Crédit Lyonnais —A l'Exposition.—Dans les rues de Paris.—Ecole Saint-Joseph des Tuileries.

CE Aid Sudan LIÉE Laure Fins DA us À

Paris, le 12 mai.

Depuis quinze jours, j'ai parcouru le midi et l’ouest de la France, Quel beau pays et quel beau soleil! A mesure que le voyage se poursuivait vers le nord, et particulièrement en Touraine, je trouvais que les habitations des campagnes ressemblaient davantage à celles de nos cultivateurs canadiens. J y voyais jusqu’à nos grosses cheminées, Mon émotion aurait tourné en attendrissement, si j'avais aperçu, à la limite des pièces de terrain, les fortes clôtures de cèdre qui donnent un aspect si particulier aux champs cultivés de la vallée du Saint-Laurent.

À mesure aussi que nous moñtions vers le nord, le parler de France devenait plus net et plus pur. Je ne me lasse point d’entendre ce beau langage si précis, si clair et si correct: voilà la vraie langue française, Je dois dire Pourtant que les Français paraissent trouver un charme égal à la façon dont parlent les Canadiens. Je crois bien, en effet, que si nous pouvions arriver à nous soumettre aux lois de la grammaire, nous serions près de parler excellemment le français. Ici, même les jeunes enfants parlent plus correctement que la moyenne des gens instruits de chez nous.

PRE EN ad GR Er

UE DO TNT Te

se

Les Canadiens de passage à Paris ne uent pas- d'aller s'inser. e au Commissariat du Canada, Édosgen. accueillis avec la plus grande cordialité par l'honorable M. Fabre, Commissaire du Canada, et je pense qu’au fond ces procédés obligeants expliquent beaucoup l'empressement de nos compatriotes. Aussi bien, il y a plaisir à se retrouver, durant une demi-heure, à l'ombre du drapeau de son pays, I] n'y manqua même rien à mon bonheur, puisque, dans la salle de lecture du Commissariat, organisée à l'intention

Un autre endroit de Paris où l’on peut avoir aussi des nouvelles du Canada, c’est le bureau principal du Crédit Lyonnais: les principaux journaux de l'univers y sont à la disposition des clients de la maison. C'est ainsi que, : dans les splendides salons de cette

sur la banque. C'est beaucoup pius facile que d’avoir soi-même Je Crédit Lyonnais pour débiteur.

J'ai voulu faire encore davantage acte de bon Canadien. Et malgré les orages et la boue, j'ai tenté aujourd’hui de faire visite à la section canadienne du pavillon britannique, à l'Exposition, Mais j'en ai été Pour mes frais de navigation à travers les voies inondées. Car le palais de l’Empire britannique n’est pas plus

à l'intérieur, 11 semble qu’il faudra encore un mois pour que l’Exposition soit un peu complète. Un pareil état de choses est d’un ridicule parfait, C'est aussi un ennui considérable pour les étrangers qui, voyant que l’on ouvrait officiellemen ; l'Exposition le 14 avril, ne se doutaient pas qu'ils la trouveraient aux trois quarts fermée un mois après, Dans ma sympathie pour leur déconvenue, je leur conseille de faire, en attendant que l’Exposition soit prête, un petit tour en Suisse et en Allemagne. Voilà un conseil dont je vais tout le premier tirer profit.

Malgré tout, et bien que, de ce temps-ci, il pleuve tous les jours, cent mille personnes vont quotidiennement visiter l'Exposition. C’est qu'il y a déjà beaucoup à voir, Pour ne rien dire des installations qui sont terminées, il y a les palais des diverses nations dont on ne se lasse pas d’admirer la richesse de décoration, l’originalité d'architecture et la variété de conception. Quelque opinion que l’on ait de l'opportunité et de l’utilité de ces grandes foires industrielles et artistiques, il faut reconnaître que l'Exposition de 1900 sera belle à voir et intéressante à étudier.

Au reste, les étrangers qui sont venus trop tôt et qui n’ont pas le temps d'attendre l'ouverture réelle de l'Exposition, sont déjà

que je n’ai pas vues, je crois facilement que l’on a raison de dire que Paris est la plus belle ville du monde, Je demande qu'on n’exige pas que je le démontre; car le temps et l’espace me font également défaut.—New-York est justement fier de son Broadway. Eh! bien, tous les grands boulevards de Paris sont autant de Broad- Ways. Un Chicoutimien a beau avoir été préparé aux grandes choses par la fièvre industrielle et commerciale qui anime la ville qu'il habite, sa stupéfaction est grande quand il tombe, un beau jour, en plein Paris. Il va même, en très peu de temps, jusqu’à

ste és robin

nt ln ou

9 ere OR ee RE RE RARE RTS RE PERD doi den NE ie : et 6 ou ne PANNE PE ER LS rt cu it MTS

sédnbt tue

erreur

ÉREM sarté antenne) Durs num md,

na er que la chose la plus difficile qu'il y ait au monde, ce n'est Loan eemiocre des Boers, ni, pour un journal, de faire payer ses

ment voir en même temps e gauche et de droite Pour avoir quelque chance de succès en une ! sreille entrenrise,

Pour en finir avec cette étude philosophique sur les voies de Paris, je dirai que j'ai lu sur les journaux qu'il est désormais interdit, de par les règlements d'hygiène, de cracher dans les rues de Paris, Ilya déjà, en France, les tramways et les voitures de

de fer où existe semblable défense. Voilà qui est commode ! Il n’y a plus qu’à cracher en l'air, en attendant que les hygiénistes Provoquent aussi des régle: entations de ce côté.

Il y a encore, en fait de restriction de la liberté des gens, cette allure modérée que l’on impose à la marche des automobiles, Mais D je rsens pas beaucoup d'émotion de ce règlement de le polis de la ville. ir sans compter que je ne suis pas un automobile dans le sens ordinaire du mot, il y a longtemps que jai pour habitude de ne faire à l'heure qu’un nombre très modeste de kilomètres,

se

lettre, je racontais l’agréable visite que j'ai faite au Petit Séminaire de Nice. Aujourd’hui, j'ai le plaisir de

en classes commerciales et en cours classique, est située dans je plus beau quartier de Paris, tout près du grand jardin des Tuileries, qui sert même de cour de récréation à ses élèves. In.agines si j'y fus bien reçu! A la présentation de ma carte de visite, M. le Supérieur tira de sa poche le dernier numéro de l'Oiseau-Mouche. C'est dire que la connaissance fut vite faite, M, l'abbé Richard, qui vient justement de recevoir les palmes d'Officier d’Académie, est le fondateur de ce collège qu’il dirige avec beaucoup d’intelli. gence et de succès, puisque, au bout de cinq ans d'existence, la maison est déjà en pleine prospérité, et compte 180 élèves inscrits, Les élèves de l'Ecole, tous externes, portent un costume fort coquet,

J'ai parlé précédemment, il me semble, de la politesse des .. Que n’y aurait-il pas à dire de celle des Parisiens? Cela étant déjà bien connu, n’en disons rien, et partons pour le Bois de

Boulogne, ou pour le Jardin des Plantes, ou pour le sommet de la Tour Eiffel,

v {II N2VIGATION D'EAU DOUCE

Ex Suisss.— Nouvelle théorie ethnographique.-—Sur Je lac des Quatre-Cantons, —Le joli mois de mai.—Sur le inc de Genève.-—Un entomologiste de dix ans.—Le Rkin vs le Saguenay.—A CoLoaxs.

Cologne, 22 mai.

Lorsque les âges géologiques, j'entends ceux d'autrefois, eurent pris fin, il se trouva qu’il y avait en Europe un petit pays dont la surface toute bouleversée pouvait passer pour impropre à quoi que ce fût. Le globe terrestre, d’ailleurs, offrait partout d’assez beaux #Paces de terrain pour qu'on négligeât ce coin de terre diogracié,

Voilà les étranges théori par la tête durant la plus faut dire, l'atmosphère

voir le mont Blanc, Genève. J'allais compatriotes d Mais enfin Vu, le mont Blanc

que j'ai regardé avec élève. C'est bien déjà

Mon excursion touchait à sa fin, et j

Pour tout de bon, et a vite dissipé nuages et brouillards. J'en ai profité pour faire la traversée du merveilleux lac des Quatre-

Sous les chauds rayons du soleil, voguer à bord d’un vapeur élégamment aménagé, sur la surface polie d’un grand lac dont les

verdure, ce n’est Pas ici la rive modeste que l’on rencontre d’habitude au bord des lacs: ce sont, tout le temps, des pentes abruptes, Parsemées de jolis hameaux, qui se terminent par des amoncellements de montagnes de six, huit ou dix mille pieds de hauteur. Donnez à ces Montagnes les formes les plus capricieuses; de leurs

‘ = nt Tor mn PE TEE SE Paru PPT TRES DEF TRT ER RUN ET LRPe HRMÉLANE Ti ace

Paysages de Suisse, Les Anglo-Saxons, d'Europe et d'Amérique, n'ont donc pas si Mauvais goût de se plaire à ces spectacles gran-

En ce moment, on coupe les foins ; les Pommiers, les lilas, les marronniers ont revêtu leurs plus belles Parures; les jardins sont partout remplis de fleurs; et cependant la températu

dès que l’on quitte les rayons du soleil. Et

é et qu les bois.’ Ici, il n’y avait de feu qu’

qu'au bout de nos cigares, ce qui n’était ni périlleux ni inaccout i

TT vers PEN UT SLR tel PSE A à A

nation. J'y ai bien âgé de dix:

seul, muni d’un sa première chasse entomologique dans l’une des Campagnes des environs. Cela me rappelle que revenant,

Paris, j'avais Pour voisins sur le

même fait la rencontre d’un naturaliste, qui est

ans ! Ce ‘ confrère ”, un petit Genevois, s’en allait

Page 1