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Impressions de voyage

Sir Robert était mort sur le coup. On avait transporte Alcide Jollivet à Kussnach : j'étais revenu à Lucerne pour prévenir Catherine, et, certain que des soins meilleurs et plus cITl»cacesque les miens allaient entourer le blessé , je m'éloignai dans ma barque , que le vent poussait vers l'exti-cmité du lac opposée à celle

h IMPRESSIONS DE VOYAGE.

OÙ avait eu lieu le combat. Rien ne pouvait écarter de mon souvenir la scène terrible dont j'avais été témoin le matin ; partout où mes yeux se fixaient, je voyais des cercles sanglans. Francesco et moi gardions le silence, quand tout-à-coup un des bateliers dit à l'autre : — Ne t'avais-je pas dit qu'il lui arriverait malheur !...

— A qui cela ? dis-je en tressaillant.

— A l'Anglais, donc.

— Qui pouvait vous donner cette pensée?

— Ah ! voyez-vous, ça ne manque jamais , cela.

— Quoi?

— Quand on a vu Ponce - Pilate , voyezvous....

Je le regardai.

— Oui, oui, l'Anglais a voulu monter le vendredi sur la montagne, malgré tout ce qu'on a pu lui dire; car les Anglais, ce sont des messieurs qui ne croient à rien.

— Après?

— Et il a rencontré le maudit en habit de juge, car le vendredi est le jour qu'il s'est réservé.

- — Vous êtes fou, mon ami.

— Non, il n'est pas fou, dit sérieusement Francesco ; c'est vrai ce qu'il a dit , mais vous n'êtes pas forcé de le croire.

— Peut-être croirais-jc si je comprenais ; mais je ne comprends pas.

— Savez-vous comment on appelle cette grande montagne rouge et décharnée , qui a trois sommets, en souvenir des trois croix du Calvaire ?

— On l'appelle le Pilate.

— Et d'où l'appelle-t-on comme cela .^

— D'un mot latin, — Pileatus, — qui veut dire coiffé, parce qu'ayant toujours des nuages à sa cime, il a l'air d'avoir la tête couverte ; d'ailleurs , c'est bien prouvé par le proverbe que je vous ai entendu dire à vous-même ce

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malin , lorsque je vous ai demandé quel temps nous aurions.

Quand Pilate a mis son chapeau , Le temps sera serein et beau.

• — Vous n'y êtes pas, dit le batelier.

— Et d'où lui vient ce nom , alors ?

— De ce qu'il sert de tombe à celui qui condamna le Christ.

— A Ponce-Pilate ?

— Oui, oui.

— Allons donc, le père Brotier dit qu'il est enterré à Vienne , et Flavien qu'il a été jeté dans le Tibre.

— Tout cela est vrai.

— Il y a donc trois Ponce-Pilate, alors?

— Non, non, il n'y en a qu'un seul, — toujours le même, — seulement il voyage.

— Diable ! cela me semble assez curieux : et peut-on savoir cette histoire.''

— Ob ! pardieu ! ce n'est pas un mystère , et le dernier paysan vous la racontera.

— La savez-vons ?

— On m'a bercé avec; mais ces histoires-là, voyez-vous , c'est bon pour nou», qui sommes des imbéciles ; mais vous autres , vous n'y croyez pas.

— La preuve que j'y crois, c'est qu'il y aura cinq francs de trinkgeldt si vous me la racontez.

— Vrai ?

— Les voilà.

— Qu'est-ce que vous en faites donc , des histoires , que vous les payez ce prix-là ?

— Que vous importe?

— Oh ! au fait , ça ne me regarde pas. Pour lors, comme vous savez, le bourreau de Notrc- Seigneur , ayant été appelé de Jérusalem à Rome , par l'empereur Tibère —

— Non , je ne savais pas cela.

— Eh bien î je vous l'apprends. Donc, voyant qu'il allait être condamné à mort pour son crime , il se pendit aux barreaux de sa prison. De sorte que, lorsqu'on vint poiu* l'exécuter,

^ liMPRESSIOJXS DE VOYAGE.

on le trouva mort. Mécontent de voir sa besogne faite, le bourreau lui mit une pierre au cou, et jeta le cadavre dans le Tibre. Mais à peine y fut- il, que le Tibre cessa de couler vers la mer , et que , refluant à sa source , il couvrit les campagnes et inonda Rome. En même temps , des tempêtes affreuses vinrent éclater sur la ville , la pluie et la grêle battirent les maisons, la foudre tomba et tua un esclave qui portait la litière de l'empereur Auguste (1) ,, lequel eut une telle peur qu'il fit vœu de bâtir un temple à Jupiter-Tonnant. Si vous allez à Ptome, vous le verrez, il y est encore. Mais, comme ce vœu n'arrêtait pas le carillon , on consulta l'oracle : l'oracle répondit que, tant qu'on n'aurait pas repêcbé le corps de Ponce- Pilate , la désolation de l'abomination continuerait. Il n'y avait rien à dire. On convoqua les bateliers, et on les mit en réquisition ; mais

(1) J'espère qu'on nous croit assez instruit en liistoirc pour que ce ne soit pas nous qu'on accuse d'avoir lait tuer, sous Tibère, un esclave qui portait la litière d'Oclave.

pas un ne se souciait de plonger pour aller chercher le farceur qui faisait un pareil sahhat au fond de l'eau. Enfin on fut obligé d'offrir la vie à un condamné à mort , s'il réussissait dans l'entreprise. Le condamné accepta : on lui mit une corde autour du corps ; il plongea deux fois dans le Tibre, mais inutilement; à la troisième , voyant qu'il ne remontait pas , on tira la corde , alors il remonta à la surface de l'eau, tenant Ponce-Pilate par la barbe. Le plongeur était mort; mais, dans son agonie, ses doigts crispés n'avaient j)oiiit lâché le maudit. On sépara les deux cadavres l'un de l'autre; on enterra magnifiquement le condamné, et l'on décida qu'on emporterait l'ex-proconsul de Judée à Naples , et qu'on le jetterait dans le Vésuve. Ce qui fut dit fut fait; mais à peine le corps fut-il dans le cratère que toute la montagne mugit et que la terre trembla : des cendres jaillirent , des laves coulèrent; Naples fut renversée, Herculanum ensevelie et Pompcïa détruite. Enfin, comme on

se douta que tous ces bouleversemens venaient encore du fait de Ponce-Pilate, on proposa une grande récompense à celui qui le tirerait de sa nouvelle tombe. Un citoyen dévoué se présenta, et, un jour que la montagne était un peu plus calme, il prit congé de ses amis et partit pour tenter l'entreprise, défendant que personne le suivit, atîn de n'exposer que lui seul. La nuit qui suivit son départ, tout le monde veilla ; mais nul bruit ne se lit entendre : le ciel resta pur, et le soleil se leva magnifique; et, comme on ne l'avait pas vu depuis long-temps, alors on alla en procession sur la montagne, et l'on trouva le corps de Pilate au bord du cratère; mais de celui qui l'en avait tiré, jamais, au grand jamais on n'en entendit reparler.

Alors, comme on n'osait plus jeter Pilate dans le Tibre à cause des inondations , comme on ne pouvait le pousser dans le Vésuve à cause des trcmblemens de terre , on le mit

dans une barque que l'on conduisit hors du port de Naples, et qu'on abandonna au milieu de la mer , afin qu'il s'en allât, puisqu'il était si diflicile , choisir lui-même la sépulture qui lui conviendrait. Le vent venait de l'orient ; la barque marcha donc vers l'occident ; mais, après huit ou dix jours, il changea, et, comme il tourna au midi , la barque navigua vers le nord. Enfin elle entra dans le golfe de Lyon , trouva une des bouches du Rhône , remonta le fleuve jusqu'à ce que , rencontrant près de Vienne , en Dauphiné , l'arche d'un ancien pont cachée par l'eau, l'embarcation chavira.

Alors les mêmes prodiges recommencèrent; le Rhône s'émut, le fleuve se gonfla , et l'eau couvrit les terres basses ; la grêle coupa les maisons et les vignes des terres hautes, et le tonnerre tomba sur les habitations des hommes. Les Viennois , (jui ne savaient à fjuoi attribuer ce changement dans ratmosphère , bâtirent des temples, firent des pèlerinages,

s'adressèrent aux plus savaus devins de France et d'Italie; mais nul ne put dire la cause de tous les malheurs qui affligeaient la contrée. Enfin la désolation dura ainsi près de deux cents ans. Au bout de ce temps , on entendit dire que le Juif errant allait passer par la ville, et, comme c'était un homme fort savant, attendu que, ne pouvant mourir, il avait toute la science des temps passés , les bourgeois résolurent de guetter son passage et de le consulter sur les désastres dont ils ignoraient la cause. Or il est connu que le Juif errant est passé à Vienne...

— Ah ! pardieu ! dis-je , interrompant mon batelier, vous me tirez là une fameuse épine du pied ; certainement que le Juif errant est passé à Vienne.

— Ah ! voyez-vous ! dit mon homme tout radieux.

— Et la preuve, continuai-je, c'est qu'on a fait une complainte avec une gravure re-

présentant son vrai portrait , dans laquelle il y a ce couplet :

En passant par la ville De Vienne en Dauphiné, Des lioiirgeois fort dociles Voulurent lui parler.

— Oui , dit le batelier, on les voit dans le fond, le chapeau à la main...

— Eh bien! nous avons passé une nuit et un jour à chercher , Méry et moi , ce que les bourgeois de Vienne pouvaient avoir à dire au juif errant : c'est tout simple , ils avaient à lui demander ce que signifiaient le tonnerre , la pluie et la grêle...

— Justement.

— Ah bien ! mon ami , je vous suis bien reconnaissant ; voilà un fameux point historique éclairci ; allez, allez , allez.

— Donc ils prièrent le Juif errant de les débarrasser de cette peste; le Juif errant y consentit , les bourgeois le remercièrent et voulurent lui donner à diner; mais, comme

VOUS savez , il ne pouvait pas s'arrêter plus de cinq minutes au même endroit, et, comme il y en avait déjà quatre qu'il causait avec les bourgeois de Vienne, il descendit vers le Rhône , s'y jeta tout habillé , et reparut au bout d'un instant, portant Ponce-Pilate sur ses épaules; les bourgeois le suivirent quelque temps en le comblant de bénédictions. Mais , comme il marchait trop vite , ils l'abandonnèrent à deux lieues de la ville , en lui disant que, si jamais ses cinq sous venaient à lui manquer, ils lui en feraient la rente viagère. Le Juif errant les remercia , et continua son chemin , assez embarrassé de ce qu'il allait faire de son ancienne connaissance, Ponce- Pilate.

Il fit ainsi le tour du monde, tout en pensant où il pourrait le mettre et cela sans jamais trouver une place convenable; car partout il pouvait renouveler les malheurs qu'il avait déjà causés ; enfin , en traversant la montagne

que vous voyez , qui à cette époque s'apj^elait Fracmont (1 ) , il crut avoir trouvé son affaire : eu effet , presque à sa cime , au milieu d'un désert horrible et sur un lit de rochei's , s'étend un petit lac qui ne nourrit aucune ci'éature vivante, ses bords sont sans roseaux et ses rivages sans arbres. Le Juif errant monta sur le sommet de l'Esel, que vous voyez d'ici, le plus pointu des trois pics, et d'où l'on découvre, par le beau temps , la cathédrale de Strasbourg , et de là jeta Ponce-Pilate dans le lac.

A peine y fut-il , qu'on entendit à Lucerne un carillon auquel on n'était pas habitué. On eut dit que tous les lions d'Afrique, tous les ours de la Sibérie et tous les loups de la forêt Noire rugissaient dans la montagne. A com})ter de ce jour-là , les nuages , qui ordinairement passaient au-dessus de sa tète , s'y arrêtèrent ; ils arrivaient de tous les côtés du

(1) Mons fraclus.

ciel comme s'ils s'y étaient donné rendezvous; cela faisait, au reste, que toutes les tempêtes éclataient sur le Fracmont , et laissaient assez tranquille le reste du pays. De là vient le proverbe que vous disiez : — Quand Pilate a mais son chapeau , etc., etc.

— Oui ! oui ! c'est clair ; d'ailleurs ça ne léserait pas, que j'aime beaucoup mieux cette histoire-ci que l'autre.

— Oh ! mais c'est qu'elle est vraie l'histoire !

— IMais je vous dis que je la crois !

— C'est que vous avez l'air...

— Non, je n'ai pas l'air.

— A la bonne heure , parce qu'alors ce serait inutile de continuer.

— Un instant , un instant ; — je vous dis que j'y crois, parole d'iionneur ; allez , je vous écoute.

— Ça dura comme ça mille ans à peu prés ; Poncc-Pilate faisait toujours les cent dix-neuf

coups; mais, comme la montagne est à trois ou quatre lieues de la ville, il n'y avait pas grand inconvénient , et on le laissait faire. Seulement , toutes les fois qu'un paysan ou qu'une paysanne se hasardait dans la montagne sans être en état de grâce, c'était autant de flambé ; Ponce-Pilate leur mettait la main dessus , et bonsoir.

Enfin, un jour, c'était au commencement de la réforme, en 1525 ou 30, je ne sais plus bien l'année , un frère rose-croix. Espagnol de nation , qui venait de visiter la Terre-Sainte , et qui cherchait des aventures , entendit parler de Ponce-Pilatc , et vint à Luccrne avec l'intention de mettre le païen à la raison. Il demanda à l'Avoyer de lui laisser tenter l'entreprise ; et , comme la proposition était agréa- IjIc à tout le monde , on l'accepta avec reconnaissance. La veille du jour fixé pour Texpédjtion, le frère rose-croix comnuinia , passa

la nuit en prières , et, le premier vendredi du IV. 2

mois de mai 1 531 , je me le rappelle maintenant , il se mit en route pour la montagne , accompagné jusqu'à Stenibach , ce petit village, à notre droite, que nous venons de passer , par toute la ville ; quelques-uns , plus hardis, s'avancèrent même jusqu'à Nergiswil; mais là le chevalier fut abandonné de tout le monde, et continua sa route seul, ayant son épée pour toute arme.

A peine fut-il dans la montagne, qu'il trouva un torrent furieux qui lai barrait le chemin ; il le sonda avec une branche d'arbre ; mais il vit qu'il était trop profond pour être traversé à gué : il chercha de tous côtés un passage, et n'en put trouver ; enfin , se confiant à Dieu , il fit sa prière , résolu de le franchir, quelque chose qui put arriver , et , lorsque sa prière fut finie , il releva la tête et reporta les yeux sur l'obstacle qui l'avait arrêté. Un pont magnifique était jeté d'un bord à l'autre; le chevalier vit bien que c'était la main du Sei-

gneur qui l'avait bâti , et s'y engagea hardiment. A peine avait -il fait quelques pas sur l'autre rive, qu'il se retourna pour voir encore une fois l'ouvrage miraculeux; mais le pont avait disparu.

Une lieue plus avant, et comme il venait de s'engager dans une gorge étroite et rapide, qui conduisait au plateau de la montagne où se trouve le lac , il entendit un bruit effroyable au-dessus de sa tête; au même moment, la masse de granit sembla chanceler sur sa base , et il vit venir à lui une avalanche qui , se précipitant pareille à la foudre, remplissait toute la gorge et roulait bondissante comme un fleuve de neige ; le rose-croix n'eut que le temps de mettre un genou en terre et de dire : Mon Dieu , Seigneur ! ayez pitié de moi ; mais à peine avait-il prononcé ces paroles, que le flot immense se partagea devant lui , passant à ses côtés avec un fracas affreux, et , le laissant isolé comme sur une ile , alla

s'englolUir dans les abîmes de la montagne.

Enfin, comme il mettait le pied sur la plateforme , un dernier obstacle , et le plus terrible de tous, vint s'opposera sa marche. C'était Pilate lui-même , en habit de guerre , et tenant pour arme, à la main, un pin dégarni de ses branches dont il s'était fait une massue.

La rencontre fut terrible: et, si vous montiez sur la montagne , vous pourriez voir encore l'endroit où les deux adversaires se joignirent. Tout un jour et tout une nuit , ils combattirent et luttèrent ; et le rocher a conservé l'empreinte de leurs pieds. Enfin le champion de Dieu fut vainqueur, et, généreux dans sa victoire, il offrit à Pilate une capitulation qui fut acceptée : le vaincu s'engagea à rester six jours tranquille dans son lac , à la condition que le septième, qui serait le vendredi, il lui serait permis d'en faire trois fois le jour en robe déjuge; et, comme ce traité fut juré sur un morceau de la vraie croix , Pilate

fut forcé de l'exécuter de point en point. Quant au vainqueur, il redescendit de la montagne, et ne retrouva plus ni l'avalanche ni le torrent, qui étaient des œuvres du démon, et qui avaient disparu avec sa puissance.

Alors le conseil de Lucerne prit une décision , ce fut d'interdire l'ascension du Pilate le vendredi ; car , ce jour, la montagne appartenait au maudit , et le rose-croix avait prévenuqueceux qui le rencontreraient mourraient dans l'année. Pendant trois cents ans , cette coutume fut observée : aucun étranger ne pouvait gravir le Pilate sans permission; ces permissionsétaientaccordéesparl'Avoyerpour tous les jours de la semaine, excepté le vendredi, et, chaque année, les pâtres prêtaient serment de n'y conduire personne pendant rinterdiction ; cette coutume dura jusqu'à la guerre des Français, en 99. Depuis ce temps, va qui veut et quand il veut au Pilate. Mais il y n eu plusieurs exemples que le ])0urreau du

Christ n'a pas renoncé à ses droits. Aussi , quand jeudi dernier, l'Anglais envoya chercher un guide , pour lui dire de se tenir prêt pour le lendemain , celui-ci lui dit toute l'histoire que je viens de vous raconter ; mais sir Rohert n'en fit que rire, et, le lendemain matin, riialgré le conseil de tous , il entreprit son ascension, quoique son guide l'eût prévenu qu'il n'irait pas jusqu'au lac.

En effet, à un quart de lieue du plateau , Nieklaus , qui est un homme prudent et religieux , s'arrêta et se mit en prières. L'Anglais continua sa route, et deux heures a près revint très-pâle et très-défait. Il eut beau dire que c'était parce qu'il avait laissé à Nieklaus le pain, le vin et le poulet, et qu'alors il avait faim; il eut beau boire et manger comme si de rien n'était; Nieklaus ne revint pas moins convaincu que son abattement venait de la frayeur et non de la faim ; qu'ilavait rencontré Pila te en robe de juge, et que par

conséquent il était condamné à mourir dans l'année. Il crut de son. devoir de prévenir sir Robert de la position critique dans laquelle il se trouvait , afin qu'il mît ordre à ses affaires temporelles et spirituelles; mais sir Robert n'en fit que rire. Vous voyez bien cependant que Nicklaus avait raison.

En achevant cette dernière phrase, mon batelier donna son dernier coup de rame , et nous débarquâmes à S tanztad. Je me mis aussitôt en route pour Stanz , où j'arrivai après une heure de marche.

La première chose que je fis en entrant à l'auberge de la Couronne fut d'écrire à Méry que je savais ce que les bourgeois de Vienne avaient à dire au Juif errant, et qu'à mon retour à Paris je lui en ferais part.

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