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LA RUE DE LA ROQUETTE, LA MAISON DE MICHELET

Au commencement du siècle, le quartier de la Roquette ne ressemblait guère à ce qu’il est devenu depuis, un centre d’industries populeux et bruyant. L’étroite et tortueuse rue qui monte au Père-Lachaise, telle que nous la voyons aujourd’hui, était percée de passages étroits et de ruelles, pour faire passer un peu d’air et de lumière dans cette ruche humaine ; sur des terrains vagues et incultes, fleurissait un champ entier de roquettes dont les fleurs jaunes ont été les marraines de la rue, et l’ont baptisée de son nom. La roquette est une crucifère qui se plaît dans les endroits abandonnés ; on mange en salade ses jeunes .feuilles.

En 1816 Michelet découvrit, vers le milieu de la rue de la Roquette, un petit hôtel entre cour et jardin aujourd’hui le numéro 49, et en fit l’acquisition. Il y passa, nous a-t-il dit, dix ans, les plus belles années de sa vie ; c’est là qu’il posa la première pierre de son monument historique. Cette rue est consacrée par le souvenir d’une grande célébrité; il y a là plus qu’un souvenir; ce n’est pas seulement par leurs œuvres que

nos grands hommes continuent à vivre parmi nous ; une partie de leur âme reste attachée à ces demeures où ils ont vécu, qu’ils ont aimées.

C’est dans cette rue, non loin du cimetière, que se trouve la prison des condamnés à mort, la Grande Roquette. Ils attendent là l’heure de P expiation. On peut voir à la porte de ce sinistre édifice, les quatre dalles où l’exécuteur des hautes œuvres dresse les bois de justice. Bien que les exécutions aient lieu à l’aube, une foule immonde se presse et attend de longues heures pour assister à ces terrifiants spectacles. En face est la prison des jeunes détenus, appelée la Petite Roquette.

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