‹ Impressions de voyage dans ParisChapitre 86 sur 129 · LA COLONNE ET LA PLAGE VENDOME · texte numérisé non relu

LA COLONNE ET LA PLAGE VENDOME

La colonne Vendôme a été élevée à la mémoire de la grande armée et de son chef. Elle a, sur sa rivale la colonne de Juillet, l’avantage de ne pas rappeler le sang versé dans les guerres civiles ; elle perpétuait le

souvenir de la bataille d’Austerlitz. Douze cents canons pris sur l’ennemi fournirent le métal; elle fut inaugurée en 1810.

La Commune jeta bas la colonne et la statue en 1871 ; elles tombèrent au milieu d’un nuage de poussière avec un bruit qui ressemblait à la lois à uni' plainte et à une protestation. Le gouvernement de M. T hiers les lit, relever et réédifier.

La place Vendôme a pour parrain un bâtard de roi. Sur le terrain occupé par les religieuses de la passion, le duc de Vendôme, fils d’Henri IV et de la belle Gabrielle, éleva un hôtel. Louis XIV fit démolir cet hôtel qu’il avait acquis. 11 établit sur son emplacement ce vaste et monumental parallélogramme que nous voyons aujourd’hui. La place est tout à la fois sévère et magnifique. Rien de plus imposant que ces grands hôtels uniformes, splendides décorations de pierre encadrant le piédestal de la colonne.

L’hôtel du Rhin, sur cette place, fut le premier logis que prit Louis Napoléon au retour de l’exil ; il y occupa des appartements jusqu’au 10 décembre.

Le quartier de la place Vendôme est tout napoléonien, car chaque nom de rue y rappelle une victoire : ! du Directoire, du Consulat et de l’Empire. La rue Castiglione fut ouverte sur le terrain qu’occupait le couvent des Feuillants. Elle reçut ce nom pour perpé- ! tuer le souvenir de la bataille gagnée, le 3 août 1796, par les Français sur les Autrichiens que commandait ; le Feldmaréchal AVurmser, elle est ornée d’arcades ] comme la rue de Rivoli ; ici c’est la rue du Mont-Thabor et la rue des Pyramides, deux souvenirs delà campa-

DANS PARIS ANCIEN. ET MODERNE

gne d’Egypte, puis la rue de Mondovi et la rue de Rivoli.

Le cloître des Jacobins, de terroriste mémoire, où le club tint ses séances, est devenu le marché de la rue Saint-Honoré, il reste du cloître dans la rue delà Sourdiere, une porte cochère qui servait d’entrée au club.

, , lue de est bordée de maisons superbes •

c’était, avec la rue Royale, le plus beau spécimen de rue jusqu’au moment où on a créé le superbe quartier peia et des Champs-Elysées. Les magasins qui occupent les rez-de-chaussée, sont tous excessivement beaux; presque tous appartiennent à des spécialités Véritablement célèbres, dont le renom a contribué

•! lilm‘ de Paris le centre de l’élégance et la capitale du goût. Ces magasins présentent toutes les merveil les de l’industrie parisienne appliquées aux besoins distingues de la vie oisive et riche.

La rue de la Paix fut percée sur l’emplacement des immenses terrains du couvent des Capucines, elle est encore une des plus belles de Paris ; pas une n’est mieux habitee, mieux fréquentée; c’est le Regent

Street de Paris ; ses hôtels meublés sont pleins de riches étrangers de tous les pays.

Le 16 avril 1831, les ' émeutiers se formèrent en bandes sur la place Vendôme. Averti de ce qui se passait et ne voulant pas faire verser le sang. Le mapéchai Lobeau, imagina un ingénieux moyen de dissiper les rassemblements, il fit avancer des pompes à ncendie et monda d’eau les émeutiers. Surpris par •es douches inattendues, ils se sauvèrent dans toutes es directions, et la place Vendôme fut évacuée aussitôt.

Page 1