‹ Impressions de voyage [microforme] (volume 2)Chapitre 33 sur 63 · ÉGLISE DES SAINTS-VINCENT-ET-ANAS- TASE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DES SAINTS-VINCENT-ET-ANAS- TASE

C’est la troisième et aussi la plus grande des églises aux 7re Fontane. Le pape Honorius I la fit construire ponr recevoir le chef de saint Anastase, moine d'Orient, martyr ; on y transporta plus tard la plus grande partie du corps du glorieux Vincent, diacre d’Espagne. Elle servit longtemps d'église conventuelle aux religieux deCîteaux. Saint Bernard, l’illustre fondateur de l’abbaye de Saint-Anastase, vint souvent s’agenouiller sur les dalles de son sanctuaire. (On montre encore l'endroit où se tenait l’homme à la parole ardente, lorsqu'il exalta avec tant d’en-

thousiasme le bonheur des saints dans le ciel.

Depuis des siècles, le monastère était inhabité à cause de la malaria qui sévit dans cette partie de la campagne romaine ; de rares pêlerins venaient seuls troubler la solititude de ces lieux. Comment se fait-il que la vie et l’activité règnent aujourd’hui dans ce domaine du silence et de la mort, et qu’une plaine fertile ait succédé à la stérilité du désert ?

C'était en 1868. Un pauvre Trappiste, au teint halé par le soleil d'Afrique, se présentait devant Pie IX. C’était l’humble Père François-Régis, le même que le gouvernement français avait décoré de la croix de la Légion d'honneur. Il venait rendre compte de ses travaux au chef de l’Église, et lui parlait avec animation de sa fondation de Staouëli en Algérie, lorsque le Pape s’écria avec émotion : ‘‘ Et pourquoi ne feriez-vous pas un Staouëli dans la Campagne romaine? —$Saint-Père,

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répondit le religieux, commandez et vous serez obéi.””

La fondation de l’abbaye des Trois- Fontaines était décidée. Une colonie de religieux ne tarda pas à venir s’installer dans le vieux couvent en ruine. La première année, tous, à l'exception du Père Abbé, succombèérent aux atteintes de la terrible malaria ; mais peu à peu les conditions d’insalubrité de l’endroit cédèrent aux travaux d'assainissement qu’on poursuivait avec ardeur. Le drainage fut pratiqué sur une grande échelle ; on planta des forêts d’eucalyptus, arbre des Indes qui a la propriété de purifier l'air.

Aujourd’hui on vitaux Eaux-Salviennes, grâce à Dieu et au dévouement opiniâtre des révérends Pères Trappistes.

Lorsque nous y allâmes, les religieux travaillaient en silence à émonder les arbres d’un joli bocage situé sur la pente d’un coteau. Nous n’eûmes que le temps

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