‹ Impressions de voyage [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 63 · AU · texte numérisé non relu

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1 cause, lorsqu'il nous permet d'approcher | de sa personne.”

| Le juge n’est pas moins ému, mais cherche davantage à se rendre compte de i] ses sentiments.

‘ Au premier abord, dit-il, Rome n’a

| pas produit sur moi tout l'effet que j'en

. D attendais. J’ai vu deux villes que je ne | pouvais bien distinguer : la cité ancienne

avec ses rues étroites et ses monuments d'un autre âge, et la nouvelle capitale | | avec ses boulevards modernes et ses quar- {ll tiers neufs: la ville du Pape et celle du ll roi. Le contraste produisait un effet Ill étrange sur monesprit. Puis je commen- Li çai à me rendre mieux compte de tout ce | je voyais. Aujourd’hui la vérité m’ap- Il paraît dans toute sa clarté, il me semble. {ll Le roi des âmes est chez lui dans Rome, le maître des corps n’y est pas à sa place.

j Victor-Emmanuel, l'intrus usurpateur lil des biens pontiticaux, profane de sa dé-

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pouille excommuniée le Pauthéon, tandis que, sous les dalles de la basilique où reposent ses reliques vénérées, le premier des Papes attire les hommages de tout l'univers. La brèche de la porte Pie rappelle la plus injuste des usurpations perpétrée avec la lâche complicité des nations ; l’arène des amphithéâtres proclame la noble fermeté de ces chrétiens qui préférèrent la mort à la trahison de leur devoir.

‘ Et ainsi la ville des Grégoire, des Innocent, des Pie et des Léon se dégage de toutes les scories qu’on a jetées sur son manteau, et apparaît belle etrayonnante aux yeux de la foi. Tout s'explique, tout nous parle du christianisme, de son

. berceau ensanglanté, de son développe-

ment merveilleux dans lessiècles. L'air que nous respirons, le sol que nous foulons, les œuvres d'art que nous visitons,

tout est imprégné du plus pur esprit du christianisme.

il ‘Celui qui n’a pas vu le Pape n’a pas |! vu Rome.

| ‘“ Le Pape est la grande figure qui || plane au-dessus des choses humaines.

1 ‘ Lorsque les ombres du matin enve-

| loppent encore la nature, tout paraît !] confondu dans la plaine; mais, à mesure .|! qu’elles se dissipent, la forme des objets ll . se dessine plus nettement ; et lorsque le Al soleil perce le voile, il donne à tout une

splendeur et un éclat nouveaux. ‘‘ Le Pape est l’astre de l'Église ; et quicon que n’est pas frappé de ses rayons, reste enveloppé dans les ténèbres et ne comprend rien au plan de la Providence dans la conduite du monde. Autour de lui gravitent, comme autour d’un point central, les peuples et les empires, et ce centre d'attraction donne la véritable orientation à tous les événements.

de HE RSAE

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