VAUX
Parce que vous avez peur de lui I
CAII1UAU.
Moi, grand Dieu!... on voit bien que vous n’avez pas lu la lettre que je lui ai écrite.
PAU
Une lettre de vous !
«abiiuais, reprenant la voix de femme.
De moi!... adressée & luit... je l'ai justement sur moi... écoutez ça. (A part.) Puisque je n’ai pas pu encore la montrer A Olympe , je ne suis pas fâché que celle-ci... ( Haut. ) C’est A Paul Guibert que je m’adresse.
PAU
k lui-même !
cauiillabd, lisant.
« Drôle que vous êtes »
pau , faitant un mouvement d'indignation.
Drôle!
OAUB1LLAAO.
L'expression est crue, mais elle est juste!... ( Il lit . ) « Vous avez pensé me faire faire le plon- » geon en m’ordonnant de quitter le pays sous » douze heures; vous vous êtes trompé, maître » gabelou !... •
pau, A part.
Misérable 1... tu me le paieras!..,
G AMBI LLARD .
Gabelou est une expression dont on se sert pour vexer les douaniers. ( Il lit.) a Mes affaires » exigent que je m'éloigne... Je me rends, pour » cause de santé , sur les glaciers les plus inac- » cessibles du Mont-Blanc; mais je vous y attends » les armes A la main l » (Il replie ta lettre. ) Ab 1 ah ! ah I vous voyez que e’eatua cartel en forme!
pau, d part.
L'insolent 1
CA1U1UARB .
Voilà une lettre un peu salée , un peu poivrée , un peu vinaigrée!... Direz-vous encore que je suis un capon ?... hein t... ( Paul ne répond pat. ) Marial... belle Marial...
PAU
Non.
n se mouche trés-bruyamment.
CAKllLLAim, fort lurprii de ce bruit et regardant Paul d'un air stupéfait.
Plus que ça de musique! (II ee Uve et dit en S'éloignant. ) Je chéris peu les femmes qui se moaeheut en faisant la trompette.
pau, le rappelant.
J’aime les hommes de coeur, venez donc près de moi.
CAUSILLARD
Avec plaisir! (A part, avec joie.) Oh! oh! voüA une fiancée phosphorique ! (Reprenant tout-àcoup, d'un air triste.) O Olympe!. Olympe! quelle opinion vas-tu avoir do l'espèce humaine f pauvre petite malheureuse créature amoureuse que tu es de moi I
pau, lui prenant la main.
Monsieur Gambillard I
gaurillaad, à part.
Elle me prend la main I (Iles Uve, fait des contorsions et jette des crie douloureux.) Oh! sacrebleu! ma bien-aimée! ma bisn-aiméel (Paul U lâche, Gambillard te rouie d.) Quelle peigne! des pinces de homard !
vaux, d’un air tendre, lui reprenant lavmin.
C'est que je vous aime, voyez-vous!
G ambi ll a Rn, cherchant ù dégager sa main.
Oui, oui; mais j'aimerais mieux un regard ! ça revient au même pour vous, un regard.
PAUL
Je n’ose pas, je tremble I gamrillard, d'un air caressant , et imitant le ton de voix de Paul.
D’amour !
MAGASIN THEATRAL
faol, à pan.
Décoléré, imbécile 1
GAMBILLABD.
AlR: Change , change-moi.
Tu m’aime*, je toi.
Oh! par ma foi.
Fille divine,
Mon «car est h toi I Calme l'effroi
Qui te domine,
Regarde-moi !
Tourne vert moi les jeux.
Te* yeux, te* joli* yeux.
Et qu’un instant par eux Je *oi* heureux I Oui, je veux me mirer.
Oui , je yeux m'admirer ;
Dans ce double miroir Je yeux me voir!
Paul commence à soulever son voile.
Tu cèdes enfin,
Heureux destin t Bonheur suprême l Tu tremble*!... pourquoi ?...
PAUL, levant peu à peu son voile et reprenant sa voix naturelle.
Ab I c'e*t pour toi !
Tremble loi-même!
Regarde-moi t
Paul se lève.
g a u n HLA rd, avec terreur, se sauvant.
Ab ! ah! qu’est-ce que c’est que çat Qui rivet qui trivet
11 se sauve au fond.
faul, ramenant par le bras.
Tu ne m’écbapperas plus, Ah 1 tu roux m’enlever celle qup j’aime 1 abl je suis un drôle! ah 1 je suis un gabelou!
gambillard, toujours tenu par Paul. , Monsieur Paul, monsieur Paul, je ne savais pas que vous étiea là. Vous savez, quand les personnes ne sont pas là, on dit du mal d’elles, tandis que, si elles étaient là, au contraire même... au contraire.,.. Pouvais-je vous deviner sous ce
costume?
H rit.
faci, très -animé jusqu'à la fin de la scène.
Ah ! je te liens, à la fin! il faut qu’un de nous deux reste sur la place.
gambillard, vivement.
Oui, oui, moi ou vous! allei-TOus-en, je reste! vous vo niez res ter, j e m’en rais ... c’est conclu, adieu !
- 11 ko sauve encore vers 1e fond.
p aol, lui montrant des pistolets et l'arrêtant. Mon, non, voici qui décidera !
cambi llard, épouvanté.
Un duel? il veut abuser de son talent sur moi.
FAUL.
Prends, et pas de bruit !
cambi llard.
Pas de bruit 1 avec des pistolets? vous voulezdonc me taper avec le manebe? A la garde 1 à la garde 1
PAUL
Malheureux! voulez-vous bien vous taire!
cambi llard, exaspéré.
Me taire! mais si je regrette une chose en ce
moment, c’est de ne pas avoir la voix de Lablache. A la garde! à la garde! et au secours!
FAUL.
Le ciel le confonde! [Soufflant ta lumière qut est sur la table. {Il fait nuit.) Qu’au moins on ne me voie pas sous ce costume 1 gambillard, marchant d'un air effrayé dans l’obscurité.
Qu’est-ce qu'il vient de faire?
En ce moment Gambillard est sur l'avant-scène à gauche dn spectateur, Paul est su fond devant la fenêtre.