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III. - PRÉPARATION DES CLICHÉS

Les clichés, qu’ils soient sur glace ou sur pellicule, doivent subir certains arrangements avant d’être utilisés à l’insolation des planches.

Il est nécessaire de préserver de l’action de la lumière des marges suffisantes, et l’image doit être limitée par des lignes précises. Il faut donc entourer d’une bordure opaque la partie utilisable du cliché à reproduire.

On ne peut employer le papier noir ordinaire, son épaisseur est trop considérable; elle empêcherait un contact complet entre le cliché et la plaque sensible ; il faut donc le remplacer par des feuilles opaques plus minces.

On emploie à cet effet des feuilles de plomb ou de zinc, qui, sous une épaisseur extrêmement réduite, donnent toute l’opacité désirable. A cause de leur extrême min» ceur, ces feuilles demandent à être maniées avec beaucoup de précautions. Elles doivent être coupées en bandes de largeur suffisante, au moyen d’un canif parfaitement affilé. On commence par étendre la feuille de plomb ou de zinc à débiter sur une grande glace; on l’étend avec soin, et, avec une brosse douce, on fait disparaître tous les plis. Cet effet obtenu, on découpe des bandes de lcm, 2cm ou 4cm en se servant d’une règle plate en verre; de cette façon, le canif glissera facilement et l’on évitera les à-coups qui produiraient des éraillures.

PRÉPARATION DES CLICHÉS

Ces bandes s’appliquent directement sur le cliché ; on les fait tenir en bonne place au moyen de quelques points de gomme. Mais cet entourage n’est pas encore suffisant, et il faut lui ajouter une cache en papier noir, appliquée au dos du cliché, et assez large pour couvrir complètement la plaque bichromatée.

Telles sont les dispositions à prendre lorsqu’on ne doit insoler qu’un seul cliché à la fois,- cas le plus ordinaire pour l’amateur. Mais il faudra opérer d’une façon un peu différente lorsqu’il s’agira de réunir plusieurs clichés sur la même planche. Dans ce cas, on pourra procéder de deux manières : ou par insolations successives ou par insolation unique après mise en page.

Insolations successives.

C’est là le procédé de l’amateur; il est un peu plus long que celui par mise en page, mais il donne des planches plus égales, car il permet d’employer des clichés de forces différentes sans produire cependant des images inégales, dont les unes seraient grises et les autres dures. Enfin il est le seul applicable lorsqu’on opère avec des clichés sur verres d’inégales épaisseurs, ou avec des clichés que l’on ne peut couper.

Au moyen d’épreuves tirées par les procédés ordinaires : papier albuminé, on commence par disposer chaque image à la place exacte qu’elle doit occuper sur la planche, et, sur un papier blanc, on trace exactement le contour de chaque image. On reporte ce dessin sur une feuille de papier noir et Ton découpe chaque ou-

verture pour chacun des clichés à employer. D’un autre côté, on a le soin de tracer sur ce papier noir, et au moyen d’un crayon blanc ou rouge, le contour exact de la plaque bichromatée sur laquelle doivent se faire ces impressions successives.

Bien entendu que, sur chaque cliché, on a limité au papier d’étain la surface à imprimer. Cela fait, on place sur le verre épais du châssis positif la cache de papier noir, on masque toutes les ouvertures qu’elle porte, excepté celle qui va recevoir le premier cliché. Il s’agit de mettre bien exactement à la place voulue ce cliché, chose difficile à faire si on le place directement sur la cache noire, les bordures d’étain ne permettant pas de voir la position exacte de l’image.

Il faut donc, avant toute opération, tracer au crayon sur la cache des lignes qui soient dans le prolongement des bords de l’ouverture; au moyen d’une règle posée sur le cliché, on cherche à mettre en lignes parallèles l’ouverture de la cache et les marges en étain.

On applique enfin la dalle ou la plaque de cuivre préparée d’après le tracé au crayon blanc qui a été fait à l’avance.

Ce premier cliché insolé, on passe au second, on démasque l’ouverture voulue et l’on masque celle qui précède.

Il faut encore prendre certaines précautions afin d’obtenir une application exacte des surfaces du cliché et de la dalle : le cliché étant plus petit que la dalle et placé à une extrémité, fera nécessairement basculer la dalle sous l’effet des ressorts ou des vis de serrage ;

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il faut donc avoir le soin de placer dans ces points, où la dalle ne porterait sur rien, des bandes de verre de même épaisseur que le cliché.

Nous verrons plus loin comment F in solation doit être

conduite.

Insolations simultanées.

Le système que nous venons de décrire est un peu long à exécuter, et il y a quelquefois nécessité d'imprimer en même temps toutes les images. Deux cas peuvent alors se présenter, les clichés sont sur plaque

de verre ou sur pellicule.

Dans le cas où l'on doit employer des clichés sur verre, il est de toute nécessité de les couper au diamant dans les dimensions voulues pour mettre cha îne sujet à la place qu’il doit occuper.

Supposons une planche composée de quatre sujets, pris sur quatre clichés différents : on compose d’abord la planche en la dessinant sur une feuille de papier, er on limite exactement par des lignes les bords de chacune des quatre parties. On reporte ensuite sur ce trac é chacun des clichés et l'on enlève an diamant les marges inutiles.

Cela fait, on prend une glace de grandeur un peu supérieure à la planche à composer et. au moyen de gomme très épaisse, on coîle par les angles chacun de ces morceaux de clichés. Ensuite . on pose sur les joints d'étroites r udes d étain. et i n applique à I : : vers une cache générale en papier noir.

Mais il arrive rarement que les verres de : ;»us I e s

clichés ainsi réunis aient la même épaisseur, et il faut de toute nécessité relever au niveau des plus épais ceux qui sont les plus minces. Cette opération est assez délicate et demande à être faite avec beaucoup de précaution.

Au moyen de fragments de caoutchouc, placés sur les bords des clichés trop minces, on égalise le tout. Ces bandes de caoutchouc ne doivent pas être plus larges que les bandes d’étain servant de caches, et elles doivent être assez épaisses pour faire saillir très légèrement, au-dessus des parties épaisses du cliché, ceux qu’elle doit ramener à un niveau supérieur. De cette façon, les ressorts ramèneront le tout à un contact parfait.

Lorsqu’on fait usage de clichés pelliculaires, toutes ces opérations sont beaucoup plus aisées et plus rapidement faites.

Avec des pellicules épaisses, on agit comme avec des glaces; l’opération est plus aisée, car on n’a plus à user du diamant, et l’on évite par là ces accidents de coupe par trop communs pour les amateurs qui n’ont pas une pratique suffisante.

Avec les pellicules au caoutchouc, il faut agir tout autrement.

Sur une feuille de papier, de grandeur égale à la planche à imprimer, on trace les marges, et l’on met en place chaque sujet, comme nous l’avons déjà indiqué. On dépose ensuite cette feuille-guide sur une grande glace, placée sur une table dont le dessus a été enlevé, ou sur quatre supports assez élevés placés

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à chaque angle. Au-dessous, on place une feuille de papier blanc formant réflecteur pour bien éclairer le tout.

Par-dessus, on dépose alors une glace très propre, ou mieux, une dalle transparente, de la grandeur exacte du châssis positif. On mouille alors à l’éponge avec de l’eau la portion de la glace sur laquelle doit être appliqué le négatif pelliculaire : celui-ci est toujours adhérent à sa feuille de papier; on le fait appliquer sur la glace, d’un coup de raclette on élimine l’eau interposée, on enlève le papier et on laisse sécher spontatanément. On place tous les négatifs en même temps, après avoir eu le soin de rogner aux ciseaux les bords du papier qui dépassent le négatif, laissant seulement un petit rebord de quelques millimètres pour permettre l’enlevage.

Lorsque le tout est sec, on couvre les joints avec des bandes d’étain, et l’on place la grande cache en papier noir.

Les retouches et silhouettages se font par les moyens ordinaires, en évitant les épaisseurs de gouache.

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