DÉFILÉ IMPOSANT
Les derniers hommages viennent d'être rendus au reoretté Sir À, À, Dorion et on vient d'offrir à ses restes un dernier témoienage de sympathie.
C'est ce matin qu'ont eu lieu ses funérailles et rarement on à vu une démonstration funè-
bre aussi imposante. À huit heures et demie, le cortége s'ébranlait dans l'avenue Sherbrooke pour s'engager dans la rue Saint-Denis. De chaque côté de la route étaient échelonnés des milliers de curieux.
Le corbillard traîiné par deux chevaux formait la tête de la procession; le deuil était conduit par MM. C. A. Geoffrion, Aimé Geoffrion. Chs Lacroix, Dr Chs Trestler, R:
Trestler, Achille Dorion, Eric Dorion, MM.
Dorion, de Québec, J. C. H. Lacroix et C.
Trestler.
Venaient ensuite le Shérif Thibaudeau, le député-shérif Franchère, le gouverneur de la prison, M. Vallée, les juges, les bâtonniers, les Conseils de la Reine, les avocats, les étudiants, les échevins et les citoyens en général.
Les porteurs étaient MM. les juges Fournier, Baby, Bossé, Johnston, Jetté, et MM.
Rouer Roy, Guillaume Lamothe et S. Béthune.
Les magistrats présents, outre ceux déjà nommés, étaient MM. les juges Taschereau, Mathieu, Cross, Church, de Lorimier, Tait, Davidson, Wurtele, Pagnuelo et Ouimet, de
Montréal : Plamondon, d’Artabaskaville : Bélanger, de Beauharnois; Tellier, de Saint- Hyacinthe ; Lynch et Rioux, de Sherbrooke, Brooks, de St-Francis ; Bourgeois, de Trois- Rivières ; le recorder de Montigny et M.
Desnoyers.
MM. Blanchet, bâtonnier-général du district de Québec, et Béique, bâtonnier du district de Montréal, marchaient à la tête des avocats.
Le nombre des membres du barreau était immense ; à l'instar des juges, ils étaient tous vêtus de leurs toges et nous avons remarqué entr'autres :
MM. Rodolphe Laflamme, L. ©. Taillon, H. C. Saint-Pierre, Dunlop, Robertson, T. C.
de Lorimier, L. Ethier, D. McMaster, Jos.
Duhamel, F. X. Archambault, Branchaud, Quinn, Guerin, Hatton, Morris, C. J. Doherty, À. E. Poirier, E. N. Greenshields, H. Lanctôt, J. A. C. Madore, J. L. Archambault, Eug. Lafontaine, G. Lamothe, J. Hall, Ph. Roy, L.
Gouin, E. N. Saint-Jean, etc.
Parmi les avocats de la campagne, nous avons remarqué MM. Thomas Brossoit, de Beauharnois ; Fontaine, de Saint-Hyacinthe ;
J. A. N. McKay, de Saint-André-d'Argenteuil ; Faribault, de L'Assomption ; Brousseau, de Sorel, etc.
Le gouvernement de Québec était représenté par les ministres Boyer, Robidoux et Garneau.
La corporation de Montréal était représentée par le maire McShane, et les échevins Boisseau, Brunet, Préfontaine, J. B. R. Dufresne, Clendinneng, J. M. Dufresne, Villeneuve, P. Kennedy, W. Kennedy, McBride, Conroy, Grenier, Thompson, Perreault, Malone, Stephens, Cunningham, Savignac et Lamarche.
Parmi les citoyens distingués qui faisaient partie de la procession se trouvaient MM. D.
A. McDonald, ancien collègue du défunt; C.
A. P. Pelletier, sénateur ; Jules Tessier, député de Portneuf ; L. Cardin, député de Richelieu; Jacques Grenier, ex-maire ; Horace Archambault, conseiller législatif; H. Beaugrand, directeur de la ParriE; J. Béland, député de Montréal; Rocheleau, député de Chambly ; Chs de Montigny, protonotaire du district de Terrebonne ; de Grosbois, député de Shefford ; Leblanc, député de Laval; J. C.
Robillard; Dr E. P. Lachapelle; Starnes, conseiller législatif; F. X. Lemieux, député de Lévis: A. Turcotte, protonotaire de Montréal : L. C. Leduc: ex-échevin White ; Alfred Perry; H. A. Turgeon, de Québec ; G. Duval, d'Ottawa; Bazinet, député de Joliette ;: McMillan, ancien député de Vaudreuil ; le chef de police Hughes, le chef des pompiers Benoit et une foule d'autres personnes.
Sur le parcours du convoi, on a remarqué par ci par là des décorations funèbres ; chez M. le recorder de Montigny, on avait mis en berne des drapeaux de zouave enrubanés de crêpe: chez les sœurs de la Providence, au Jardin de l'Enfance, tout le portique disparaissait sous les tentures noires; chez le premier ministre Mercier, des drapeaux entourés de crêpe et de draperies mortuaires ornaient la façade de la maison.
Dans la rue Notre-Dame, du côté de l'Hôtel de ville, entre les rues Bonsecours et Gosford, tous les marchands avaient décoré la devanture de leurs magasins de longnes tentures noires et jaunes et le coup d'œil était saisissant.
Plus loin, chez MM. Trestler, Desaulniers,
Beullac et Kelly, on avait aussi fait des dé corations de ce genre.
La cérémonie religieuse à l'église Notre- Dame a été sombre et imposante; le catafalque illuminé était placé au milieu de la grande allée et une foule immense remplissait la nef et les galeries.
La basilique enfin avait revêtu son costume de deuil et monseigneur Fabre officiait à l'autel.
Un chœur puissant, bien organisé, a chanté avec succès la messe de Casciolini. Le W15serere et le Zibera — œuvres de M. Couture — étaient des morceaux qui ont été chantés ce matin pour la première fois à Montréal.
Les solistes ont été MM. Bourdon, Pelletier, Payette et Guillemette.
En résumé, sir À. À. Dorion a eu des funérailles pompeuses ; le cortége qui l'accompagnait au lieu de son dernier sommeil était composé de tout ce qu'il y a de distingué dans la magistrature, le barreau, dans les autres professions et dans le commerce. Rien n'était morne et empoignant comme cette longue procession de toges défilant silencieusement, un matin de juin, sous un véritable
ciel d'automne et sous un vent presque glacial. En effet, il faisait froid et le firmament était gris ce matin comme en novembre, Cependant, la population est accourue de toutes parts pour rendre les derniers devoirs à celui qui a été un grand chef, un grand magistrat et un homme de bien.
La présence d’un aussi grand nombre de citoyens aux obsèques de sir Dorion est un témoignage, de sympathie à ajouter à tous ceux que la famille du défunt a déjà reçus.
Depuis un temps immémorial, on n'avait pas vu les juges et les avocats prendre part à un service funèbre avec autant d’unanimité et de fraternité. C’est quefeu le juge-en-chef avait conquis l'estime du monde judiciaire et que son intégrité et sa droiture lui avaient gagné les cœurs de tous les citoyens.
Son souvenir vivra !