REVUE DES DEUX-MONDES
" Paris, le 19 août 1898.
'•' Monsieur,
" Ni le Président, ni les membres, ni le Secrétai^re du comité du monument Champlain ne douteront du plaisir avec lequel j'aurais pris, si je l'avais pu, ma modeste part des cérémonies du 15 septembre. Maïs les obligations de toute nature qui me retiennent ou qui me retiendaront le mois prochain, non
seulement en Europe et en France, mais à Paris même, m'empêcheront d'aller revoir le grand et beau pays dont j'ai gardé un si vif et si précieux souvenir. Montréal, Québec, le Saint- Laurent, " roi des fleuves ", la vieille ville où un Français voit revivre devant lui et marcher dans voe rues, la plus glorieuse époque de votre histoire.
" Quand j'ai reçu votre invitation, je revenais de Saint- MaJo, où nousi avions célébré, en même temps que la mémoire de Chateaubriand, celle de Jacques Cartier, le " découvreur " et " poète " du Canada. Quelle bonne fortune, si j'avais pu, moins d'un mois plus tard, m'associer à la commémoration de la gloire de Champlain. Mais si les ciirconstances ne me le permettent pas, vous voudrez bien, monsieur, être auprès du comité l'interprète de mes regrets, en même temps que de ma profonde reconnaissance pour son invitation. Remerciements et regrets, c'est du fond du cœur que je vous lesi envoie, et j'espère que vous en sentirez aisément toute la vivacité, sous l'apparente fiK>ideur avec laquelle il faut que je termine cette lettre, en me disant, du président et diés membres du comité Champlain, comme aussi bien de tous les Oanadiena-françaîB,
" Le très humble et très obligé,
" F. Brunbtière."
" Basse-Motte, Châteauneuf,
nie et Vilaine, ce 20 août 1898.
"Monsdieur le Président,
" Je suis très sensible à la très aimable invitation que vous me faites l'honneur de m'adresser. Mais hélas, on ne fait pas toujours ce que l'on veut en ce monde.
" J'auirais été heureux de me lietrouver au milieu de vous^ de retremper mon cœur au contact des vôtrea
"J'aurais été heuTeux d'iapporter mon humble tribut au pied d« cette statue du fonàafbmr de Québec, cette ville si française. Je ne puis oublier comment vous ireoevieiz le chef de ces soldats de la vieillie France, qui étaient venus à Home, oflErir lour dévouement au Pape^Eoi, et défendre le pouvoir temporel, cettle base de l'équilibre du monde entier.
" Monsieur le président, vous avez une devise qui résume tout : " Aime Dieu et va ton cheanin. " Aussi, dans cette vie, je l'espèue, et dans l'autre, j'en suis Sfûr, Dieu et Son Sacré-Cœur aidant, nous noua rencontrerons un jour.
" J'ai l'honneur d'être, " Monsieur le président, " Votre très humble et dévoué serviteur,
" Charettb."
"Monsieur le Secrétaire,
" J^ai treçu avec leoonnaissance l'invitation que monsieur le Président et meseâieoirs les membtres du comité du mnoument Champlain m'ont fait l'honneur de m'adresser pour la fête du 15 septembre.
" Ce n'est pas sans un profond regret qu'il me faut renoncer, pour divers motifs, an bonheur de voir en ce grand jour TiUustre cité fondée par Champlain, il y a près de trois siècles.
" Veuillez donc, monsieur le SeorétaiTie, transmettre à qui de droit mes remerciements et mes excuses, et agréer l'assurance 4e ma considération très distinguée.
Ch. de Bonnechose.
" 21 août 1898.
— KiS —
"Moneâleur le Président,
" et MM. les membres du
" comité du monument Champlain.
*' Messieurs,
" Je reçois l'invitation qu© vous m'avez fait Thonneur de m'adreeser et à laquelle, retenu que je suis par d'impérieux devoirs, j'ai le très vif regret de no pouvoir me rendre. J'en éprouve une peine réelle. Il m'eut été si doux de célébrer aviec vous le souvenir de la fondation de Québec, d'assister, au milieu de nos frères canadiens, à ces réunions dans lesquelles sera souveint et éloquemment rappelé le souvenir de notre commune mère, notre France chérie. J'aurais été heureux de vous dire combien est aimée par les Français fidèles aux traditions nationales, cette jeune France qui grandit et s'étend de jour en jofuir, dans les espaces immenses ouverts à son activité ; avf c quel intérêt passionné ils sfuivent vos rapides progrès, voa magnifiques conquêtes et l'admirable développement de votre nationalité.
" J'aurais voulu dire quels vœux ardents nous faisons pour le succès de vos entreprises, quel rôle providentiel notre ambitieuse espérance attribue dans l'avenir du ÎTouveau-Mondc, à la raoo française du Canada, fille de «la France très chrétienne.
" Dans ce jour solennel de l'inauguration du monument Champlain, je serai de cœur avec vous et je vous dis de loin :
" Unis dans le fier souci de votre indépendance et de l'honneur de votre nom, préparez-vous. Français du Nouveau- Monde, aux glorieuses destinées que le Souverain Maître de» nations vous réserve. Vos amis de la vieille France lui demandent pour vous toute la prospérité dont sont dignes les peupks qui font régner dans leurs mœurs et leurs institutions l'amour et le respeet de la religion, de la justice et de la liberté.
" C^est le souhait d'un Français catholique qui ne craint pas de se dire l'un de vos plus fidèles amis.
" n vous prie, monsieur le Président, et messieura du comité, d'agréer l'expression de sa haute considération et de son cordial dévouement.
" Lucien Brun,
" Sénateur.
" Lyon, 22 août 1898. "
lé
" Paris, le 22 août 1898.
" Monsieur,
" Je suis Lien touché et reconnaissant de» l'invitation que vous m'avez fait l'honneur de m'adreseer pour la fête du 15 septembre. J'aurais été heureux de pouvoir y assister et d'attester ainsi les ©entiments de vive sympathie qui m'animent, commei tout bon Français, envers no© f rènee du Canada. Nous les aimons, nous les admiirons, et nous sommes fiers de la fidélité qu'ils gardent à leur Dieu et à leur ancienne patrie. Malheureusement, je ne puis songer à entreprendre ce voyage' en ce moment. Vetuillez donc être auprès» du Président et des membres du comité l'interprète- de ma gTatitude et de mon vif rî?gTet et agi'éez l'expression 'de la vive sympathie de
'"' Votre très dévoué,
" E. Kbller,
" Ane. député. "
" Luoien-Napoléon-Bonapfljrte Wyse présente see complîiDjente à ]VIM. le Président -et les membree du comité du monument Champladn et l€s remercie de l'aimablo invitation qui lui a été adressée pour assîsteir, le 15 septembre prochain, à FinauguTation du monument érigé en l'honneur de Fimmocrtel fondateur de Québec, inauguration à laquelle des circonstanoee indépendantes de sa volonté le priveront de participer personnellement, mais qu'il suivra par la pensée avec la plus vive sympathie pour «le navigateur héroïque dont on célèbre les hauts faits, ainsi que pour les hommes éminients et dévoués qui vont perpétuer pair le marbre et le bronze le souvenir de la fondation de la capitale de la Nouvelfe-France, par les intrépides marins du vieux pays, ancêtres des vaillants Canadiensfrançais actuels.
" Villa Isthmia, Cap Brun, le 22 août 1898.