LORNE
" Monsieur le Secrétaire du comité
du monument Champlain.
" Monsieur,
" Vous avez bien voulti m'inviteo- à assister à Finauguratioai du monument quie Québec vient d'élever à eon illustre fondateur Champlain. Je suis très honoré et je prie monsieur le Plrésident et les membres de votre comité d'agréer mes remerciements.
" Je serais heureux d'assister à une démonstration où l'art glorifiant notre histoire en ce qu'^elle a eu de noble et de bienfaisant, doit recevoir un témoignage si imposant de notre satisfaction. Ceux su'rtout qui ont toujours vu dans Târt, Fîmmortei coaisoerateur des gloires niationales, le noble agent qui les livre au respect et au culte le plus universel des généirations futures, couronnés des reflets de ses propres beautés, doivent applaudir des deux mains à l'œuvre que vous avez si génépeusiement entreprise et poussée à si belle fin* C'est sainement, c'est fructueusement ouvrir, daoïa un jeune pays, les voies supérieures à l'art naissant ; c'est bien comprendre que le grand et le beau ne se fécondent, me) s'enfantent que pair l'amour et le culte du grand et du beau, que les seuls peuples qui ont eu un grandi art, portant tousi les eaoractèires de la beauté universelle, ne l'ont conçu et alimienté qu'avec tous les éléments de leur propre grandeur.
" Ce monument que Québec va inaugurer à la gloire de son fondateur, celui que Montréal a élevé à Maisonneuve et les nobles figures qui décorent aujouTd'hui les façades de notre parlement provincial sont donc d'unj bon augure pour tous ceux qui se sont voués au culte de l'iart dans notre pays, parfoifl péniblemient. Et j'en suis heureux, et il me semble qu'au gT'amd bruit des applaudissements, qu'aux accents des fanfares qui vont saluer l'apparition de la statue qui va fixer
dans une forme lOt une matière immortelle le© traits de l'illustre fondateur de Québec, il va se produire dans les tombes de notre pauvre patriarche Piamondon et de mon cher maître et ami, Hamel, le tressaillement d'une joie et d'une espérance qui n'ont pas toujours illuminé et fortifié leur foi d'airtiste de lenir vivant.
" J'exprime donc aux messieaiTB de votre comité moa himible et bien chaleureux hommage pour ce qu'ils viennent d'accomplir. Je voudrais le knr porter de vive voix, mais, je crains bien qufo d'autres obligations preseantes, coïncidant avec votre grande démonstration, ne me privent de cette sa*tîafaction.
"Agréez donc, monsieur le Secrétaire, l'expression du regret que j'en éprouverai, et veuillez croire» à toute la considération.
" De votre humble serviteur,