DISCOURS DE CIRCONSTANCE
(Extrait du compte-rendu du‘ MONDE de Montréal)
Cette belle réponse du marquis de Lorne souleva de chaleureux applaudissements. Puis le lieut..col.
Antoine Chartier de Lotbiaière- Harwood, député-adjudant-général de milice et commandant du 6e district militaire de la Puissance du Canada, s’avançant sur le bord de l’estrade, prononça le discours de circonstance suivant. Sa voix, forte et sonore, se faisait entendre distinctement des nombreux auditeurs, qui tous le connaissaient de réputation sinon de vue, et ses paroles heureuses étaient fréquemment couvertes d’applaudissements enthousiastes. Tous nos lecteurs ne savent peut-être pas que le lieut-col. de Lotbinière-Harwocd est allié à la famille de Salaberry, d'abord, par sa mère, fille du marquis de Lotbinièro, puis par sa femme, Mlle de Bellefeuille. Les nobles sentiments, qu'il a exprimés dans son éloquent discours, sont dignes d'un petit-fils du marquis
Lotbinière et d’un psrent de
stre famille de Salaberry, Il a, de plus, de commun avec le
Héros de Châteauguay, la haute stature, le port imposant, et les manières affables et captivantes,
Qu'il plaise à Votre Excellence, Messieurs,
Il est des circonstances dans la vie où le cœur semble nager comme dans un océan dé délices. Telle est pour moi, chers compatriotes et compagnons d'armes, la circonstsnce actuelle ; tel est pour moi ce moment à jamais béni où le grand Let 24 canadien, sortant pour ainsi
ire de son long assoupissement, se lève enfin noble et fier pour rendre
grand jour de la résurrection...
(On comprend que je ne veux par-
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ler ici que de monument public, de monument élevé par les nations ; je ne parle pas du modeste mausolée que la piété filiale érigea il y a quelques années, dans le champ du long repos, le paisible et modeste cimetière de Chambly).
Que de fois les étrangers au pays, cherchant partout de l'œil quelque souvenir du héros de Châteauguay, et ne voyant rien, absolument rien qui leur révélât d'une manière tan-
ible le passé g'orioux de cethomme Flustre, se disaient dans leur indignation : ‘Canadiens ingrats..…….
que faites-vous ? C'est à vous qu'on ut dire : il est donc bien vrai que ’ingratitude est un vent brûlant qui dessèche le cœur. Peuple canodien, voüs avez une tache au front! Vous no serez jamais un grand peuple que vous n'ayez effacé cette tache... Permettrez-vous lus longtemps à l'univers étonné & répéter à votre adresse :
On ne voit qu'ingras. 2: ce monde :
É6 19 Dienfuit #orit sur one ! ”
Mais non, non... Mille fois non.
Ceci ne se dira pas de mes compatriotés. Voici le jour venu où le pouple canadien peut reprendre son raug parmi les peuples de la terre, car il a payé la première, la plus sacrée des dettes. sa dette d’honneur…. sa dette de reconnaissance.
la reconnaissance, ‘‘ cette mémoire du cœur’”—il s'est souvenu du passé—les mânes de Salaberry sort apaisées—justice leur est enfin rendue, et, grâce au ciel, maintenant plus que jamais je suis fier et heureux Le dire : Je suis Canadien.
Appl.) ç le le spectacle qui s'offre à mes yeux, en ce moment, est donc beau ! De tous les coins du pays, de l'étranger même, des personnes de la plus haute distinction sont venues orner de leur présence cette spien‘'ide et brillante fête de fn.
mille, cette fête de la jeune nation
canadienne, de cette nation que le ciel, dans sa sagesse infinie, a destinée indubitablement à jouer un rand rôle dans l'avenir de la conédération canadienne. Ici, c'est le représentant de Sa Majesté, Son Excellence le gouverneur-général du Canada; là, Son Honneur le lieutenant-gouverneur de la province de Québec ; plus loin, les défenseurs de la patrie, ces vaillants jeunes gens, au cœur chevaleresque, qui n'attendent que l'occasion de rouver que l'ardeur martiale de eurs ancêtres n'est pas éteinte dans l'âme de leurs descendants.
CAppl) oyez, là bas, ce groupe de dames, aussi belles que spirituelles ; ne nous semblent-elles pas encourager du regard ces jeunes guerriers et leur dire: Soyez braves, soyez grands, s0yez généreux, soyez magnanimes, soyez de bons et fidèles patriotes, puis ‘“ vous aurez notre cœur à jamais.” (Appl.)
Oui, Messieurs, nous assistons à une grande, belle et noble fête.
Ce n’est pas la fête d’un parti, c'est une fête nationale, dans toute la force du mot.
Aussi un éminent écrivain a-t-il dit à propos de ces sortes de fêtes - “Il y a des fêtes nationales qui at:
tirent autoar du même souvenir ou de la même espérance les pensées, les amours et les joies de tout un peuple, et a en font comme une seule famille liée par un mème sentiment et perdue dans une commune allégresse. Toute fôte qui se rattache à un souvenir bien compris, à un@widée profondément sentie, toute fête qui a un sens pour l’esprit, et qui ne se produit à l’extérieur qu'après avoir passé par l'âme, est sainte, “a jo et digne d’une nation. (Appl.)
essieurs, l'histoire du Canada n'offre pas de plus beau nom que celui de Salaberry. Louis Ignace, le père du héros de Châteauguay, était un homme de bien dans toute