‹ Incontinence D'Urine Et Constante D'AmbardChapitre 27 sur 32 · ANNÉES HOMMES RÉFORMÉS · texte numérisé non relu

ANNÉES HOMMES RÉFORMÉS

soit une moyenne de 0,21 pour 1 000.

La statistique de l'armée prussienne, saxonne, wurtembergeoise du Ministère de la guerre allemand donne pour 1895 et 1896, 74 réformés pour 512.000 hommes soit 0,07 pour 1000 (le tiers de l’armée française). La différence provient de la rigueur des conseils de révision allemands dans l’acceptation des jeunes recrues.

Dès le commencement de la grande guerre, la question s'est posée à nouveau. Comment reconnaître les simulateurs et que faire des incontinents véritables? |

Dans une communication à l'Académie de Médecine, le 9 Mars 1915, M. le Professeur LeEcueu déclara que |

eÙ À

Su het Loue

parmi les incontinents renvoyés du front, il ya plusieurs catégories à établir pour lesquelles la conduite à tenir

n'est pas la même.

Laissant de côté les incontinences dues aux lésions médullaires et aux plaies de la vessie qui sont d'ordre spécial, il existe d’abord des incontinences dues à une lésion organique et le plus souvent à un rétrécissement de l'urètre. Diurne, le plus souvent, elle disparaît avec la dilatation.

Viennent ensuite les plus vastes, celles qui sont dues à un trouble fonctionnel exclusivement. Les unes sont liées à la paralysie psychique de la vessie, que celle-ci soit la conséquence d’un ébranlement nerveux ou d’une blessure légère portant sur la zone génito-urinaire.

Elle ne comporte aucune atteinte directe à la vessie. La rétention de complète, devient incomplète et conduit à l’incontinence. Ces rétentions peuvent passer inaperçues et être très rebelles.

Les autres sont liées à l'excitation de la vessie et celle-ci résulte également de l'ébranlement nerveux. Elle est d’origine psychique. Le jour, elle produit de la pollakiurie; la nuit, de l’incontinence. Ici le trouble fonctionnel est insignifiant; le soldat doit guérir et la réforme est inutile.

Plus tard, au cours de la guerre, les chefs de service des Centres d’urologie se réunirent les 9 et 11 Mai 1917 au Val-de-Grâce.

La question fut de nouveau posée. Quelle est la conduite à tenir en présence des militaires atteints d’incon-

tinence d'urine ?

| s t £ Le 11%

sf © < odér go aelitet

LT 4 ren

MM. Oraïson et ErTzriscHorr avaient été chargés du rapport. Les conclusions suivantes furent adoptées. Elles sont extrêmement importantes et représentent en temps de paix comme en temps de guërre un véritable guide pour les médecins militaires chargés de l'examen d'incontinents.

1° Tout militaire de l'intérieur ou de la zone des armées atteint d’incontinence d'urine sera soumis de suite à l'examen d’un médecin spécialiste.

2 A l'intérieur, comme aux armées, l'incontinent sera traité pendant un temps qui, sauf exceptions très rares, et seulement à l’intérieur, ne devra pas excéder 2? mois. #

3° Dans l'appréciation du temps pendant lequel l'incontinent sera traité, la plus large part sera faite à

l'examen et au traitement général du sujet. En consé- .

quence, un sujet, dont l’état général est bon pourra être renvoyé, pour reprendre son service, dès qu'il apparaîtra nettement que son incontinence est incurable ou demanderait plus de 2? mois pour guérir.

4 À moins d'incontinence prenant des proportions considérables et s’accompagnant de rétention vésicale incomplète supérieure à 200 grammes, le militaire sera

conservé dans le service armé, si son état général le

permet. Le passage dans le service auxiliaire de même que la réforme ne pourront être prononcés qu'après examen prolongé durant son hospitalisation à l’intérieur.

o° Les mesures nécessaires seront prises pour que le militaire traité une première fois ne soit pas hospilalisé de nouveau sans nécessité absolue, et surtout pour

nus

que mention soit faite de sa première hospitalisation L'établissement d’une fiche qui le suivrait dans cette nouvelle hospitalisation sera d’une grande utilité.

C'est au cours d’une de ces séances que M. le Professeur agrégé Chevassu fit la communication qui est l'objet de notre thèse.

Au point de vue pratique, finalement, on décida que pour les incontinences dites essentielles, on peut créer 2 catégories :

1° Les individus tarés à mentalité inférieure, inconünents de l'enfance, incapables de faire des soldats et à réformer. ‘

2° Ceux à intelligence normale; ils ne guériront jamaisen temps de guerre, car la suggestion n’agit pas; il faut les renvoyer à leur corps.

M. Escat, dans une communication (Journal d'urologie numéros 9, 6, 1919) a depuis déclaré qu'au cours de la guerre, il avait eu à soigner environ 200 incontinents et qu'il n'aurait pas vu un seul simulateur.

Nous nous permettrons de faire remarquer que cette affirmation ne signifie rien. Si on peut certifier la réalité de la maladie d’un incontinent, il est, nous le pensons, impossible de déclarer que, dans tous les cas d'incontinence essentielle examinés, la question de la simulation ne se pose pas.

Il faut, croyons-nous, d’ailleurs, se rassurer sur fe sort des incontinents pendant la guerre. Il y eut peutêtre, probablement même, des simulateurs réformés, mais exista-t-il de véritables malades qui furent con-

damnés? Il y à bien des chances pour que ce soit non,

PEOU

car la multiplicité des examens offrait toutes les garanties au patient.

Pourtant, nous avons relevé plusieurs exemples

d'erreurs initiales qui eussent pu entrainer de graves conséquences.

Dans le Journal d'urologie (Février 1919), JaxET cite le cas d'une erreur heureusement redressée : Le soldat A..., âgé de 47 ans, est envoyé comme suspect de simu- Jation avec demande d'examen attentif et conclusions motivées. Il présentait à la cystoscopie 3 pierres vési-

cales. On fit la lithotritie. La guérison fut immédiate.

Les simulateurs, croyons-nous, ont été moins nombreux qu'on ne l’a cru généralement.

Le compte-rendu du groupement chirurgical de la be Région (séance du 12 Octobre 1917) est instructif à cet égard :

Sur 82 cas, 28 soldats étaient âgés de 18 à 20 ans 28 de 20 à 25, 5 de 25 à 30, 7 de 30à 35, 7 de 35 à 40 et . D au delà de 40 ans, c’est-à-dire 56 cas ou les deux tiers de 18 à 25 ans.

Sur ces o6 cas, 54 urinaient déjà au lit pendant leur enfance. Un quart seulement possédait des incontinences acquises. C'ést parmi celles-là seulement qu'il faut rechercher les simulateurs.

Dans la clientèle civile, la proportion serait sensiblement la même (UrEau).

Existe-t-il cependant des signes spéciaux à rechercher dont la réunion puisse commencer à être une preuve? Nous ne le croyons pas, mais il existe un certain nombre de faits dont l'assemblage doit ou non diriger

Rene LEA

le diagnostic vers la simulation. L'incontinent sincère urine quand il a suffisamment d'urine dans ia vessie pour l'irriter et provoquer un besoin. Le simulateur, au contraire, est soucieux de s'épargner une nuit dans un lit mouillé; il urine à la dernière heure; c’est un pisseur tardif. JANET a fait construire un appareil enregistreur de l'heure des mictions qui donne, à l'insu même du malade, l'heure précise à son émission d'urine.

Bien entendu, ces faits n’ont qu'une valeur relative, mais il résulte, en somme, de tous ces rapports que les cas d’incontinence nocturne d'urine n'auraient pas été, proportionnellement, beaucoup plus nombreux chez les soldats, pendant la guerre, que pendant le service du temps de paix ni que dans la population civile. Notre diagnostic de certaines incontinences essentielles d'urine par la constante uréo-secrétoire d'AmBarD contribuera certainement encore à réduire le nombre des simulateurs vrais ou faux.

Page 1