CHAPITRE IE — HISTOIRE, MONUMENTS HISTORIQUES
La petite ville de Saint-Florent-le-Vieil, assise sur une colline élevée bordant la Loire, et dont le versant nord recoit les constructions de la principale rue, doit son origine à saint Florent qui, au 1v° siècle, en venant s'établir au Mont-Glonne (1), donna ainsi l’occasion de changer ce dernier nom en lui substituant celui du saint en question, qui mourut en grande vénération dans ce lieu.
C’est à ce saint personnage, qui recut la prêtrise des mains de saint Martin, de Tours, qu’est due la fondation de la célèbre abbaye de Saint-Florent, de l’ordre de Saint-Benoist, et dont l’église, qui remonte aux xm° et xvn° siècles, est devenue église paroissiale (2).
Foulques-Nerra entoura la ville et le château de fortifications qui disparurent sous la Ligue.
La remarquable église de Saint-Florent, surmontée de son élégante et haute tour ou clocher, recèle le tombeau de Bonchamps. La statue, exécutée en marbre blanc, par David d'Angers (3), reposant sur un sarcophage en marbre noir, représente le général vendéen au moment où il fit entendre ces paroles mémorables et les
(1) Nom primitif de ce lieu.
(2) La juridiction de cette abbaye s’étendait sur dix-sept paroisses du pays des Mauges.
(3) La statue et les bas-reliefs sont de David ; le soubassement et le sarcophage appartiennent à Leclerc, architecte de Paris.
Obs. Ce monument étant regardé avec raison comme l’un des plus remarquables de ceux que l’on doit à David, il est bien à regretter qu’il ne figure pas, par un moulage, du moins, au Musée d'Angers, dans la collection, quasi-complête, des œuvres de cet artiste distingué.
Bodin, dans ses Recherches sur Angers et le Bas-Anjou (1823), en donne une figure des plus exactes.
dernières qu’il prononça : GRACE AUX PRISONNIERS, BONCHAMPS L'OR- DONNE, et 5,000 soldats de l’armée républicaine, pris à la bataille de Cholet, renfermés dans cette église et voués à la mort, fürent aussitôt mis en liberté (1). |
Nous terminerons cet article en rapportant ici textuellement l’observation de Bodin, au sujet de ce trait d'humanité de Bonchamps : «Honneur à la mémoire de Bonchamps! Un pareil trait, dans une querre civile, est plus glorieux qu'une victoire. »
À quelque distance et à l’ouest de l’église, l’on remarque la tombelle de saint Moron, premier abbé du morastère de Saint-Florent, et sous laquelle se trouve la grotte de ce saint, dont le sommeil centenaire est expliqué de différentes manières par les archéologues (2).
Non loin de la tombelle, en face de l’église, s’élève une colonne de l’ordre dorique, construite en tuffeau blanc, mais dont le piédestal est en granit de Bécon. Deux tables en marbre noir, encastrées dans le piédestal, avaient recu des inscriptions qui ont disparu à l’époque de la révolution de 1830. Ces inscriptions rappelaient le passage de la duchesse d'Angoulême, le 22 septembre 1823, époque à laquelle cette princesse passa en revue les Vendéens accourus sur son passage (3).
C’est à Saint-Florent-le-Vieil que l’insurrection vendéenne prit naissance, à l’occasion du tirage pour l’armée, qui eut lieu le 10 mars 1793, et auquel les jeunes gens de cette contrée refusèrent de prendre part.
Enfin, Claude Robin, l’ancien et spirituel curé de Saint-Pierre d'Angers, est né dans cette commune. Il est auteur de plusieurs ouvrages, entre autres de celui qui a pour titre : /e Camp de César au village d'Empiré..…….
(1) Le marquis de Bonchamps (Arthur), né en 1759, se mit à la tête des Vendéens en 1793, et fut blessé mortellement à la bataille de Cholet, le 17 octobre 1793.
(2) Cette grotte est aussi celle de saint Florent, qui en fit son ermitage en arrivaut au mont Glonne.
(3) M. F. Villers, architecte à Angers, fut chargé de l’érection de ce monument, dont la hauteur totale est de 16 mètres 66 centimètres, y compris la couronne royale en fer doré et bronzé qui repose sur le stylobate. Une grille en fer entoure ce monument.