APERÇU GÉOGRAPHIQUE
L’arrondissement de Saumur, le quatrième du département de Maine-et-Loire, est situé au sud et sud-est de ce département, I] est borné au nord par l’arrondissement de Baugé, au sud par le département des Deux-Sèvres, à l’est par ceux de la Vienne et
d’Indre-et-Loire, et à l’ouest par les arrondissements d'Angers et de Cholet. :
La Loire, qui le traverse sur un de ses côtés dans la direction de l'est au nord-ouest, montre un grand nombre d'îles ou d’ilots. Sa hauteur au dessus du niveau de la mer, prise à Saumur, au pont Cessart, est de 24,042.
La Dive, qui recoit le Thouet à Saint-Just, vient — grossie des eaux de cette petite rivière — se réunir à la Loire, à Saint-Hilaire- Saint-Florent, et le Layon, qui se rend à Chalonnes, après avoir serpenté sur un grand nombre de communes, ainsi que l’Authion,
ui s’y montre sur une ligne parallèle à la Loire, complètent Phybernhie de cet arrondissement.
Le pays en général est plat et peu accidenté, ne présentant à bien prendre d’autres élévations importantes de terrain — après toutefois ce cône élevé sur lequel est assis le bourg du Puy-Notre- Dame — que celles que l’on remarque sur la rive gauche de la Loire, où elles forment des coteaux, dont la nature argilo-calcaire fournit ces tuffeaux si précieux pour la bâtisse, et dont l’exploitation par galeries remonte à une époque qui se perd dans la nuit des temps.
C’est dans les cavités de cette roche, formées par lextraction du tuffeau, ainsi que dans celles de la molasse coquillière de Doué. etc., qu’un grand nombre de personnes, et particulièrement des vignerons, sont venues établir leur démeure.
Des bois et des forêts, des vignes et des terres arables, on ne peut
plus morcelées: des prairies naturelles et artificielles — ces dernières formées de luzerne et de sainfoin plus particulièrement — forment la base de l’agriculture de cet arrondissement, qui nourrit un petit nombre de bœufs, si ce n’est dans le canton de Vihiers, mais des vaches, des moutons, des chevaux, des ânes, des mulets et quelques cochons. C’est du reste — comme nous aurons l’occasion de le faire remarquer en parlant des communes — une contrée riche en produits de toutes sortes, et qui fournit, pour la majeure partie des habitants, aux divers besoins de la vie.
Son commerce s'établit plus particulièrement par la vente de ses produits, au nombre desquels se font remarquer ses vins blancs, dits des coteaux, si distingués d’ailleurs par leurs excellentes qualités, ainsi que ses vins rouges, qui rivalisent avec ceux de Bor— deaux, tant ils ont avec eux de ressemblance. (Voy. au reste Etat actuel de l'agriculture dans le département de Maine-et-Loire, p. 161 et suivantes.)
Cet arrondissement, dont Saumur est le chef-lieu, se divise en quatre-vingt-trois communes, réparties en sept cantons, qui en même temps sont autant de jastices de paix, et dont les chefs-lieux sont : Doué, Gennes, Montreuil-Bellay, Saumur nord-ouest, Saumur nord-est, Saumur sud et Vihiers.
Chaque canton nomme : 1° un ou plusieurs conseillers du conseil d'arrondissement, qui, comme les autres, est composé de neuf membres ; 2° un conseiller pour la formation du conseil général du département.
La gendarmerie de cet arrondissement se compose 1° de six brigades à cheval ainsi réparties : Saumur, Saint-Lambert-des-Levées, Montreuil-Bellay, Doué, Vihiers et Fontevrault ; 2° de deux brigales à pied, qui ont pour résidences Saumur et Gennes
Sa superficie est de 137,958 hectares. Sa population, en 1856, était de 97,637 individus ; et en 1861, de 96,057 habitants. Ses contributions foncières en 1858 sont de 918,069 fr,
Cet arrondissement, comme celui de Baugé, renferme des productions naturelles on ne peut plus variées; et la forêt de Fontevrault présente à elle seule la majeure partie des plantes rares qu’il possède. Il en est de même pour certains animaux et particulière- Es les insectes, dont quelques-uns appartiennent au midi de la
rance.
Des calcaires de différents étages, ainsi que les fossiles qui les accompagnent, sy font également remarquer.
Enfin, par rapport à Parchéologie et à l’histoire, on peut dire que l'arrondissement de Saumur est celii qui fournit le plus grand nombre de monuments et de souvenirs historiques.
À cette occasion et au sujet des croix qu’on y rencontre, nous pourrions dire : dans cet arrondissement, comme dans les autres de ce département, l’on remarque plus ou moins fréquemment, et le plus ordinairement aux carrefours, à l’embranchement des routes, des croix qui se distinguent les unes de autres, soit par leur forme, soit par la matière dont elles sont formées. Mais l’on peut admettre comme règle générale, que c’est avec les matériaux du pays ou bien du voisinage le plus rapproché du lieu qui leur est destiné, que ces croix sont confectionnées.
Le canton de Doué et celui de Vihiers les fournissent en mojasse coquillière que donnent les carrières de Martigné, d’Aubigné, de Tigné, etc. Elles sont d’un travail on ne peut plus simple. (Voy. pl. 81.)
Le canton de Montreuil-Bellay se procure ces monuments avec le remarquable calcaire jurassique de cette contrée ; d’autres cantons, en employant le tuffeau qu’ils recèlent ; de même que l’arrondissement de Cholet, les trouve en se servant de ses roches granitiques.
Nous verrons aussi, dans l’arrondissement de Segré, où les croix sont en grand nombre, qu’elles sont construites généralement en bois, si ce n’est dans le canton de Pouancé et quelques autres lieux, où elles sont le produit d’une roche serpentineuse schistoïde, et comme on les remarque dans les communes de Vergonnes, Saint- Michel-et-Chauveau , la Chapelle-Hullin, Angrie, Aviré, Marans, etc. (Voy. Vergonnes, et dans l'aélas la pl. 83.)