FONTAINES REMARQUABLES
Plusieurs fontaines remarquables sous divers rapports existent daus la commune de Martigné : la fontaine de Saint-Martin et les fontaines de Joanneltte.
La première située sur le penchant méridional du coteau des Noyers, jouissait autrefois d’une certaine célébrité, à raison de la propriété qu’elle possédait, disait-on, de guérir de la fièvre. Une chapelle fut élevée près de cette fontaine et dédiée à saint Martin dont elle prit le nom, afin de consacrer par là son admirable propriété.
Ses eaux sont extrêmement abondantes en toute saison, limpides, froides et excellentes à boire; mais depuis emploi du quinquina 1l n’est plus guère question de leur propriété febrifuge, qui leur avait valu une certaine célébrité; si ce n’est cependant pour quelques personnes encore qui, pour se conformer à ce qu'enseigne la tradition du pays, donnent au malade atteint de la fièvre et même de la suette, dit-on, une chemise préalablement trempée dans les eaux de cette fontaine.
Les secondes fontaines de Martigné-Briand, que nous réunissons ici dans un seul et même article, sont les fontaines ferrugineuses de Joannette.
Ces fontaines, au nombre de deux et assez rapprochées l’une de l’autre, sont situées sur la limite ouest de Martigné-Briand, ainsi que sur les confins de celle de Chavagnes, dans un vallon ombragé
par de grands arbres disposés pour la promenade, et au nord desquels se trouve la salle des réunions ainsi que celle des bains. Les eaux surgissent, SAVOIr :
19 De la fontaine située à l’ouest de la salle des réunions, dont les eaux provenant de trois bassins souterrains mais contigus, sortent ou s’épanchent par trois robinets d’une seule et même construction en forme de niche (1);
2° D'une autre fontaine, située entre l’établissement des bains et la salle des réunions; dont les eaux reçues dans un bassin en pierre d’un mètre environ d'ouverture, sont fournies par deux petites sources peu abondantes provenant du fond du bassin. Les parois intérieures ainsi que le fond du bassin sont garnis d’un dépôt ochreux qui indique assez la nature des eaux qui lui ont donné naissance.
La première des fontaines dont il vient d’être question est au contact d’un filon de quartz qui paraît traverser le terrain anthraxifère, et que l’on remarque au sommet de la colline qui domine cette fontaine. Ce sont les eaux de cette fontaine aux trois robinets qui, de préférence, sont prises en boisson. Leur température est de 15 degrés centigrades.
La deuxième fontaine, celle qui touche l’établissement des bains et dont les eaux leur sont réservées, a joui pendant un long espace de temps de la réputation d’être thermale et sulfureuse; mais l'analyse rigoureuse de ces eaux, faite par MM. Cadot et Godefroy, et dont nous allons donner ici les résultats, suffira pour. faire connaître que si le soufre à létat libre ne s’y trouve pas, il peut néanmoins s’y présenter, mais dans quelle combinaison ?
L’eau de cette fontaine, dont la température est de 17 à 18 degrés centigrades, surgit d’un terrain analogue à celui qui donne naissance à la première fontaine, si ce n’est toutelois vers nord-est où le terrain crétacé (élage cénumanien) se fait remarquer.
Les eaux de Joannette jouissent depuis longtemps d’une réputation méritée, et chaque année elles sont fréquentées par un grand nombre de personnes qui viennent y puiser la santé.
La saison des eaux commence vers le 15 juin et finit vers le 15 septembre. Elles sont prises en boisson ou employées en bains et
(1) Cette fontaine dépendait autrefois de Chavagnes, à raison du chemin vicinal de cette commune à celle d'Aubigné, qui la séparait ainsi de Martigné-Briand; mais comme il était plus convenable, sous bien des rapports, que les eaux de Joannette appartinssent à une seule commune, celle de Martigné-Briand obtint de l'autorité compétente l'autorisation de donner une nouvelle direction au ckemin vicinal en question en le faisant passer plus à l’ouest et au-delà de ladite fontaine, de telle sorte que l'ancien chemin qui les séparait, n’existant plus, les deux fon-
as maintenant se trouvent ainsi placées sur le territoire seul de Martignériand.
mème en doucbes ; dans tous les cas, par leur propriété tonique, le succès est assuré toutes les fois qu’il y a appauvrissement dusang, état de faiblesse, engorgement des viscères, etc., etc.
Prise en boisson, l’eau de Joannette est fournie par la première fontaine ou fontaine aux trois robinets. Les buveurs commencent par un verre pris à jeun, puis, successivement, vont jusqu’à sept par . jour, si toutefois l'estomac ne s’y refuse pas.
Employée en bains chauds, l’eau qui est fournie par la seconde fontaine, dépose bientôt sur tout ce qui est mis encontactavec elle, même sur la peau du baigneur, un sédiment jaune composé de carbonate et d’oxide de fer; et c’est à ce sédiment qu’on attribue plus particulièrement les effets toniques que produisent les bains de cette fontaine.
Enfin, pour donner une appréciation convenable de la valeur médicale de ces eaux, nous ne pouvons mieux faire que de rappor- . ter 1ci l’analyse qui en a été faite en 1847 par MM. Cadot et Gode-froy, chimistes et pharmaciens à Angers.
Première fontaine ou Fontaine aux trois robinets : chaque robinet
séparément.
| GAZ. Eau : I litre. | Eau : 1 litre. | Eau : 1 litre,
Acide carbonique ...,....... ER 32 cent. cub.|32 cent. cub.[32 cent. cub.
LUN) COESESSEEEERERREE EEE E EEE 16 — — MG6G— — 116 — — MATIÈRES FIXES. gram. gram. gram.
Carbonate de protoxide de fer ......... 0,0397 0,0453 0,0351 7... ..... eee 0,0896 0,0940 0,0878 — de magnésie .................. 0,0137 0,0140 0,0145 A ne. 0... 0,2395 0,2260 0,2195 ROMA SOIN. RL 0 ee cites + 0,1390 0,0137 0,1378 ue se momo 0 0135 0,0166 0,0148
— de magnesium .......... His ee 0,0158 0,0120 0,0164 ANT EE TE ARMES RTE :0,0100 0,0100 0,0100 Matière végétale (conferves)............ 0,0100 0,0100 0.0100 UT. NU traces. traces. traces.
DT RU Pal Liu traces. traces. traces.
Deuxième fontaine.
MATIÈRES FIXES. Eau : I litre.
Carbonate de fer et sesquioxide en suspension ..... 0,022 Chaux ie | ss MAN NN LOUE 0,028 Pidermagnésies x D TATASANE 20 A, 2H, 0,028 mdeinonde Ain DS ROSE RIRE TER 0,169 Mb deisodium... ANA OUI, JL, 75 0,126 Man calcium. .:.., a tue iQH NX H7SQ 0,032 + de mignesium | ... 00244 4h Di92,0un dust} 0,082 Sulfhydrate de soude (quelquefois) ....... RICE traces. Matière végéto-animale.........,.....,.,.....4. traces.
Pour conclusion, il résulte de ces analyses, disent MM. Cadot et Godefroy :
1° Que les sources de Joannette doivent être rangées parmi les sources minérales ferrugineuses froides ;
2° Que le fer qu’elles contiennent est à l’état de proto-carbonate, dont la quantité moyenne est de 05,041" par litre, mais s’élève souvent, dans la saison chaude et sèche, à 05,071".
3° Que pour la quantité de fer qu’elles contiennent, elles peuvent être comparées aux eaux ferrugineuses les plus en réputation et les plus fréquentées (1).
** Plantes.
Barbarea præcox, R. Br.; les champs, les vignes. Avril, mai.
Tussilago farfara, L.; 1b. Février-avril.
Cyperus longus, L.; ruisseau provenant de la fontaine de Joannette. Juin, juillet.
Hypericum quadrangulum, L.; 1b. Eté.
Spiræa filipendula, L.; les prés. Mai, juin.
Physalis alkekengi, L.; les vignes, à Maligné, etc. Mai, juin.
Maiva uicæensis, Alloni; bord des champs, etc. Eté.
Ænante pimpinelloides, L.; les prés. Eté.
Lepidium latifolium, L.; bord des eaux. Eté.
Lactuca perennis, L.; les champs, etc. Eté.
Nymphæa Miiletii, Bor. (N. alba, var. rosea, Millet); le Layon. Eté.
Helminthia echioides, Gœært.; haies et buissons. Eté.
Podospermum laciniatum, De.; bord des champs calcaires, ete. Mau, juin. |
LA GUEROUAS DE MARTIGNÉ , LES ENVIRONS DE LA FONTAINE SAINT-MARTIN , LE PLATEAU ET LES COTEAUX DES NOYERS. (TERRAIN CALCAIRE.)
Alyssum calycinum, L.; lieux incultes. Avril-juin. Campanula erinus, L.; lieux pierreux, les Noyers. Eté. Euphorbia exigua, L.; lieux cultivés, etc. Eté.
Thlaspi perfoliatum, L. Eté.
(1) Si de l’abondance du dépôt ochracé que les eaux ferrugineuses laissent dans le trajet qu'elles parcourent, l’on infère que plus aussi la quantité de fer qu’elles recélent est grande, nous donnerions pour exemple, à l'appui de cette conclusion, la source ferrugineuse que l’on peut observer en dehors du trop plein de l'étang des Rochettes (‘), qui est bien, sans contredit, la seule que l’on puisse citer parmi les sources ferrugineuses du département de Maine et Loire pour être aussi grandement pourvue d’un parcil dépôt, |
Il serait assez important que l’eau de la source ferrugineuse des Rochettes fût le sujet d’une analyse exacte.
: (*) L’étang des Rochettes, qui appartient à M. le marquis d’Aligre, est situé au sud de Pouancé, non loin du remarquable château de M. le marquis de Preauix,
Thymus acinos, L. (Calamintha acinos, Gaud.). Eté. — serpyllum, L., var. fætidus (M.); lieux incultes; facile à reconnaitre à son odeur fétide (1). Eté.
Draba muralis, L. Printemps.
Linaria minor, L. Eté.
— supina, Desf. Eté.
Cerastium brachypetalum, Desp. Eté.
Festuca myuros, L. Juin.
Poa compressa, L. Eté.
Bromus madritensis, L. Eté.
Phleum Bœlimeri, Wibel. Eté.
Melica nebrodensis, Parl.; rocher, près et à l’ouest du moulin de Rochefort. Eté.
Adonis æstivalis, L.; les moissons. Mai, juin. Orobanche galii, Duby ; sur les racines du Gal. verum. Mai. Polychnemum arvense, L. Eté.
Micropus erectus, L. Eté.
Filago gallica, L. Eté.
Anthyllis vulneraria, L. (Flore luteo.) Mai, juin. Asperula cynanchica, L. Mai, juin.
Echium Wierzhicku, Habrl. Eté.
Hippocrepis comosa, L. Mai, juin.
Helianthemum pulverulentum, Dec. (4. polifolium, Koch.) ; pelouses. Eté.
— salicifolium, Pers.; pelouses. Eté.
Malva nicæensis, All.; lieux incultes. Eté.
Ononix natrix, L. Eté.
— columnæ, All. Eté.
Thesium humifusum, De. Mai, juin.
Ajuga chamæpitys, Schreb.; lieux cultivés, etc. Eté. Neslia paniculata, Desv.; les moissons. Eté Medicago orbicularis, Auct. plur. (MW. ambiqua, Jord.). Eté. — falcata, L. lieux incultes. Juin-octobre.
Linum angustifolium, Huds. Mai, juin.
Sedum anopetalum, De. Eté.
Buplevrum tenuissimum, L.; bord des chemins, etc. Juillet-septembre.
— rotundifolium, L.;les moissons. Juin, juillet. — aristatum, Bartl.; lieux pierreux, ete. Juin, juillet. — protractum, Linck; les moissons, ete. Juin, juillet.’
Althæa hirsuta, L. Eté.
Chlora perfoliata, L.; les coteaux. Eté.
(1) Cette curieuse variété, que nous avons reconnue déjà depuis longtemps, est propre à cette localité.
Crucianella angustifolia, L.; les moissons. Mai, juin. Trifolium rubens, L. Mai — angustifolium, L.; au pied du coteau. Mai, juin. — gracile, Thuil.; lieux secs, arides, etc. Juin, juillet. Rosa ruhiginosa, L.; les coteaux. Juin.
Animaux divers, Oiseaux.
Parmi les oiseaux, nous citerons : 1° l’alouette calandrelle (Alauda brachidactyla, Tem.); la guerouas de Martigné, où elle niche; 2° l’ortolan (Emberiza hortulana, L.); les vignes, où il niche. |
Reptiles.
La vipère ordinaire (Vipera communis, Lacép.) ; les bois, etc. ; la grenouille ponctuée (Rana punctata, Daud.) ; sous les pierres ; le crapaud accoucheur (Bufo obstetricans, Laur.); sous les pierres.
Mollusques.
Helix ericetorum, Müll.; plusieurs variétés ; sur le gazon, la Guerouas.
— striata, Drap.; sept variétés, 1b.
Succinea oblonga, Drap.; bords du ruisseau de la fontaine de Joannette.
Insectes coléoptères.
Cymindis axillaris, F.; sous les pierres, aux Noyers. Licinus silphoides, F.; sousles pierres, 1b.
Zabrus gibbus, F.; sous les pierres, 1b.
Omaloplia ruricola, F.; sur les plantes.
Clythra tridentata, L.; sur les plantes.
— longimana, L.; ib.
Cryptocephalus Moræi, L.; ib.
— decempunctatus, L.; 1b.
Lebia cyanocephala, L.; ib.
Aphodius scrutator, Herbst.; coteau des Noyers; rare. Dorcadion fuligir'ator, L.; à terre. Avril, mai. Brachycerus undatus, Fab.; à terre, sous les pierres, etc.; espèce méridionale; très-rare. | je Sphenophorus piceus, Pall.; à terre, la Guerouas. Eté. — meridionalis, Schh. ; à terre, la Guerouas. Septembre. Espèce méridionale, R.
Insectes orthoptères.
Mantis religiosa, L.; les vignes, etc. Automne. Bacillus Rossia, Gray ; les vignes, etc. Septembre, octobre. Decticus griseus, Fab.; commun partout. Juillet-octobre.
Obs. Une variété bien remarquable de cette espèce, ayant le dessus de la tête et du prothorax d’un roux cannelle et les autres parties d’un beau vert, se trouve à la Guerouas, près les fours à chaux. Nous l'avons rencontrée sur l’Ononix natrix, L.
Calliptanus italicus, And. Serv.; à terre, sur les plantes. Eté. Œdipoda germanica, Aud. Serv.; 1b. Eté.
Insecies névropières.
Libellula fulva, Müll.; bords du Layon. Mi-mai à mi-juillet. /Æschna pratensis, Müll. (Æ. vernalis, De Sel.) ; id. Au printemps. Lestes sponsa, De Sel.; bords du Layon. De juillet à septembre.
— nympha, De Sel.; 1b., 1b.
— barbara, De Sel.; id., ib.
Platycnemys acutipennis, De Sel.; 1b., 1b.
— pennipes, Pall.; 1b., 1b.
— Latipes, Ramb.; 1b., ib.
Agrion viridulum, Charp. De Sel.; 1h. Mi-juillet.
— elegans, Vanderl., plusieurs var.; 1b. Eté.
Insectes hyménopières.
Atta capitata, S. F.; parmi le gazon (1).
Mutilla erytrocephala, L. ; à terre. Espèce méridionale. Anthocopa papaveris, Serv.
Eumenes pomiformis, Fab.; à terre, où il se repose souvent. Eté.
Insectes lépidoptères.
Colias hyale, L.; sur les fleurs. Avril, mai, septembre. Satyrus Fauna, L.; souvent à terre. Août, septembre. Hesperia comma; B. du V.
Syricthus malvæ ; B. du V., sur les fleurs, etc. Juin, juillet.
Insectes hémiptères.
Graphosoma lineatum, L.; sur les ombellifères, etc. Odontoscelis fuliginosa, L.; coteau @es Noyers. Cyrtomenus picipes, Fall.; à terre; très-rare, id.
. (1) L'ouverture de la fourmilière est ordinairement recouverte par un petit monticule formé de calices ou de valves capsulaires d’hélianthèmes.
Pentatoma anthemetha, Amy. ; sur le Marrubium vulgare ; ib. Juillet ; rare.
Mormidea nigricornis, Fab.; sur les plantes, ib. Eté.
Insectes diptères.
Laphria atra, Lat., vel Laphria violacea, Meig.; à terre, sur le coteau au sud, près les fours à chaux de la Guerouas, en juillet. Grand insecte, rare.
Milesia crabroniformis, Meig. ; sur les fleurs du fenouil.
Crustacés.
Hippolyte Desmarestii, Millet (Caridina Desmarestii, Joly (voy. pl. 51, f. 1); le Layon, au pied du coteau des Noyers, etc.
Animal remarquable, dont la couleur hyaline le fait échapper à la vue lorsqu'ii se tient tranquille au sein des eaux.