CHAPITRE II. — MONUMENTS HISTORIQUES
* Monuments celtiques (1).
Le dolmen situé non loin du village de Cumeray et qui est indiqué sur la carte antique de Bodin, sous le numéro 20, se compose de onze pierres, dont huit sont placées verticalement et trois autres qui ont été renversées servaient de toit. Ce dolmen, à deux compartiments, peut avoir 5 mètres environ de longueur.
Un second dolmen, situé non loin du précédent, ne présente plus que trois pierres debout, les autres ayant été employées à divers ouvrages.
Le Dolmen de la Forêt, est situé près le village de Bouchet à environ # kilomètres de Saint-Georges-des-Sept- Voies. IL se compose de huit pierres debout et de trois placées horizontalement servant de toit. et est divisé en trois compartiments. Sa longueur est de 6 m. 10 c., sa largeur de 3 m. et sa hauteur de 2 m. 50 c. (Voy. pl. T6).
Le peulvan, connu sous le nom de Pierre-de-Nezan, est situé non loin des Buttes-de-la-Roche, sur la route de Boissay à Saint- Georges-des-Sept- Voies. Sa hauteur est de 3 m. et sa largeur, à sa base, de 1 m. 70 c.
La Pierre-Lonque ou peulvan de la Filousière est situé vers nordouest, dans une futaie et à un kil. du précédent peuivan. Sa hauteur est de 5 m. 30 c., sa largeur de 3 m. 66 c. et son épaisseur de 66 c.
Dans un atlas, par M. Desvaux, il est désigné sous le nom de Peulvan du Toureil. (Voy. p{. 72 de notre ouvrage.)
Un troisième peulvan, portant le numéro 24 de la carte antique de Bodin, est situé non loin de Cumeray, dans un carrefour planté de sapins et de peupliers. Sa hauteur est de 3 m. 30 c., sa largeur à sa base de 2 m. et son épaisseur de 60 c.
Le peulvan de Midevelle ou de la Maison-Neuve, désigné encore sous les noms de Prerre-Lonque, de Pierre qui pousse, est situé au nord de Saint-Georges-des-Sept- Voies. Sa hauteur est de 6 m. 33 c., sa largeur à sa base de 2 m. et son épaisseur de 1 mètre. (Voy. pl. 71.)
Nous citerons encore, d’après M. Godard-Faultrier (Répertoire archéologique, mars 1860), un carneioux présumé, situé non loin
(4) Tous ces monuments sont en pierre de grès.
de Cumeray. Il est de forme circulaire, d'un diamètre de 6 mètres et de 70 c. de hauteur au centre.
Obs. Quant aux femènes, ou enceintes bordées de pierres des Buttes-de-la-Roche, décrites dans le principe par M. Godard-Faultrier, ce savant archéologue, par de nouvelles observations ayant ‘manifesté quelques doutes par rapport à leur appréciation primitive, nous croyons devoir nous borner aujourd’hui, en imitant cette prudente réserve, à constater seulement ce fait et à renvoyer le lecteur au Répertoire précité.
** Monuments divers.
Dans cette catégorie, nous citerons : 1° l'antique Tour de Galles. maintenant en ruines, mais dont les restes attestent encore son ancienne importance. Elle est située près le Toureil. C'est au reste une tour carrée, à une seule ouverture, dontles murs restants peuvent avoir de 4 à 5 mètres d’élévation et 2 m. 50 c. d’épaisseur. Ce monument fort ancien appartient selon les uus à la période gallo-romaine, ou bien selon les autres, et M. Godard-Faultrier est de ce nombre, elle correspondrait aux premiers temps de la féodalité.
2° Des briques à rebord ont été rencontrées à la Croix-Rouge, paroisse de Saint-Georges-des-Sept-Voies.
30 l’église de cette dernière paroisse, du style roman, remonte au xr° siècle; et son clocher en pierres de taille, qui est de forme carrée et à deux étages, passe pour être un des plus remarquables de la contrée.
En dehors de cette église et près de la grande porte, l’on remarque un vieil ormeau, dont l’origine remonte sans doute à Pépoque où Sully, ministre d’un grand roi, rendit obligatoire par une ordonnance la plantation de grauds arbres à la porte des églises.
4° L'église de Saint-Pierre-en-Vaux, qui est fort ancienne, vient assez récemment d'être réparée par les soins de M. de Saint-Ouen.
5° L'on cite encore et comme une rareté, dit M. Godard, le clocher du Toureil, du xm° siècle, bien que son couronnement n'existe plus (1).
6° Abbaye de Saint-Maur. Vers l’année 560, Florus, grand seigneur sous le règne de Théodebert, fit don de sa terre de Glanfeuille pour y bâtir l’abbaye de Saint-Maur. Ce monastère fut placé à peu de distance de la Loire, au pied de trois collines dont la déclivité est
(4) En 1863 M. l'abbé Joubert, custode de Saint-Maurice, y a fait établir une cloche ainsi que quelques réparations. | |
en face de ce fleuve; et c’est vers 560 que saint Maur, le premier apôtre des bénédictins en Gaule, fut envoyé du Mont-Cassin par saint Benoist pour y fonder et construire, de concert avec Florus, le monastère en question, et dont ce seigneur, plus tard, embrassa la règle.
Cette abbaye, qui devint célèbre, fut aussi le séjour d’un grand nombre de bénédictins (en 557 l’on en comptait 140), qui s’insti-
tuèrent en congrégation sous le titre de Congrégation de Saint-Maur.
Et parmi ceux qui la composèrent, certains d’entre eux tels que les Mabillon, les Martenne, les Brial, etc., devinrent des historiens du plus grand mérite. s
Pendant la longue période d’années qu’elle traversa, cette abbaye après avoir prospéré sans encombre jusqu’à lan 755, environ 195 ans, eut à subir bien des vicissitudes, dont la première remonte à Rainfroy, comte d'Anjou, qui la pilla, la démolit et se servit des matériaux pour construire son palais devenu l’évêché d'Angers.
Puis, après avoir été rebâtie par les soins du comte Borgon et ae plusieurs abbés, vinrent les guerres des Normands et des Anglais
ainsi que celles des huguenots, qui toutes lui firent subir la fureur
des vainqueurs. Cette célèbre abbaye fut encore et successivement saccagée, ou brûlée, démolie ou rebâtie, et enfin vendue nationalement en 1790. s
De cette construction 1l ne reste plus maintenant qu’un grand . bâtiment du xvim* siècle et une chapelle du xrr° siècle.
Devant nous borner ici à ces quelques détails touchant cette abbaye, nous renvoyons le lecteur à la description détaillée qu’en a donnée M. Godard-Faultrier dans le Répertoire archéologique de l’Anjou (mai 1860).
Il nous reste à rappeler que le village de Saint-Gandon possède une fontaine dans laquelle, lorsqu'on voulait obtenir de la pluie, on plongeait autrefois les pieds d’une statuette en bois représentant sainte Radegonde.
GENNES (CHEF-LIEU DE CANTON, ARRONDISSEMENT DE SAUMUR
Cette commune dont le chef-lieu est une petite ville, est située sur Ja rive gauche de la Loire, entre Gunault, Grezillé, Saint-Pierreen-Vaux et Saint-Georges-des-Sept-Voies.
La paroisse de Milly-le-Mengon, au sud de Gennes, dont le bourg ainsi que le château fort, maintenant en ruines, des Maïllé-Brezé, sont situés au centre d’une forêt du mème nom, font partie de Ja commune de Gennes, de même que l’église de Saint-Eusèbe et celle de Saint-Vétérin.
Plusieurs ruisseaux, affluents de la Loire, la parcourent dans la direction du sud-ouest au nord-est. Au nombre de ces ruisseaux se présente celui qui provient de la fontaine d’Avort, fontaine devenue célèbre par suite de tout ce qu’on a dit de merveilleux sur son compte, et dont plus loin nous dirons quelques mots.
La route départementale de Saumur à la Varenne traverse le bourg, de même que les chemins de grande communication de Gennes à Martigné-Briand et de Gennes à Argenton. Enfin de Gennes part un omnibus qui, en traversant la Loire sur un pont suspendu, se rend à la station du chemin de fer des Rosiers, où la route se divise en deux branches dont l’une conduit à Beaufort et l’autre à Longué.
Gennes est le siége d’un notariat, d’un burean d'enregistrement et des domaines, d’un comice agricole fondé en 1834, la résidence d’une brigade de gendarmerie à pied, d’un officier de santé et d’un percepteur pour les communes dont les noms suivent : Gennes, Trèves-Cunault, Chenehutte-les-Tuffeaux, Coutures et Saint- Georges-le-Toureil.
Au reste, cette commune, formée en partie de coteaux boisés qui sont la continuation de ceux de Cunault, Denezé et Saint-Pierreen—Vaux, d’un côté, et de Saint-Georges-Châtelaison de l’autre, présentant des sujets d'observations analogues et tout aussi puissants que ceux qui se rattachent à cette dernière, doit nécessairement engager les savants à venir la visiter.
Superficie : 3,225 hectares, dont 111 hectares 39 ares en vignes et 1,226 hectares 24 ares en bois.
Population : en 1856, 1,777 habitants; en 1861, 1,713 habitants.
Bureau de poste : Les Rosiers.
Distances : de Trèves-Cunault, 3 kil. ; de Grezillé, 9 kil. 1/2; de Saint-Pierre-en-Vaux, 4 kil. ; de Saint-Georges-le-Toureil, 6 kil. ; de Saumur, 16 kil. ; d'Angers, 33 kil.