CHAPITRE IL — ARCHÉOLOGIE
À Trèves, l’on remarque : 1° la grande et vaste tour crénelée, de forme polygonale, située sur la rive gauche de la Loire, non loin dé l’ancienne église. du même nom. Ce monument, dit Bodin, fut élevé dans le principe par Foulques-Nerra, vers le commencement du xr° siècle; ayant subi plusieurs échecs, 1l fut démoli et rebâti deux fois, de telle sorte que sa dernière construction, celle que Pon voit maintenant, édifiée par Robert le Macon, remonte au xve siècle.
Elle doit son nom, dit encore Bodin, à la trève conclue entre Foulques-Nerra et Gueldouin de Saumur, pendant laquelle Foulques-Nerra en fit faire la construction.
Cette forteresse faisait partie de la baronnie de Trèves, qui a appartenu à plusieurs anciennes familles de l’Anjou, entre autres à la maison d’Harcourt de Montgommery; puis à la famille d’Auverse, celle de Le Macon, de laquelle est sorti Robert le Macon, chancelier de France, baron de Trèves, Cette baronnie, qui a appartenu aussi aux comtes de Laval, fut vendue au maréchal de Brezé.. puis, et en dernier lieu, à M. Stapleton, irlandais d’origine.
2° L'église de Trèves, presque en ruines, recèle le tombeau de Robert le Macon, chancelier de France, baron de Trèves.
3° Enfin, Trèves possède les ruines d’un ancien prieuré, celui de Saint-Macé ou du Bon-Larron, consistant en une chapelle, plusieurs cellules ainsi que d’autres constructions du ve au xne siècle.
À Cunault, 1l faut visiter l’ancienne église romane, connue sous le nom de Notre-Dame de Cunault, et nouvellement restaurée aux frais du gouvernement, sous l’intelligente direction de M. Joly, architecte à Saumur. (Voy. Eglise du Puy-Notre-Dame.)
Ce monument religieux, l’un des plus remarquables de Anjou, et dont la fondation primitive, par Dagobert I, remonte au vu‘ siècle, fut à son origine un prieuré conventuel de l’ordre de Saint-Benoît. Il dépendait de l’abbaye de Tournus d'Auvergne.
Mais l’église actuelle de Notre-Dame de Cunault, des xr° et
x siècles, et qui est ornée de figures hiératiques, de figures grimaçantes et chimériques, est due à Foulques-Nerra. Elle présente une longueur de 73 mètres et une largeur de 23 mètres.
Sa riche architecture et la disposition des nefs et du chœur qui, pour aider à la perspective, va en diminuant de hauteur et de largeur, en conservant toutefois des lignes plus ou moins parallèles, est peut-être un fait unique dans son genre.
Les trois nefs, dont l’élévation des voûtes en entrant est de vingt mètres, sont formées par vingt-huit faisceaux de colonnes disposées sur deux rangs, qui supportent des voûtes en ogives construites en pierres de taille bien appareïilées. Les trois premières travées sont plus larges que les autres, mais parallèles à an même axe. Cette disposition des colonnes, en doublant pour le regard les vraies proportions de la nef, donne une perspective des plus remarquables.
Enfin, sur les murs, à l'intérieur, l’on remarque un grand nombre de peintures ; et Le sol, sur certains points, présente des carreaux rouges en terre cuite, incrustés et disposés en mosaïque.
A Cunault, l’on remarque encore les ruines de l’ancien prieuré de Saint-Macé, fondé au v° siècle par saint Maxencieul,