CHAPITRE II. — PRODUCTIONS NATURELLES
1° Terrain jurassique : Etages toarcien et bajocien. — 2° Terrain crétacé : Etages cénomanien et sénonien. — 3° Terrain falunien : Mollasse coquillière.
1° Le terrain jurassique (étage toarcien) se montre non-seulement sur la commune de Brossay, mais encore sur celles de Douces ét des Verchers, s'étend jusqu'à Saint-Hilaire-le-Doyen et à Vaudelnay et se rattache au calcaire oolithique inférieur qui couvre une grande partie du plateau de Montreuil-Bellay — plateau compris entre cette ville et les communes de Méron et d'Antoigné — tra-
verse la Dive au sud-est et s’étend indéfiniment vers Loudun ainsi
qu’au sud, jusqu’à la limite et au-delà du département de Maineet-Loire, à Brion, Thouars, etc.
Cette formation se présente à Douces (au canton des Justices), ainsi qu'à Brossay (aux Vigneaux), de même qu’à Baugé-Menuau (commune de Brossay), et aux Fontaines, près les Verchers, avec
“les caractères du calcaire argileux du lias, si convenable à la con-
fection de la chaux hydraulique. Ces dernières localités ont fourni les fossiles ci-après :
Belemnites compressus, Blainv. | Pleurotomaria..……. … Nautilus Toarcensis, d’Orb. Pholadomia elongata, Pot. et — inornatus, d'Orb. Mich.
Ammonites Aalensis, Zieten, Trigonia costellata ? Agass. — Sauzei, d’Orb. Lucina.….
— Deux autres espèces non | Terebratula semiglobosa, Lam. déterminées Times: |
À Paugé-Menuau, ce même calcaire, et avec les mêmes fossiles, est en outre extrait par dalles de grandes dimensions. Ces dalles, qui portent le nom de pierres de Baugé, sont propres à divers genres de constructions.
Obs. Différentes coupes verticales dans ce terrain étant indiquées
aux pages 64 et suivantes de la Paléontologie de Maine et Lotre, nous renvoyons le lecteur à cet ouvrage.
Quant à l'étage bajocien du même terrain, on le rencontre dans la forêt de Brossay.
2° Terrain crétacé. Si l’on suit la route de Baugé-Menuau, en se dirigeant au sud-est vers la forêt de Brossay, le terrain que l’on rencontre est tantôt argileux , tantôt sablonneux, et recèle dans ce dernier cas une assez grande quantité de silex pyromaques; mais arrivé au lieu de cette forêt, connu dans le pays sous le nom d’Ardillon, l'on trouve le terrain crétacé de l’étage cénomanien, recélant plusieurs espèces de fossiles, telles que : Ostræa columba, Desn.; Exogira..……; Terebratula Menardi, d’Orb., ainsi que l’Orbitolina concava, Lamk. (1).
En suivant toujours cette même route, ce calcaire disparait bientôt pour faire place au terrain sablonneux qui se montre ainsi jusques et près du ruisseau que l’on rencontre au coin de la forêt : là se retrouve le calcaire jurassique, formant une colline trèsétendue, qui, de ce point se rend au.nord de Vaudelnay, puis à Montreuil-Bellay, etc.
30 Enfin, la mollasse coquillière, qui se montre au nord de Douces ainsi qu’au nord-ouest de Brossay, n’est que la continuation du calcaire de même nature, que nous avons déjà vu à Doué et à Soulanger. — Voy. ces deux communes.
* Plantes.
Echinospermum lappula, Leh.; les vignes, etc. Eté. Dianthus carthusianorum, L.; bord des sentiers. Eté. Epilobium lanceolatum, Sh. et Maur.; à Saint-Hilaire.
FORÊT DE BROSSAY.
Potentilla Vaillanti, Nestl. (P. splendens, Ram.). Mai. Anemone pulsatilla, L. Mai, juin.
Melampyrum cristatum, L. Eté.
Campanula glomerata, L.; bord de la forêt. Mai, juin. Orobanche rapum, Thuil.; parasite du genêt à balai. Mai. Hypochæris maculata, L. Eté.
Orchis bifolia, L. Juin.
Helianthemum vulgare, Gært. Juin, juillet,
Peucedanum gallicum, Lat. Eté.
(1) Cette localité est la seule dans le département de Maine et Loire où nous ayons rencontré ce genre de fossile. Le terrain qui le recèle se composant de sables siliceux mêlés de calcaire marneux et de paillettes de mica, semble se rattacher à l'étage sénonien,
Peucedanum oreoselinüum, Mœnch. Eté.
Rubus sylvaticus, Weïh. Juin, Erica scoparia, L. Eté.
Quercus robur, L. Printemps.
— toza, Bosc. Printemps.
— cerris, L. Printemps.
Ces quatre dernières plantes constituent l’essence de la forêt de Brossay.
Le calcaire jurassique de Douces, de Brossay (aux Vigneaux et à Baugé- Menuau), des Verchers (aux Fontaines), est exploité sur une vaste échelle pour la fabrication de la chaux hydraulique qui jouit, et à juste titre, d’une réputation bien méritée. . Cette exploitation s'effectue dans de vastes carrières qui atteignent de einq à six mêtres de profondeur.
Vingt-quatre fours à chaux, appartenant à quatre établissements (1), sont construits dans les excavations mêmes produites par extraction de la pierre à chaux qui a servi à les alimenter. Ces fours, de huit mètres de hauteur totale, et qui dépassent le sol d'environ deux mètres, sont appuyés d’un remblai de cette même hauteur, afin de les faire arriver au niveau du terrain.
Tous ces fours sont placés au canton des Justices de Baugé-Menuau, près des moulins de Fièrebois — limite des communes de Douces et des Verchers — et disposés sur une seule ligne de huit cents mètres environ d’étendue.
Cette chaux dont excellente qualité la fait rechercher pour tous les ouvrages hydrauliques qui demandent une grande solidité, peut se transporter au loin, même en Amérique, en prenant la précaution de la faire effleurir en l’imprégnant d’une légère quantité d’eau. Ce procédé, employé d’abord par M. Olivier de Laleu dans son établissement particulier, s’étendit ensuite à tous les autres qui en reconnurent bientôt la valeur.
Si l’on considère maintenant l’immense quantité de chaux hydraulique que peuvent fournir chaque année les vingt-quatre fours dont il vient d’être question, 1l est alors facile de reconnaitre Pimportance que peut avoir ce genre d’industrie.
Indépendamment des fours à chaux dont il vient d’être question, Brossay possède aussi des fours à briques.
(1) Trois établissements possèdent chacun sept fours, le quatrième seulement trois.
CISAY ou CIZAY-LA-MADELAINE