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CHAPITRE I. — ANTIQUITÉS, HISTOIRE

Dans cette commune, en fouillant la terre, l’on rencontre quelmquefois des haches en pierre, connue dans le pays sous la dénomi- “nation de pierre de Tonnerre. Des antiquités romaines y ont ête

également découvertes.

Au xr siècle, Guillaume VIT, comte de Poitiers, fit bâtir au Puy-

Notre-Dame, qui alors faisait partie de l'Aquitaine, un château

qu’affectionnait beaucoup Eléonore d'Aquitaine, de mème qu'un monastère et une église des plus remarquables de PAnjou.

Le château et le monastère ont disparu, mais l’église est restée debout,

Cet édifice, assez récemment restauré et de la manière la plus satisfaisante, par M. Joly, architecte à Saumur (1), est surmonté d'un triple clocher placé au-dessus de la grande porte — construction qui rappelle par sa forme, quoique bien imparfaitement, celle du clocher de Saint-Maurice d'Angers — et qui mérite cependant d’être remarqué à raison de cette facture peu commune, surtout dans les

paroisses rurales. Deux autres clochers font également partie de“

cette église.

Indépendamment d’un petit orgue posé en 1628 par le facteur Ourry, l’on remarque encore dans cette église : 1° une statue repré-

sentant Guillaume VI, duc d'Aquitaine ; 2° celle de Louis XI, fon-®

dateur du chapitre qu’il créa en 1472 et qu'il dota richement; 3° l’oratoire de ce roi; qui par une arcade communique à l’église; 4° enfin cet édifice recèle la sainte ceinture de la Vierge, qu'y déposa Geoffroi-Grisegonnelle, et pour laquelle Louis XI avait une grande vénération. |

L'usage qu’on avait autrefois de placer cette sainte ceinture au-

tour du corps des femmes enceintes, et dont Anne d'Autriche se”

revêtit pendant sa grossesse de Louis XIV, s’est conservé pendant une longue suite d'années (2).

Enfin nous terminerons ce chapitre en rappelant que M. Louvet,

(1) « Sur la rive gauche de la Loire, écrit un savant archéologue dont le nom m'échappe, sont quatre édifices admirables : le Puy-Notre-Dame avec ses cinq clochers; Nantilly, qui montre encore l’oratoire de Louis XI; Candes, à l’est de Saumur, avec ses ogives hardies, ses portiques mauresques et Cunault situé à l'ouest. Ces quatre chefs-d’œuvres sont désormais conservés à la vénération des

âges par les réparations intelligentes qu’ils ont subis sous la direction de M. Prosper «

Mérimée, conservateur des monuments antiques et de M. Joly, architecte à Sau-

mur, qui, en unissant leur science et leurs efforts persévérants, sont parvenus,

à l’aide de la munificence du gouvernement, à effacer l’injure du temps et des

hommes. »

(2) Dans un rapport fait en 1853 au sujet de la sainte ceinture, M. Godard=

Faultrier s'exprime ainsi :

« La célèbre sainte ceinture existe toujours; longue d’environ 1 mètre 60 centi=

» mêtres, elle porte deux fermails à ses extrémités et deux cristaux vers son mi-

» lieu, sous lesquels se trouvent, dit-on, des parcelles de la ceinture de la Vierge.

» Les fermails sont en or et d’un travail fort délicat du dernier tiers du XVe siècle. » L'un de ces fermails représente (au droit) un ange avec l’écusson de France aux » trois fleurs de lys, orné de la couronne ouverte; (au revers) la maternité de la » Vierge. L'autre fermail représente (au droit) la Salutalion angélique, et (au » revers) la Vierge mère. »

“maire de Saumur et député de l’assemblée législative, ayant offert à la commune du Puy-Notre-Dame, une pompe à incendie, une fête “d'inauguration eut lieu à ce sujet le 13 octobre 1849. Cette heureuse pensée de M. Louvet mérite d’être citée avec tous les éloges qu'elle mérite ; et il serait bien à désirer que pour chaque localité un peu importante elle trouvât des imitateurs.

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