CHAPITRE IE — PRODUCTIONS NATURELLES
* Composition géologique.
1° Terrain crétacé : Etages turonien et sénonien, tuffeau, sables, etc.— 20 Terrain tertiaire : Efage tongrien, grès et sables divers.
Le terrain crétacé de l’étage turonien qui, sous forme de tuffeau, s'étend sur la rive gauche de la Loire, depuis Saint-Jean-des- Mauvrets jusqu’à Chinon et au delà de cette ville, semble présenter à Montsoreau une déviation, une espèce de coude qui se prolonge jusques et au delà de Fontevrault, où, comme à Montsoreau, 1l est devenu le sujet d’une vaste exploitation. Là, 1l est recouvert sur certains points par des sables particuliers, comme. terreux et remplis de fines paillettes de mica qui indiquent assez qu’ils appartiennent à l’étage sénonien, et dont les fondeurs se servent pour la moulerie. On en fait aussi des creusets ainsi que des briques réfractaires (1).
L’étage sénonien, dont la position normale le montre au dessus du tuffeau, occupant de larges surfaces dansla forêt de Fontevrault,, poane à penser que le sous-sol sur lequel 1l repose appartient à étage turonien et qu’en le fouillant l’on y rencontrerait le tuffeau ; au reste il ne serait que la prolongation de celui que lon Pon trouve en masses si puissantes sur la rive gauche de la Loire.
% (1) Cest avec ce sable que M. Perdreau fait des creusets ainsi que des briques réfractaires très recherchées pour la garniture intérieure des fours à chaux,
Dans la forêt de Fontevrault, l’étage sénonien se présente sous divers aspects, soit en se montrant sous forme arénacée, soit en prenant une consistance terreuse et même pierreuse. (est sous cette dernière forme qu’il se fait remarquer à la carrière ou per=" rière l’Abhesse. | |
Ce dernier dépôt dont la roche est formée varie pour la couleur, qui est ordinairement d’un blanc jaunâtre ou grisâtre, ou bien pré= sente des bandes ou des ondulations rubarées de rouge et de jaunâtre ; il est d’ailleurs caractérisé par la présence de quelques fos= siles, tels que Ostrea santonensis, d’Orb. ainsi que par des baguettes et portions de Cidaris, etc. |
Cette formation recèle encore, mais souvent loin de ce dernier dépôt, des globules de fer hydraté piriforme, et présente, quoique assez rarement, le fer phosphaté par larges plaques, du pius beau bleu, appliquées sur quelques fragments de roches.
Enfin, au-dessus de l’étage sénonien, l’on rencontre sur quelques points des grès ou bien des sables blancs qui appartiennent au terrain tertiaire de l’étage tongrien. — Voy. Paléontologie de Marne-\ et-Lorre.
** Plantes et animaux.
Les plantes, de même que les animaux dont il va être question” dans cet article, ayant été observés dans la forêt de Fontevrault,M nous croyons devoir en faire précéder la nomenclature d’un apercu relatif à ce lieu solitaire en apparence, bien qu’il soit en réalité rempli d’une foule d’êtres intéressants. #
Cette vaste forêt (1,199 hectares 34 ares), quoiqu’elle s’étende sur diverses communes et notamment sur celle de Turquant qui en* occupe une certaine portion, sera néanmoins comprise dans un seul et même article, afin de ne pas scinder inutilement l’ensemble qu'elle présente, comme aussi celui de ses productions naturelles
La forèt de Fontevrault, indépepdamment des brandes (erica sCO= paria) et autres bruyères qu’elle recèle, se compose de taillis de chêne, pour la plupart, dont la végétation peu vigoureuse, en lais=« sant un grand nombre de clairières, où croissent en certaine quan tité des plantes herbacées, est sans doute une des causes princi=M pales qui, jointe à la nature du sol, contribue à la production des êtres nombreux et variés qu’elle possède. | M ETE
Au printemps, elle est dans toute sa beauté naturelle, qu'elle conserve ainsi une grande partie de l’année. A cette époque, tout, dans ce lieu est orné de fleurs, souvent rares et variées, disposées quelquefois par massifs gazonnants, comme ceux que forme l'ame
mone pulsahilla où montana, par exemple; tandis que d’autres plantes plus ou moins isolées, d’un aspect plus ou moins méridional, souvent répandues avec profusion, et qu’on ne rencontre pas sur d’autres points du département de Maine et-Loire, sont encore, aveg les animaux rares qu’elle recèle, et surtout parmi les insectes, des motifs de joie et de bonheur pour l’amateur heureux de telles rencontres.
Enfin, cette forêt, dont l'essence particulière appartient à pln— sieurs espèces de chêne (1), qui rassemble à elle seule li majeure D des plantes rares de la Flore de Maine-et-Loire, est une locaité unique dans son genre pour ce département, et des plus importantes que puissent visiter les naturalistes.
Obs. Si, par les faits que nous venons d’énoncer, nous engageons en quelque sorte les naturalistes à venir visiter cette forêt, d’un autre côté et par des motifs non moins puissants, nous devons les révenir aussi qu'en pénétrant sur un grand nombre de points, ni couverts d'herbes, de bruyères où de broussailles, ils aient à se tenir sur leurs gardes par rapnort aux vipères, assez ré— pandues dans ces lieux mêmes, afin d’éviter l'atteinte de ces êtres malfaisants, dont le rôle providentiel qu’ils jouent dans la nature est encore, comme pour beaucoup d’autres animaux, resté à l’état de mystère.