CHAPITRE I. — MONUMENTS HISTORIQUES
L'église d'Aubigné, dont la construction primitive remonte à Dagobert [* (vu° siècle), est adossée au château fort du même nom. Cet ancien château, dont quelques appartements sont bien conservés, ne présente plus que des ruines, mais ce qui reste est bien suffisant pour donner une idée de cette forteresse féodale. Sa construction, qui remonte au x° siècle, est attribuée aux ancètres de M"° de Maintenon, épouse de Louis XIV.
Ce château, comme beaucoup d'autres, avait une porte de secours ou de retraite, qui communiquait par un chemin souterrain avec Pancienne commanderie siluée à l'extrémité du bourg, sur la route qui conduit au château de Riou, commune de Tigné.
Les travaux de construction de la route départementale de Brissac
à Vihiers ont mis à découvert une portion de ce chemin souterrain,
dont on voit encore l’ouverture, murée maintenant, à l’ouest de cette route.
A quelques pas de l'église, et devant la porte latérale, qui ouvre sur une petite place confinant à la rue, étaient encore, en 1855, deux vieillards respectables , deux ormes remarquables par leur grosseur et l’étendue de leurs branches (1). Leur plantation remontait sans doute à l’époque de cette ordonnance de Henri IV, qui enjoignait à chaque paroisse de planter des arbres devant la porte
de son église, afin que leurs rameaux, un jour, pussent protéger de
leur ombre tutélaire les fidèles, accourus les jours de fête des divers
“points de la contrée. Cette considération aurait dü suflire pour pre- «server ces arbres de toute atteinte. Malheureusement 1l n’en a pas été ainsi, et ceux qui auraient pu les conserver à la vénératon des
âges, n’y ayant vu que du feu, 1l faut le croire, les mirent à l’enchère ; et au mois d'avril de l’année 1856, ces ormes furent adjugés pour la somme de 250 fr. Ainsi disparurent sous la hache inconsidérée du bücheron, ces témoins irrécusables de la sollicitude d’un
grand roi envers ses peuples.