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L'OUDON

Comme affluent de la Mayenne, lOudon doit naturellement trouver sa place ic1. Cette petite rivière, qui entre dans le département de Maine-et-Loire à Châtelais, traverse une partie de l’arrondissement de Segré, dans la direction du nord-ouest au sud-est. Elle prend sa source près de Mayenne, passe à Craon (Mayenne), et dans le département de Maine-et-Loire à Châtelais, Nyoiseau , Saint- Aubin-du-Pavoil, Segré, la Chapelle-sur-Oudon, Andigné, Louvaines , la Jaillette, le Lion-d’Angers , et arrive au Bec-d’Oudon, son embouchure, où elle se jette dans la Mayenne, non loin et en decà du moulin de Varennes, commune de Thorigné.

Dans son trajet, POudon à parcouru dans ce département une longueur de 27 kilomètres, dont 15 sont propres à la navigation.

Cette rivière reçoit et se grossit d’un assez grand nombre de ruisseaux, dont quelques-uns prennent le nom de rivières, et qui la rendent navigable jusqu’à Segré pendant une partie de l’année seulement, ‘au moyen de trois barrages nécessaires pour la conservation de ses eaux. Ces barrages appartiennent à trois moulins à farine, savoir :

1° Le moulin de Mainguet, commune de Saint-Aubin.

2° Le moulin de la Chapelle.

3° Le moulin de la Hainebeaudière, commune du Lion-d’Angers.

Néanmoins, à partir de Segré, en remontant son cours jusqu’à Châtelais, l’Oudon fait encore tourner sept moulins, savoir:

1° A la Planchette, lieu situé en decà de Saint-Aubin-du-Pavoil.

2° A la Margerie. |

3° À Orveau.

4° À Nyoiseau.

5° A la Couère.

6° A la Faucille.

7° Enfin, à la Haute-Faucille, située au-delà du pont qui traverse l’Oudon.

Affluents de ? Oudon. — Plusieurs ruisseaux, assez forts d’ailleurs pour mériter dans le pays qu'ils traversent le nom de rivières, se présentent ainsi : |

1° La Sassée, qui passe à Saint-Sauveur-de-Flée, Aviré, Louvaines, et va se perdre dans l’Oudon, entre la Chapelle-sur-Oudon et la Jaillette.

2° [’Araise, qui prend le nom qu’elle porte de la forêt d’Araise, où est un étang qui lui donne naissance, traverse Chazé-Henri, la Chapelle-Hulin, passe à PHôpital-de-Bouillé, ainsi qu’à Bouillé- Menard, et va se réunir à l’Oudon, à peu de distance et au nord de Nyoiseau.

3° La Nymphe, dont les eaux proviennent plus particulièrement des étangs de la Primaudière, situés dans la forêt de Juigné (Illeet-Vilaine), passe à quelque distance de Noellet, au moulin Sorin, où elle se réunit à la Verzée. Elle fait tourner deux moulins.

4° La Verzée recoit ses eaux de différents étangs situés au nord ainsi qu'au sud et au sud-ouest de Pouancé, dont les plus considé- . rables sont ceux de Saint-Aubin-de-Pouancé et de la Prévière ou étang de la Fondrie; ensuite vient l'étang de la Forge et celui des Rochettes (1). Ainsi grossie des eaux de ces divers étangs, cette petite rivière passe par Armaillé, le Bourg-d’Iré, se joint à l'Argos en decà de Saint-Gemmes-d’Andigné, et continue son cours jusqu’à Segré, où elle se jette dans l’Oudon.

Deux ponts de pierre, à Segré même, ont été placés sur cette petite rivière dont les eaux font tourner vingt moulins.

5° L’Argos, dont les eaux proviennent de divers étangs situés vers les bois de la Source, à l’ouest, au nord et au nord-ouesi de la Potherie (Chalain), passe, en décrivant un demi-cercle, par Loiré, Chazé-sur-Argos, se joint, à Marans, avec l’'Hommée, pour se réunir ensuite à la Verzée, en decà de Sainte-Gemmes-d’Andigné. Elle fait tourner six moulins.

6° L’Hommée est formée des eaux que lui donnent deux principaux ruisseaux; d’abord un ruisseau qui provient de la forêt de Brain-sur-Longuenée, et ensuite un autre, moins étendu, qui alimente plusieurs étangs situés dans la commune de Vern, et dont la jonction, qui s’opère au-delà du bourg de Vern, sert à la formaüon de l’Hommée. Cette petite rivière, cu plutôt ce ruisseau, coule ensuite jusqu’à Marans, où ses eaux se réunissent à celles de PAr- 208. L’Argos, ainsi grossi, se rend jusqu’à Sainte-Gemmes-d’'Andigné pour se réunir à la Verzée, qui, comme nous l’avons déjà vu, verse ses eaux dans l’Oudon, à Segré. L’Hommée fait tourner deux moulins.

7° Enfin, un ruisseau, connu sous le nom de rivière d’Orveau, formé des eaux provenant de la forêt d’Ombrée, ainsi que des étangs de la Gravoyère et autres placés sur la mème ligne, en deçà de cette forêt, se rend au moulin d'Orveau. Ce moulin, d’ailleurs, est situé au sud de Nyoiseau, où cette petite rivière, qui fait tourner trois moulins, se Jette dans l’Ondon.

Obs. Ces ruisseaux, ou petites rivières, qui se rendent plus ou moins directement à l'Oudon, appartiennent tous, moins toutefois le premier (la Sassée), à la rive droite de cette rivière. L'Oudon, qui, par des pluies abondantes, éprouve ordinairement des débordements plus ou moins considérables, présente aussi, chaque année,

(1) Les eaux provenant des trois premiers étangs étaient autrefois employées pour la fonderie et la forge de Pouancé. La fonderie seule a été conservée.

pendant une partie de l’été et même de l’automne, un retrait dans ses eaux, C6 qui en fait alors cesser la navigation.

Ponts. — Deux ponts en pierre ont été construits sur la partie navigable de l'Oudon : l’un à Segré, sous le nom de Pont neuf, et l’autre au Lion-d’Angers. Mais ce dernier présentant des arches trop peu élevées pour le passage des bateaux, il en résulte pour ceux-C1 un temps d’arrêt lorsque les eaux montent à une certaine hauteur.

Petits affluents directs de la Loire. — Dans l'arrondissement de Segré, mais comme affluents directs de la Loire, se présentent plusieurs petites rivières, dont la plus considérable est l’Erdre. Nous allons les passer en revue successivement.

1° L'Erdre, cette rivière du département de la Loire-Inférieure , est bien connue par le degré d’importance que présente sa navigation de Nort à Nantes, où, en arrivant à cette dernière ville, elle reçoit le nom de rivière de Barbin. Elle prend naissance dans la commune de la Pouèze, canton du Lion-d Angers, au moulin à vent de Viltadour, situé à 1 kilom. du bourg. Là, elle n’est encore qu’un filet d’eau qui se grossit successivement en passant sur la commune du Louroux-Béconnais, limitant au nord celle de Vern, puis arrive à Candé, tout en recevant dans son parcours les eaux que lui fournissent différents étangs et ruisseaux provenant tant de Loiré, d’Angrie, du Louroux-Béconnais, de Candé que du Groissel, ruisseau venant de la Cornuaille, et qui se réunit à l’Erdre au-delà de Saint- Mars-de-la-Jaille (Loire-Inférieure). Grossi de ces eaux, ainsi que de celles fournies par le Vernon (Loire-[nférieure) et plusieurs ruisseaux, l’Erdre présente déjà l’aspect d’une rivière; mais nous ne la suivrons pas davantage dans l’espace qu’elle parcourt, ne se trouvant plus sur le territoire du département de Maine-et-Loire, et s’éloignant déjà beaucoup de'ses limites.

2° La Rôme, autre petite rivière qui se jette dans la Loire. Elle a pour origine les eaux qui lui viennent de la Cornuaille (canton du Louroux-Béconnais), de Saint-Léger-des-Bois (canton d'Angers), de l'Auxence (Loire-Inférieure) et autres ruisseaux. C’est grossie de ces eaux que cette petite rivière se rend d’abord à l’ancien étang de Champtocé, maintenant en prairie, et ensuite à Ingrandes, où clle se réunit à la Loire. Elle fait tourner six ou sept moulins.

3° LA SARTHE (Sarta).

Cette rivière, une des plus importantes, après la Mayenne, entre dans le département de Maine-et-Loire à Chemiré-sur-Sarthe, et s'étend sur une partie des arrondissements de Baugé, de Segré et d'Angers.

Elle prend sa source à Somm-Sarthe, à 8 kil. de Mortagne (Orne), et coule sur un fond plus ou moins boueux, en serpentant dans la direction du S.-E. au N.-0. Elle traverse dans son trajet qui est de 175 kil., les villes ci-après : Alencon, le Mans et Sablé. Mais arrivée sur le territoire de Maine-et-Loire, à Chemiré-sur-Sarthe, cette rivière — jusqu’à son embouchure dans la Maine, au Port-Meslet, situé à 1 kil. d'Angers, au S. E. de l’île Saint-Aubin — touche ou arrose les communes suivantes, dans un parcours de 48 kil. environ dans ce département.

RIVE DROITE

Chemiré-sur-Sarthe. Juvardeil.

Brissarthe. Cheftes.

Châteauneuf. Soulare-et- Bourg.

RIVE GAUCHE

Morannes. Briollay.

Daumeray. | Ecouflant.

Etriché. Angers.

Tiercé.

Pente et navigation. — Les eaux de la Sarthe coulent avec une pente peu prononcée ; et leur élévation au-dessus du niveau de la mer, est, à l’échelle de Cheffes, de 15 m. 69.

Cette rivière est navigable depuis son embouchure dans la Maine

jusqu'au Mans; mais au moyen d’écluses et de barrages nécessaires

à la conservation de ses eaux, qui sont, indépendamment de la navigation, employées à faire mouvoir des moulins à farine, etc. Ces moulins sont au nombre de neuf : 1° le moulin de Pendu; les mou- Jins de Morannes et celui de Villechien, commune de Morannes ; 2° le moulin du Porage et l’usine à farine de Châteauneuf, commune de ce nom; 3° le moulin d’Yvré et celui de Porte-Brise, commune d'Etriché ; 4° enfin l'usine à farine de Cheffes.

Lles de la Sarthe. — Un certain nombre d’iles ou d’ilots se présente sur la Sarthe : 1° une petite île à Morannes; 2° trois îlots à Brissarthe ; 3° une grande île et quatre ou cinq ilots à Châteauneuf ; 4° trois îlots au-delà de Tiercé; 5° enfin une île et deux ilots à Ecouflant.

Ponts. — Les ponts qui traversent la Sarthe, dans ce département, sont au nombre de deux : le pont suspendu de Morannes, le pont de pierre de Châteauneuf.

Affluents de la Sarthe. — Le principal affluent de la Sarthe dans ce département, est le Loir, rivière qui a son embouchure en decà du bourg de Briollay ; des ruisseaux, en outre, venant de différents points, se réunissent encore à cette rivière.

4° LE LOIR (Lidericus).

Source du Loir. — Le Loir prend sa source aux environs d’Illiers, aux Corvées, près de Chartres (Eure-et-Loir). Cette petite rivière passe par Bonneval, Chäteaudun, Vendôme, Montoire, Château-du-Loir, le Lude, la Flèche et Durtal. Elle est navigable depuis Château-du-Loir. Dans son parcours, qui est de 220 kil., dont 44 dans le département de Maine-et-Loire, elle se montre dans les arrondissements de Baugé et d'Angers, en suivant une ligne tortueuse dans la direction du N.-E.auS.-0., et ainsi jusqu'à son embouchure, au Bec-du-Loir, situé en decà et au sud du bourg de Briollay.

Dans le département de Maine-et-Loire, le Loir touche ou arrose les communes ci-après :

RIVE DROITE

Montreuil-sur-Loir.

Durtal. |

Huillé. Soucelles.

Baracé. | Briollay.

RIVE GAUCHE

Lésigné. Corzé.

Bourgneuf. Villevèque.

Seiches.

À ffluents du Loir. — Les affluents du Loir, dans l’arrondissement de Baugé, sont, sur la rive droite : 1° Le Rodiveau, d’un court trajet. Il se jette dans le Loir à Baracé; 20 les eaux de deux étangs ainsi que du ruisseau de la Filière, commune de Soucelles; sur la rive gauche : 1°le Verdun, qui prend sa source à Montpollin, se grossit des eaux que lui donne Cheviré-le-Rouge, et va se réunir au Loir au-delà de Durtal, après avoir parcouru un espace de 10 kil. environ ; 2° plusieurs ruisseaux et étangs provenant, soit de la forêt de Chambiers, soit de Marcé, de Seiches, de Corzé ou de Villevêque.

Nous indiquerons encore ici deux petites rivières qui prennent naissance dans l’arrondissement de Baugé : les Cartes et la Marcome ou Marconne. La rivière des Cartes prend sa source à Volandry et entre dansle département de la Sarthe, après avoir parcouru dans l'arrondissement de Baugé un espace de 5 kilom. environ.

La rivière de la Marcome, prend sa source vers Noyant, se grossit de plusieurs veines qui lui viennent de Chälonnes et Chavaignes, et parcourt, en se dirigeant au nord, un espace de 8 à 9 kilomètres avant d’entrer dans le département de la Sarthe,

Hauteur et navigation. — Le Loir, dont la hauteur, au-dessus

du niveau de la mer, est, à l’échelle de Pont, de 15" 64, présente des eaux coulant avec assez de rapidité sur un fond ordinairement de sable : deux qualités analogues à celies que présente la Loire, et qui influent, non-seulement sur l’aspect que présentent les poissons du Loir, mais encore sur leurs qualités culinaires.

Plusieurs écluses sont établies sur cette rivière pour la conserva tion de ses eaux qui font tourner seize moulins, savoir : 1° les trois moulins de Channay, celui des Ignerelles, ies deux moulins de la Planche, les deux moulins de Prignéet le moulin de Brée, commune de Lézigné, 2° les trois moulins de Villevèque ; 3° enfin le moulin de Pont, à Briollay.

Ponts. — Trois ponts seulement ont été construits sur le Loir : le pont de pierre de Durtal, le pont de pierre de Villevêque et le pont suspendu de Briollay, ce dernier avec péage (1).

Iles du Loir. -— Cette rivière présente dans ce département quatorze îles ou îlots, savoir : 1° au-dessous de Lézigné, un ilot ; 2° une ile et deux îlots à Montreuil-sur-Loir ; 3° une île et deux îlots non loin du château du Verger, commune de Seiches: 4° trois lots à Corzé ; 5° deux îlots à Villevêque; 6° enfin trois îlots en decà de Soucelles.

Productions naturelles du Loir. — Les plantes telles que : Pota mogeton pectinatus, L., Caltha palustris, L., Menianthes trifoliata, L., Rumex hydrolapathum , Huds., Festuca elatior, L., Fragmites communis, Trin., ete. sont les plus marquantes de cette rivière ; et c'est dans les massifs de cette dernière, que chaque année vient s'établir la fauvette effarvate (Sy/via arundinacea), oiseau peu répandu dans ce département, mais qui se plaît dans les roseaux et les jones de la rivière du Loir, à Villevèque, Soucelles et Montreuiisur-Loir.

Quant aux poissons de cette rivière, ils appartiennent aux espèces suivantes :

La grande Lamproiïe; de passage | L’Able meunier ou Dobule. périodique. L’Able chevanne ou Vilain.

L’Aloseetla Feinte(vulgairement | L’Able rosse ou Gardon. Corneau); de passage pério- | L’Able ablette.

dique. La Loche de rivière.

La Carpe ordinaire. La Lotte commune ou de rivière. Le Barbeau (vulet Barbillon). La Plie flet ou Picaud ; de passage. Le Goujon. L’Anguille, MS La Tarche. Le Mulet; de passage périodique.

La Brème ordinaire. La Perche.

La Brème bordellière. Le Chabot ou Meunier.

(1) A ces trois ponts il faut ajouter l’azuedue pour le chemin de fer du Mans à Angers, construit en 1863, en deçà de Villevêque.

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Cette rivière recèle en outre un joli crustacé de la famille des solicoques, auquel nous avons donné le nom de Hippolyte Desmarestu, Millet, et que nous avons également rencontré dans les autres rivières de l’Anjou.

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