CHAPITRE IL — PRODUCTIONS NATURELLES
à Composition géologique.
Toute l’étendue de cette commune appartient au terrain d’alluvions de la Loire et de l'Authion.
SAINTE-GEMMES-SUR-LOIRE (ARRONDISSEMENT D’ANGERS, CANTON DES PONTS-DE-CÉ.)
Cette commune est située au sud d'Angers, sur la rive droite de la Loire , qui la borde de ce côté, et la rive gauche de la Maine, jusqu’au couvent de la Baumette qui lui sert de limite sur ce point.
lle est en outre placée entre Angers et les Ponts-de-Ué. Sa forme est celle d’un triangle, dont une des poiutes , plus allongée que les autres, se trouve près de la Loire, vis-à-vis du village de la Pointe, au confluent de la Maine avec ce fleuve.
Une grande île, l’île aux Chevaux , située vis-à-vis le bourg de Sainte-Gemmes, ainsi que plusieurs villages considérables : Frémur, le Port-Thibault, Empiré, ete., font partie de cette commune, dont le bourg agréablement situé sur le bord de la Loire, tcuche à l'ouest, l’ancien château de Sainte-Gemmes, aujourd’hui transformé en un asiie d’aliénés.
Plusieurs chemins d’intérêt communal, et plus particulièrement celui qui conduit d'Angers à cet asile, présentent chacun un grand développement.
Le chemin de fer de Paris à Nantes , qui passe à l’ouest pour ar— river à un aqueduc de cinq arches , traversant la Maine à Bouchemaine, et les bateaux de toute espèce qui voguent sur la Loire et la Maine , sont des moyens de transport d’une grande importance, mais néanmoins sans intérêt particulier pour cette commune, Il n’en est pas de même par rapport aux deux bacs, l’un siiué sur la Loire , au Port-Thibault, lautre sur la Maire, vis-à-vis Bouchemaine, qui établissent l’un et l’autre des communications indispensables entre les rives de ces grands cours d’eau.
Si maintenant l’on considère cette contrée sous d’autres aspects, l’on voit d’abord sa surface parsemée de constructions rurales où d'agrément, puis une culture bien entendue et en tout semblable à celle de Saint-Laud : ne plantant ou n’ensemencçant pas sans avoir préalablement fumé convenablement les terres, qui du reste ne se reposent que le temps nécessaire aux labours (1).
A ces avantages qu’elle possède , l’on peut faire remarquer que cette commune est en outre on ne peut mieux partagée, sous le
rapport pittoresque qu’elle présente, car à l’aspect que lui donne.
le voisinage de la Loire, d’où la vue s'étend d’un côté jusques et bien au-delà des Ponts-de-Cé , tandis qu’au sud et sud-ouest , elle se porte sur les îles boisées et toujours verdoyantes de ce fleuve, même en pleine canicule ; les bords de la Maine, non moins remarquables, à leur tour, viennent aussi présenter leur concours dans les tableaux magnifiques et variés que fournissent les coteaux de Pruniers et de Bouchemaine.
Ces coteaux plus ou moins escarpés et qui bordent la rive droite de la Maine, sont tantôt d’un aspect sombre et sévère, tantôt remplis de lumière , selon la manière dont ils sont éclairés par le soleil. Ils se montrent dans toute leur beauté, vus particulièrement des terrasses de Châteaubriant, des jardins du Tremblay et du
(1) L'agriculture se rapporte : 1° à la culture maraïîchère, dont les choux-fleurs et brocolis, ainsi. que les artichaux, les melons, etc., occupent une grande place; 20 à celle du froment qui, comme en Saint-Laud, donne de beaux produits; 3° aux cultures du lin d'hiver et du chanvre; 4° enfin à celle de la vigne, dont certains clos donnent des vins d'excellente qualité.
Ps
rar à
parc du Frêne. Mais c’est surtout de ce dernier lieu que le paysage — en s’agrandissant de tout ce que la vue peut atteindre vers les coteaux de la Loire, dont l’horizon s'éloigne à pius de 15 kilomètres — se présente dans toute sa splendeur : paysage d’une immense étendue, qui commence dans ce pare même , dont les murs, dissimulés par des bois taillis de chènes et de châtaigniers, des massifs de sapins et de magnolias, l’encadrent ainsi de la manière la plus heureuse à son début; puis s'accroît successivement, en comprenant dans sa composition : d’abord la Maine avec les prairies qui la bordent ainsi que les coteaux et leurs villages, animée d’ailleurs par les bateaux à vapeur et autres qui la parcourent à chaque instant , ainsi que le chemin de fer qui la traverse sur un aqueduc à Bouchemaine ; ensuite la Loire, qui par une heureuse échappée, laisse voir ses bateaux à larges et blanches voiles qui la sillonnent “par flottes plus ou moins nombreuses ; ainsi que les coteaux doucement escarpés de ce fleuve, qui en s’éloignant fort avant dans les terres , forment ainsi un grandiose horizon , complément admirable de ce vaste tableau.
Superficie : 1,411 hectares, dont 166 hectares 50 ares en vignes, et 3 hectares 56 ares en bois. |
Population : en 1856 , 1,770 habitants ; en 1861, 1,946 hahitants.
Bureau de poste : les Ponts-de-Cé.
Distances : des Ponts-de-Cé , 3 kil. ; de Saint-Jean-de-la-Croix , 6 kil. ; de la Pointe, 5 kil. ; d'Angers, 7 kil.